Politique locale | Val de Marne | 20/09
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Sénatoriale : Sylvain Berrios choisit après avoir posé ses conditions

(Article écrit en 4 étapes, dernière mise à jour avec la position de Sylvain Berrios) Alors que les 24 maires LR ou apparentés du Val-de-Marne ont apporté leur soutien à la liste officielle des Républicains à la Sénatoriale, un seul manque à l’appel, Sylvain Berrios, maire de la plus grande ville LR du département, a attendu la veille du scrutin pour apporter le sien.  

« J’ai choisi d’être maire de Saint-Maur. Ce qui m’importe donc, au-delà des questions partisanes, est que les candidats prennent des engagements sur les sujets de fond qui concernent notre commune », indiquait l’élu, interrogé sur sa position le 20 septembre.

L’ancien député, qui a renoncé aux législatives en juin 2017 pour rester maire, posait cinq conditions. L’élu souhaite d’abord que les sénateurs s’engagent à déposer une loi pour supprimer la loi SRU. « Il y a une majorité de droite au Sénat, il est donc possible d’agir« , insiste Sylvain Berrios. Le second point concerne le soutien à la réalisation complète du Grand Paris Express. Le troisième a trait à la fermeture des quais de Seine aux voitures instituée il y a quelques mois par la maire de Paris et qui a suscité une forte opposition des élus de droite. « J’ai écrit à tous les maires d’Ile-de-France sur ce sujet et plusieurs m’ont répondu mais je n’ai eu aucune réaction de la part des têtes de liste aux Sénatoriales dans le Val-de-Marne », pointe l’édile. Le quatrième engagement demandé par le maire saint-maurien est la l’affirmation de la primauté du bloc communal concernant aussi bien l’urbanisme que les moyens financiers (dotation de l’Etat, taxe d’habitation). Enfin, l’élu souhaite que les candidats s’engagent dans la Gemapi (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) afin d’œuvrer pour rendre la Marne baignable et prévenir les inondations.

Au-delà de ces considérations, le maire de Saint-Maur regrettait la division à droite.  « J’avais plaidé pour une liste d’union qui garantisse l’élection de quatre sénateurs. Je regrette que les deux têtes de liste n’aient pas réussi à discuter pour trouver une liste d’union alors qu’ils avaient trois ans pour discuter d’une liste commune« , reproche l’élu.

Mise à jour du 21/09 Réponse de Christian Cambon à Sylvain Berrios, en réaction à la publication de l’article
« Cher Sylvain
Ayant pris connaissance par voie de presse des cinq questions que tu posais aux candidats têtes de liste aux élections sénatoriales avant de décider de ton vote, je souhaite te faire part de mes réponses dont une bonne part figure déjà dans la plaquette de campagne que nous avons adressée aux grands électeurs.
1. Sur l’engagement de déposer une PPL relative à la suppression de la loi SRU , j’y souscris d’autant plus que le président Larcher l’a lui-même annoncé hier soir à Maisons-Alfort. Dans l’immédiat nous en déposerons une seconde visant à prendre en compte le nombre de logements sociaux à l’échelle du territoire et non plus à celui de la commune.
2. Nous nous engageons tout autant pour que le réseau du Grand Paris soit réalisé dans son intégralité .Le risque de voir les investissements concentrés sur le nord de Paris et la Seine-Saint-Denis sont réels dans la perspective des Jeux Olympiques dont le val-de-marne ne bénéficiera pas .C’est pourquoi nous veillerons particulièrement à ce que la gare et l’interconnexion prévues à Saint-Maur mais aussi à Champigny Bry Villiers ne fassent pas l’objet de modification du projet, de diminution des crédits, ou de retard dans le réalisation.
3. La fermeture des voies sur berges a été notre combat commun et j’ai eu l’occasion d’organiser plusieurs réunions notamment chez le préfet de police auxquelles tu as participé. Notre combat doit se poursuivre car on mesure chaque jour les effets dévastateurs de cette mesure sur le trafic et la pollution à Paris mais aussi et plus gravement dans nos banlieues .Là aussi notre document de campagne évoque très précisément ce point.
4 Sur la primauté du bloc communal par rapport à toute autre institution de coopération, là aussi nos points de vue et nos combats sont convergents. Nous n’avons cessé de réaffirmer la nécessité de sauvegarder l’autonomie administrative et financière des communes et nous nous sommes engagés à combattre le transfert des permis de construire aux intercommunalités, en l’occurrence au territoire .A ce sujet les déclarations du président Larcher hier soir ont bien indiqué dans quel sens le Sénat influera sur la réorganisation de la métropole .
5 Tant qu’à la GEMAPI, tu as pu constater dans nos documents de campagne que ton combat nous le partageons. J’ai même tenu à faire figurer la photo d’une manifestation à laquelle j’ai participé à tes côtés sur ce sujet…
Souhaitant que ces précisions te convainquent enfin que notre combat est commun et qu’il convient maintenant de dépasser les problèmes de personnes pour renforcer la majorité sénatoriale annoncée, je te renouvelle mes sentiments amicaux. »
Mise à jour du 22/09 Réponse de Laurent Lafon à Sylvain Berrios
« Cher Sylvain, Vous avez interpellé par voie de presse les différents candidats aux élections sénatoriales sur les enjeux majeurs qui concernent nos communes du Val‐de‐Marne, et tout particulièrement Saint‐Maur‐des‐Fossés. Je vous remercie de votre démarche. Avec les colistiers de notre liste de rassemblement de la Droite, du Centre et des Indépendants, nous partageons votre volonté d’axer le débat de ces élections sénatoriales autour des grandes questions d’intérêt local. C’est tout le sens de notre démarche : proposer une nouvelle équipe sénatoriale de proximité aux élus val‐de‐marnais, une équipe utile et énergique mobilisée à temps plein
sur les enjeux locaux du Val‐de‐Marne. J’ai donc tout naturellement souhaité répondre point par point aux cinq dossiers val‐de‐marnais qui ont retenu votre attention. Je ne suis pas surpris de constater que nos convictions et nos positions convergent très largement.
● Premièrement, concernant la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain, je partage votre position sur son impraticabilité dans de nombreuses communes. En tant que Maire de Vincennes, je suis particulièrement au fait des difficultés qu’elle pose aux communes puisqu’il est très complexe d’atteindre un quota de 25% de logements sociaux dans la deuxième commune la plus dense de France où le foncier disponible est quasiment inexistant.
 Je salue d’ailleurs l’initiative que vous aviez prise en tant que député pour créer un seuil flottant compris entre 15% et 25% afin de tenir compte des spécificités de chaque territoire (zone tendue/détendue, foncier disponible, moyens financiers de la commune, évolution prévisible des besoins etc …). Cette proposition de loi de décembre 2016 visant à redéfinir les obligations des communes en matière de logements sociaux allait dans le bon sens. Elle correspond tout à fait à la logique qui est la nôtre de contractualisation entre l’Etat et les communes. La loi doit faire preuve de souplesse plutôt que d’imposer des dispositions générales à l’ensemble du pays, sans tenir compte des réalités diverses.
● Deuxièmement, la réalisation complète du Grand Paris Express est un sujet qui me tient particulièrement à coeur et que nous évoquons systématiquement dans le
cadre de nos nombreuses réunions publiques. Ma fermeté sur la nécessité de concrétiser le projet est à la hauteur de mes inquiétudes. En effet, les dépassements budgétaires sur les premières réalisations et la dégradation des comptes publics font planer une incertitude sur la réalisation effective de l’ensemble des tronçons de lignes déjà actés et le respect du calendrier. Surtout, en laissant passer le train des JO 2024, le Conseil départemental du Val‐de‐Marne a fait une erreur stratégique! Cet évènement va capter la majeure partie des financements publics dans les prochaines années. Les départements dotés de sites olympiques seront prioritaires, ce qui laisse craindre une remise en cause du calendrier du Grand Paris Express dans le Val‐de‐Marne, comme le tronçon Est de la ligne 15 ou l’interconnexion de la gare Bry‐Villiers‐Champigny.
● Troisièmement, je suis opposé à la fermeture des quais de Seine et j’avais d’ailleurs largement soutenu et participé aux actions menées par la Présidente de Région Valérie Pécresse pour s’opposer aux projets de Madame Hidalgo. Les conséquences de l’interdiction de la circulation sur la voie Georges‐Pompidou sont telles qu’elles ne peuvent relever d’une prise décision isolée, décidée par seulement “une” des 131 communes membres de la Métropole du Grand Paris. Cette prise de décision nous interpelle plus largement sur l’organisation institutionnelle de l’Ile‐de‐France : la piétonnisation des voies sur berge imposée unilatéralement par la Mairie de Paris a mis en exergue de sérieux dysfonctionnements. Malheureusement, toute réflexion sur la nécessaire réattribution de certaines compétences bute sur la préservation de l’architecture actuelle et des 5 échelons de collectivités locales. Il faut donc avoir le courage de prendre des décisions fortes, quitte à froisser des intérêts particuliers.
● Quatrièmement, l’affirmation du bloc communal est au coeur de notre projet : nous sommes d’ardents militants de la commune. Nous considérons que c’est un
échelon de proximité tout à fait essentiel. La baisse de dotations de 13 milliards d’euros annoncée par le gouvernement est excessive : elle remet en cause notre capacité à investir dans de nouveaux équipements publics mais aussi notre capacité à assurer nos missions fondamentales. Vous connaissez mon intérêt de longue date pour l’avenir financier de nos communes et les finances publiques locales. A ce titre, je suis très inquiet du projet de suppression de la taxe d’habitation. La compensation promise par l’Etat n’est pas acceptable car elle s’inscrit dans une tradition très jacobine d’érosion progressive du pouvoir fiscal des collectivités, auquel on substitue des dotations aléatoires sur lesquelles nous n’avons aucune marge de manoeuvre. Au Sénat, si les grands électeurs me font confiance, je serai extrêmement mobilisé pour défendre l’autonomie fiscale de nos communes. L’affirmation du bloc communal concerne aussi les compétences qui lui sont allouées. Sur ce sujet, je crois que le législateur est allé trop loin dans le dessaisissement des pouvoirs communaux en matière d’urbanisme. Nous croyons que l’aménagement doit rester une compétence régalienne des Maires : le transfert des PLU au territoire doit être remis en cause.
● Cinquièmement, je connais votre intérêt pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations : votre action de vice‐président à la Métropole sur ce sujet est tout à fait fondamentale. Nous avions d’ailleurs eu l’occasion d’échanger à ce sujet lors du colloque organisé à Saint‐Maur‐des‐Fossés pour associer l’ensemble des acteurs de la gouvernance de l’eau à une réflexion sur la prévention de nouvelles inondations. C’est un sujet décisif dans le Val‐de‐Marne sur lequel il faudra travailler en équipe : c’est d’ailleurs tout l’esprit de notre candidature. La fin du cumul des mandats conduit à un changement complet de logiciel et va bouleverser la fonction de parlementaire. Demain, les Sénateurs devront travailler main dans la main et en confiance avec les Maires sur les sujets d’intérêt locaux. Vous pourrez compter sur moi pour appuyer votre action en matière de prévention des inondations au Sénat comme sur de nombreux sujets.
Enfin, vous regrettez l’absence de constitution d’une liste d’Union aux élections sénatoriales. Malgré les demandes en ce sens de nombreux maires Républicains et centristes cet été, la volonté des deux sénateurs sortants de conserver leurs mandats ont en effet empêché la concrétisation de cette initiative ‐ alors même que la sénatrice sortante a annoncé publiquement qu’elle démissionnerait en cours de mandat. Si l’on peut regretter ce choix qui relève de méthodes anciennes rejetées clairement par les français ces derniers mois, nous souhaitons à l’avenir pouvoir travailler en toute intelligence avec l’ensemble des acteurs de la Droite et du Centre dans le département. »

Le choix de Sylvain Berrios

C’est finalement ce samedi 23 septembre que Sylvain Berrios a pris position pour la liste de son parti, celle menée par Christian Cambon :

Jasmine Camara fait le buzz

Au-delà des maires, la liste a aussi récolté les soutiens de tous les conseillers régionaux et départementaux LR ou apparentés du département, en dehors de deux autres élus saint-mauriens, Jean-François Le Helloco (proche de Laurent Lafon) et la conseillère régionale Yasmine Camara, ancienne collaboratrice parlementaire de Sylvain Berrios, qui fait le buzz sur les réseaux sociaux depuis hier suite à un post qu’elle intitule elle-même « coup de gueule », liké notamment par Sylvain Berrios…

 

« Le contenu même de son message suffit à expliquer la démarche de son auteur. Moi, je n’ai jamais rien fait ni rien tenté contre Jasmine Camara, mais simplement oeuvré pour qu’elle soit en position éligible au Conseil régional. Quand il s’agit d’une élection au parlement, on doit s’unir et serrer les rangs comme je l’ai fait aux législatives autour du candidat présenté par Sylvain Berrios. Je ne retourne pas au Sénat pour mon ego personnel mais pour me battre« , réagit à ce sujet Christian Cambon. « Le soutien des maires est très important car ce sont les maires et les villes qui sont le plus menacés par les projets de réforme de l’actuel gouvernement, à l’instar de la suppression de la taxe d’habitation ou le transfert des permis de construire aux intercommunalités. L’enjeu de l’élection ce dimanche est de constituer une majorité forte et homogène autour de Gérard Larcher. Le Sénat sera le seul pôle de vigilance et de résistance face à un pouvoir que M. Macron a concentré entre ses mains. C’est cela le sujet« , ajoute le sénateur sortant.

 

 

7 commentaires pour Sénatoriale : Sylvain Berrios choisit après avoir posé ses conditions
  • Comme beaucoup d’élus LR du département, Sylvain Berrios ne supporte plus la liste officielle avec deux sénateurs sortants qui cumulent 30 ans de mandats au Sénat et qui auront 75 ans à la fin de leur mandat; et Gonzales ancien député qui essaye de récupérer un poste à tout prix après sa défaite en juin aux législatives …

    Le résultat de dimanche va être plein plein de mauvaises surprises pour Cambon ….. La liste de Lafon va faire un gros score …

    • C’est vrai que l’âge joue un grand rôle et il est vrai qu’il soit important que les élus agées aient la sagesse de se retirer en assurant la relève de manière constructive, en préparant les nouveaux etc…. Seulement voilà, comme cela ne se passe passe pas comme ça, beaucoup de problèmes surgissent et on finit par se retrouver dans la même situationsans. Devant l’insolubilité des problèmes, tout le monde se rabat sur l’ancien ou le poid lourd. Par ailleurs, en politique, on aime pas beaucoup les électrons libres ou ceux qui sortent du rang, ça fait désordre.

    • Ahahah !!!!!! où avez-vous vu que Lafond allait faire un gros score ? Lafond ou « le brillant tacticien », qui a réussi à faire perdre le Centre aux précédentes élections sénatoriales, il y a 6 ans, Lafond qui a réussi à apporter son soutien à Macron…… entre les deux tours de l’élection présidentielle, après avoir constaté avec amertume que Vincennes était une des communes du Val de Marne qui avait le plus voté pour Macron au 1er tour (alors que Lafond était resté prudemment dans l’expectative, pour ne prendre aucun risque, ce qui est sa posture habituelle). Lafond qui prend Barnaud sur sa liste, alors que Barnaud est complètement discrédité…..

  • Effectivement ,Sylvain Berrios qui a présenté en juin dernier son remplaçant à l’Assemblée nationale âgé de 79 ans ,( soit 84 ans à la fin de son mandat …)doit être particulièrement sensible à vos arguments…. c’est sûrement bien de soutenir votre candidat mais vous feriez sans doute mieux de réfléchir un peu avant d’écrire…

  • Resumer l’enjeu electoral, quel qu’il soit, a la question de l’âge, montre bien le niveau « paquerette » du débat politique….
    Les français ont les elus qu’ils méritent…. et a l’image du coq, continueront a chanter avec les pieds dans la m…e

  • Cambon et sa clique, et ce ne sont pas les seuls…. voila leurs méthodes pour « engraisser » sur le dos de l’argent public https://www.mediapart.fr/journal/france/200917/fonds-detournes-par-la-droite-au-senat-l-addition-s-envole

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