Transports | Val de Marne | 27/10/2017
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Transports : les Val-de-Marnais fourmillent de propositions

Transports : les Val-de-Marnais fourmillent de propositions © Fb

Parole aux citoyens pour améliorer leurs déplacements. La Préfecture du Val-de-Marne organisait ce mercredi le premier  atelier citoyen d’Ile-de-France dans le cadre des travaux préparatoires de la future loi d’orientation sur les mobilités. Une trentaine de participants ont rivalisé de propositions pour améliorer l’intermodalité et la propreté des transports.

Le challenge n’était pas gagné d’avance. Chantres du vélo, adeptes des transports en commun ou automobilistes convaincus, tous étaient venus à cet atelier citoyen sur les mobilités avec leurs certitudes. Une diversité de modes de déplacements caractéristique d’un département comprenant à la fois des espaces très densifiés et bien reliés au réseau de transports publics, ainsi que des zones plus rurales où il n’y a pas ou peu d’alternatives à la voiture.

Les quartiers prioritaires les plus éloignés des transports

«L’automobile représente les deux tiers des déplacements des habitants de communes du Plateau Briard. Si l’on prend en comparaison les communes du nord-ouest du Val-de-Marne, ce sont les modes de déplacements actifs (marche, vélo) qui arrivent en tête avec 42,9%. A l’heure actuelle, 68% des habitations, des lieux d’activités et d’équipements se situent à moins de 15 minutes d’un RER, d’un métro ou moins de 10 minutes d’un tramway ou d’un bus en site propre. Ce chiffre tombe à 47% dans les quartiers prioritaires. Avec les grands projets d’amélioration du réseau existant, cette couverture concernera 88% des espaces urbanisés du Val-de-Marne et 82% pour les quartiers prioritaires de la politique de la ville», rappelle ainsi en préambule Pierre-Julien Eymard, directeur territorial du Val-de-Marne à la DRIEA.

Sécuriser la circulation en vélo

Après ces quelques éléments de cadrage, les participants réunis par tables de six ont listé des idées pour améliorer la connexion entre les différents moyens de transport et se déplacer plus proprement. Dans l’un des groupes, Sabine Delerm de l’association « Place au vélo à Alfortville », Maurice Duprez, vice-président de « Partage ta rue », ainsi qu’un habitant de Villejuif, ont réclamé davantage de sécurité pour les vélos notamment aux intersections. «Il faudrait que les villes généralisent le « tourne à droite au feu » pour permettre aux cyclistes de ne pas se retrouver dans l’angle mort d’un camion par exemple. Sur les routes où la circulation est plus dense, il faudrait réaliser des sas vélo, des espaces tracés au sol pour offrir un à deux mètres d’avance aux cyclistes à un carrefour, pour être toujours visible des automobilistes.». D’autres participants ont proposé que les PLU imposent davantage de places où garer son vélo à proximité de son domicile, ou encore, la mise en place de wagons ou de compartiments dans les transports en commun pour voyager avec sa petite reine.

Plus de bus en plateau briard

Quelques personnes venues du sud du département ont suggéré la création de davantage de lignes de bus en site propre. «Je peux vous garantir qu’il y aurait bien moins d’habitants de Plateau Briard ou de l’ancienne Seine-et-Oise qui prendraient leur voiture pour aller prendre leur RER à Sucy ou Boissy si ce type de transport en commun était proposé!» Pour un chauffeur de taxi présent à ces ateliers, il faut remédier à la présence de plus en plus rare d’emplacements de stationnement pour ceux qui déposent les passagers, y compris les cars.

Franchissements, free floating…

Une conseillère municipale de Thiais, se déplaçant principalement en vélo électrique, a suggéré davantage de franchissements de la Seine. Un autre participant lui a emboîté le pas. «Il faut la même chose pour la traversée de certaines infrastructures routières qui représentent de sérieuses coupures urbaines.» A une table, un homme a proposé de développer le « free floating » qui permettrait à un utilisateur occasionnel de vélo, de scooter ou d’auto de s’en servir pour un trajet unique, sans contrainte liée à la recherche d’une station où terminer son chemin.

En matière de transports en commun, les participants ont souhaité pouvoir utiliser en illimité et à des tarifs abordables le bus, le tramway, le métro ou le vélib. Avec la présence de gisements de déchets considérables sur le territoire, quelques contributeurs ont pensé qu’il pouvait s’agir d’une source d’approvisionnement pour des véhicules roulant au gaz naturel liquéfié. Une source d’énergie que les entreprises, collectivités, transports en communs et particuliers devraient être davantage incités à choisir.

Pour Yann Viguié, dirigeant d’un syndicat de transport et élu d’opposition à la mairie de Champigny, le coeur du problème réside dans le flux de « déplacements pendulaires entre les logements à l’est de Paris, et les emplois, à l’ouest ». Si comme d’autres participants, il souhaite un rééquilibrage de ce rapport de force, l’élu estime que le télétravail pourrait réduire les déplacements de nombreux employés.

Des participants lucides sur le résultat de ces ateliers

Ce premier atelier citoyen en Île-de-France s’est conclu après deux heures de travaux et de restitutions. En quittant la préfecture, les participants sont satisfaits mais ne se font pas trop d’illusions sur la prise en compte de leurs propositions. «Pour une fois qu’on nous demande notre avis, c’est déjà positif. Après nous verrons ce que cela donnera. J’imagine que tout cela doit être compliqué à mettre en place techniquement», note une participante. «Pour avoir déjà assisté à des rencontres autour des transports organisé par des municipalités, j’ai constaté que ça n’avait pas énormément d’effets, alors je demande à voir », enchaîne un autre.

Si vous n’étiez pas présent mais que vous souhaitez participer, il n’est pas trop tard pour proposer vos contributions en ligne.

Les participants devaient écrire sur une grande feuille leurs propositions.

 

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