Société | Champigny-sur-Marne | 14/03/2017
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Un accueil de jour pour les ados qui ont perdu pied à Champigny-sur-Marne

« J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé », voilà la citation de Voltaire qui orne la salle de sport du nouveau service d’accueil de jour éducatif (Saje) pour les ados en difficulté, ayant ou non fait l’objet de mesures de protection judiciaire de la jeunesse. Inauguré ce lundi 13 mars à Champigny-sur-Marne, il accueillera à terme une vingtaine de jeunes de 14 à 19 ans. 

Ce Saje constitue une alternative aux placements en dehors de la famille, motive le président du Conseil départemental, Christian Favier, dont la collectivité a financé le lieu dans le cadre de ses missions de protection sociale, tandis que l’exploitation a été confiée au groupe SOS Jeunesse.  

« Ce-sont des jeunes qui ont des problèmes d’addiction, de comportement,  qui ont souvent un manque de savoir être, avec des carences éducatives importantes», explique Sophia Belhoum, conseillère en insertion professionnelle. Ici, il y a de quoi reprendre pied tranquillement.  «Nous leur créons un planning d’ateliers pour leur redonner confiance avec des codes, des valeurs, et du savoir être». Au programme : atelier de cuisine, ciné-débat, cours de gym, jeux de société, atelier musical…  Les jeunes sont suivis grâce à des entretiens individualisés et des ateliers d’aide aux devoirs, de re-mobilisation et d’élaboration d’un projet d’insertion. Pour les accompagner :  une équipe composée d’une psychologue, de trois éducateurs spécialisés, d’un éducateur sportif, d’une conseillère en insertion professionnelle, d’une assistante de direction et d’une directrice. Les jeunes sont envoyés par l’aide sociale à l’enfance (Ase) soit par voie judiciaire (demande du juge des enfants), soit par voie administrative (demande des parents en difficulté). Le temps passé dans cette institution est propre à chaque jeune. Si le jeune est déscolarisé, il peut venir tous les jours, sinon lors des temps scolaires ou bien, en accord avec leur école, durant trois demi-journée dans la semaine. Ils peuvent y rester de 6 mois à 1 an, renouvelable jusqu’à leur 19 ans. «Les gens ici sont accueillants, agréables, et gentils. Il y a une bonne ambiance, c’est reposant. On reprend les bases de l’école, on fait plein d’ateliers, c’est bien mieux que de rester chez soi à rien faire et se laisser aller», reconnaît Hawa, 17 ans, parmi les premières accueillies. Elle, retourne en foyer le soir.

Le Saje propose aussi un atelier café-des-parents qui permet à ces derniers de se réunir afin de discuter et de partager certaines préoccupations, d’échanger leurs solutions, leur façon de voir. «Cela leur permet de se sentir moins seul et de mettre des mots sur la souffrance qu’ils peuvent ressentir», explique Emina Yakete, directrice de ce Saje 94.

En parallèle, le Conseil départemental a inauguré ce même lundi 13 mars le foyer départemental de Villiers rénové et agrandi, qui accueille quant à lui 30 jeunes âgés de 14 à 17 ans.  Ce pôle villiérain comprend à la fois un service d’activités de jour pour les jeunes déscolarisés  et de l’hébergement, en foyer ou en petits appartements pour les plus âgés et autonomes.

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Un commentaire pour Un accueil de jour pour les ados qui ont perdu pied à Champigny-sur-Marne
  • Je suis en train de lire ‘les territoires perdus de la République’ … C’est littéralement effrayant de prendre connaissance de ce qu’il se passe dans les collèges hors les murs des quartiers ‘chics’, c’est à dire bobos ! Je crains que ce soit l’ensemble de ces collèges qui devraient maintenant relever de cette démarche, car très nombreux y sont les élèves qui ont ‘un manque de savoir être, avec des carences éducatives importantes’. On a abandonné les enseignants, on a laissé se développer le communautarisme, et le racisme ; on en arrive à se demander ce que vont devenir ces jeunes.

    Que l’on ne se méprenne pas sur mon intervention : je suis surveillant d’examens du supérieur, le plus souvent affecté à Villepinte dans le 93, et je vois AUSSI tous ces jeunes qui suivent des études dans un contexte difficile. Tout n’est pas perdu, mais risque de le devenir …

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