Education | Limeil-Brévannes | 05/01/2017
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Violences au collège Janusz Korczak de Limeil-Brévannes : parents et enseignants n’en peuvent plus

« Equipe de direction incomplète pendant plus d’un mois, suspension de 3 surveillants, situation de débordements, début d’incendie volontaire, mouvements de foule et piétinements, cas d’attouchement entre élèves, agressions verbale et physique contre élèves et enseignants, élèves urinant dans la cour et les couloirs, crachat sur la CPE, dégradations matérielles », voilà quelques uns des problèmes cités par les enseignants du collège Janusz Korczak de Limeil-Brévannes dans la lettre qu’ils ont adressée à la rectrice de Créteil, Béatrice Gille, en décembre dernier.

Pour marquer le coup, l’équipe, qui a déjà exercé son droit de retrait un jour cet automne,  a déposé un préavis de grève pour ce jeudi 5 janvier afin de réclamer un diagnostic sécurité par les équipes mobiles de sécurité (EMS) du rectorat et par la Mission de prévention et de lutte contre les violences en milieu scolaire, la création en urgence d’un deuxième poste de Conseillère principale d’éducation (CPE) et des assistants d’éducation supplémentaires. Les parents d’élèves sont également mobilisés et prévoyaient de manifester ce matin devant les grilles du collège.

« Les professeurs ne sont plus des enseignants tels que leurs missions statutaires le précisent : pour pallier le manque de personnels de vie scolaire, ils sont occasionnellement devenus des surveillants ; pour remédier rapidement à la recrudescence des incivilités ou incidents dans l’établissement, ils se sont transformés en standardistes pour prendre contact avec les parents ; ils multiplient les équipes d’ESS, les commissions éducatives ou conseils de discipline devenus pléthore car la direction, l’équipe de vie scolaire et l’équipe pédagogique n’ont plus les moyens humains d’effectuer de la prévention avec ces élèves », déplorent les enseignants, qui sont d’autant plus en colère qu’ils rappellent  que « la reconquête de la réputation du collège Korczak débutée il y a de cela huit ans a été longue et laborieuse« .

Après une série de courriers à l’Inspection et au rectorat, les parents en appellent au ministre de l’Education nationale, à qui ils ont écrit en ce début d’année.  « Nous sommes identifiés en REP depuis 2 ans et en catégorie 4 depuis cette rentrée 2016. Malgré cela et les appels au secours des enseignants, de la direction, et des parents d’élèves, malgré 2 audiences avec les services de la DASEN du Val-de-Marne, nous n’avons aucune réponse aux demandes légitimes concernant le manque de sécurité et le nombre grandissant d’incivilités depuis la rentrée. Les non-réponses que la DASEN, et pire, de la rectrice, engendrent non seulement une escalade des violences, mais aussi la banalisation des incivilités. Plus de 125 déclarations d’incidents ont été répertoriées depuis la rentrée, et toutes n’ont pas pu être comptabilisées !!! Nous vous demandons donc directement de nous aider. Idéalement en venant nous voir comme vous avez pu le faire à d’autres endroits, mais aussi en demandant à vos services de suivre le dossier et de mettre quelques moyens nécessaires complémentaires (nous ne demandons qu’un deuxième CPE avec quelques renforts d’AED). Vous faites des déclarations, vous mettez des moyens, mais nous ne pouvons en bénéficier car la direction ne veut pas entendre ni comprendre l’urgence. Les enseignants ont déjà utiliser leur droit de retrait, ils en sont maintenant à faire grève », indiquent les parents d’élèves de manière unanime (GIPE,  FCPE et PEEP).

Pour relayer les demandes des parents et des enseignants, le sénateur LR Christian Cambon a également déposé une question écrite au gouvernement, publiée ce jeudi 5 janvier au Journal officiel, rappelant les sept conseils de discipline et les 125 rapports posés en trois mois au collège.
 

4 commentaires pour Violences au collège Janusz Korczak de Limeil-Brévannes : parents et enseignants n’en peuvent plus
  • Pour rappel, je vous livre une partie d’un article Wikipédia:

    « Janusz Korczak (né le 22 juillet 1878, mort le 6 août 1942), de son vrai nom Henryk Goldszmit1, est un médecin-pédiatre et écrivain polonais. Avant la Seconde Guerre mondiale, il est une des figures de la pédagogie de l’enfance les plus réputées. Il laisse son nom à la postérité pour son œuvre de pédagogie, sa littérature enfantine, et son engagement en faveur des droits de l’enfant.

    Il est également célèbre pour avoir choisi délibérément d’être déporté vers Treblinka avec les enfants juifs du ghetto de Varsovie dont il s’occupait dans un orphelinat . »

    Faites lire aussi à vos enfants « Le Roi Mathias Ier  » : ils risquent d’adorer.

    Quelle tristesse que le nom de ce grand Homme soit associé à ce genre d’événements!

  • J’ai été élève dans ce collège du temps où il s’appelait Guillaume Budé et franchement j’hallucine…. ou cela va t’il s’arrêter…. triste

  • C’est une triste illustration de la décadence de notre société et d’un échec total, gauche et droite confondues, dans la capacité à offrir une vision d’avenir et un respect de l’autre. Que deviendront ces jeunes devenus adultes, dans un monde qui exigera encore plus qu’aujourd’hui qualification et jugement, pour ne pas parler de culture … On parle souvent de la déclaration des droits de l’homme (terme qui est souvent remplacé par ‘droits humains’ pour ne pas choquer les petites filles), mais on oublie que ce texte fondateur s’appelle ‘déclaration des droits de l’homme et du citoyen’ : les droits des individus ET les devoirs du citoyen. Il n’y a a pas de société de droits sans devoirs.

  • Fréréric CAZE-SULFOURT says:

    Je viens de me rendre sur place car mon fils qui est en 5eme rentre systématiquement à la maison en prétextant qu’il n’y a pas cours aujourd’hui à cause de la mobilisation des parent pour le manque de CPE et l’insécurité générale dans le collège… Inutile de préciser que j’étais très en colère quand je suis arrivé. Mon fils doit être au collège car c’est son devoir pour assurer son avenir, et le collège doit accueillir mon fils car c’est son obligation républicaine, d’assurer les cours, qui pourront lui permettre plus tard d’avoir une situation professionnelle qu’il aura choisie. J’ai bien évidemment parlé avec les parents d’élèves qui ont fait le choix de soutenir les professeurs en grêve depuis jeudi dernier, et leurs arguments sont tout à fait louables. En revanche, ce qui me gène passablement dans cette situation, c’est que si ces parents ont choisis de ne pas mettre leurs enfants en cours ces jours-ci, ils n’ont pas le droit en revanche, d’empêcher les enfants des parents qui n’ont pas fait ce choix.
    De plus, ce que je trouve inadmissible, et je le répéterai à la directrice en temps voulu, ce sont les élèves pris à part dans ce « bras-d-fer » politique-enseignants-parents, qui ne sont ni dans l’enceinte de l’établissement, ni chez eux, et qui trainent dans la rue, s’exposant ainsi à des risques de sécurités divers et variés durant toute la journée… Le devoir d’un établissement scolaire, en dehors d’assurer l’avenir de nos enfants, n’est-il pas non plus de leur donner une protection ? En voulant lutter contre l’insécurité à l’intérieur du collège, et en empêchant les principales personnes concernées de se retrouver encadrés par des adultes, ne risque t’on pas plutôt de les mettre en danger en leur interdisant l’accès à cette même structure ? Droit de grève « OUI », mais à condition que nous, parents nous ayant avant donné notre avis sur la question, et que l’école Républicaine continue d’assurer une permanence et un rattrapage, de façon à assurer la sécurité et l’avenir de nos enfants. Tout le reste après n’est que politique.

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