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Politique | Cachan | 23/03
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A Cachan, Jean-Yves Le Bouillonnec passe le relais. Interview

A Cachan, Jean-Yves Le Bouillonnec passe le relais. Interview © Olafff
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Jean-Yves Le Bouillonnec, maire PS de Cachan depuis 1998, a annoncé sa démission en tant que maire à l'issue du conseil municipal de ce jeudi 22 mars. L'élection de la nouvelle maire pressentie, la première adjointe Hélène de Commarmond, doit avoir lieu le 8 avril. Entretien avec le maire sortant.

Pourquoi avoir choisi ce moment pour quitter votre mandat de maire ? Aviez-vous prévu de passer le relais en cours de mandat ?

J’ai célébré il y a quelques jours mes 35 ans au Conseil municipal de Cachan et cela fera bientôt 20 ans que j’en suis maire. Je suis entré à la mairie comme adjoint, puis premier adjoint, puis maire, et député pendant 15 ans. Cela a rempli totalement mes jours. Bien avant 2014, j’ai toujours pensé qu’il fallait une date limite, je ne voulais pas aller au-delà de 70 ans. (ndlr, J-Y Le Bouillonnec a actuellement 67 ans). Aujourd’hui, l’équipe est en place et en situation d’agir.

Quel bilan faites-vous de votre mandat ?

J’ai voulu lui donner trois dimensions. Tout d’abord l’accompagnement des habitants pour que chacun ait sa place dans la ville et se l’approprie, que ce soit en termes d’animations de promotion de la vie associative ou de développement des équipements sportifs, socio-culturels théâtre, cinéma, école de musique. Ensuite le développement de la ville qui avait à un moment diminué en nombre d’habitants, en prolongeant le centre-ville tout en préservant nos paysages. Cachan est la seule commune du Val-de-Bièvre qui n’ait pas été fracturée par une autoroute et cet atout est inestimable. Enfin, j’appartiens à la génération qui s’est posée la question du travail intercommunal. La communauté du Val-de-Bièvre a été la première communauté d’agglomération avec Plaine Commune en 2000. J’ai ensuite travaillé à la création de Paris Métropole (ndlr, aujourd’hui le Forum métropolitain du Grand Paris) avec Bertrand Delannoë (ndlr, à l’époque maire PS de Paris) et en ai été le premier président en 2009. L’ouvrage est loin d’être terminé mais j’y ai pris ma part.

Comment voyez-vous la construction de la métropole de Paris aujourd’hui ? Sur quels contours ? Avec quels échelons ?

Il faut une métropole et une région avec des périmètres et objectifs propres. Je crois que le périmètre des territoires est intéressant. La communauté d’agglomération du Val-de-Bièvre était un un peu petite. La mise en place est lente et difficile mais les territoires peuvent produire de la richesse beaucoup plus importante. Le problème actuel concerne l’articulation entre la métropole et les territoires. Ces deux échelons n’ont guère d’autres connexions entre eux que le fait qu’ils dépendent tous deux d’élus communaux. Concernant les départements, c’est aussi un périmètre pertinent pour certaines compétences. Au-delà des structures, je crois aussi beaucoup au travail informel entre les communes. L’association de la Vallée scientifique de la Bièvre n’a par exemple aucune capacité à agir mais a fait éclore beaucoup de projets en constituant un espace de débats entre les élus, sur du concret. Des projets qui se sont fait leur place au sein du pôle Paris Saclay. Je ne crois pas beaucoup au rééquilibrage par le « en haut ». Le « en haut » est là pour donner l’impulsion, donner les conditions.

Quel avenir pour le PS aujourd’hui ? Vous sentez-vous toujours militant ?

Je suis toujours au PS et n’ai jamais été en retrait du parti. J’ai refusé en revanche d’entrer dans la campagne pour tel ou tel candidat même si j’ai pris part au vote. Je pensais que cette élection était prématurée. Avec quelques autres, nous aurions préféré que la direction collégiale dure un peu plus longtemps et que l’on prenne le temps de faire un vrai aggiornamento, de lancer des chantiers de réflexion pour comprendre ce qui s’était passé, de re-socler les fondamentaux. Durant l’ancienne mandature, nous avons souffert du fait que des camarades mettent en échec notre politique. Je regrette que les échanges au sein du parti n’aient pas réussi à éviter cela.

Quel regard portez-vous sur les premiers mois du quinquennat d’Emmanuel Macron ?

Je porte un jugement sévère sur ce gouvernement. Je considère qu’il est, comme la majorité parlementaire, issu d’une réalité de circonstance liée à la fin d’un processus droite-gauche et au refus des extrêmes. Ce qui m’inquiète en particulier est la perte de la force politique. Au sein du gouvernement, Bercy est de plus en plus prégnant sur les choix. Au sein du parlement, la volonté de diminuer le rôle des parlementaires m’inquiète beaucoup et je suis particulièrement choqué que ce soit la garde des Sceaux, qui a été membre du Conseil constitutionnel, qui propose de remettre en question le droit d’amendement individuel. Le travail des parlementaires, y compris des parlementaires de la majorité, est très important pour améliorer une loi.

 

 

Qu’allez-vous faire lorsque vous ne serez plus maire ?

Je reste conseiller municipal et conseiller métropolitain, très impliqué sur les questions de la métropole du Grand Paris. Je continuerai aussi à m’investir sur les projets que nous développons au sein de la Vallée scientifique de la Bièvre.

 

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