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Gouvernance | Champigny-sur-Marne | 14/05
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A Champigny-sur-Marne, la campagne de Polangis est lancée

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C'est ce lundi 14 mai que commence officiellement la campagne pour Polangis. Le 27 mai prochain (et éventuellement le 3 juin en cas de second tour), les  655 électeurs de la partie campinoise de ce quartier des bords de Marne éliront une commission de 15 représentants chargés de rendre un avis pour ou contre leur rattachement  à Joinville-le-Pont.

Cet avis s’additionnera à ceux des communes et de l’enquête publique, avant que la question ne soit définitivement tranchée par l’Etat. Une nouvelle étape d’un long processus démarré en 2012 par une pétition, une procédure au tribunal administratif et une enquête publique dont les conclusions en faveur de la sécession ont soudainement rendu très concret un projet qui semblait incongru tant il est peu coutumier.  Voir article récapitulatif avec la position de chaque camp et celle des maires des deux communes. Voir aussi article de présentation des deux groupements de candidats, pour ou contre la sécession.

Désormais, les sécessionnistes y croient comme une évidence et espèrent bien que leurs candidats seront majoritaires alors que leur association, Réunissons Polangis, compte 257 adhérents. Ceux qui sont contre, en revanche, misent sur la « majorité silencieuse ». Pour rappel, celle élection sera régie selon les règles en vigueur pour une collectivité de moins de 1000 habitants. Les candidats, bien que chacun regroupés sur deux listes concurrentes, sont élus individuellement, et les électeurs peuvent panacher les listes en barrant certains noms dans chaque bulletin. Seront élus dès le premier tour les candidats qui ont obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés et recueilli au moins un quart des suffrages des électeurs inscrits. Les suffrages sont en effet décomptés individuellement par candidat. Pour les sièges restant à pourvoir, un second tour départagera les candidats à la majorité relative, quel que soit le nombre de votants. (Voir le détail des modalités sur le site Vie publique).

A lire aussi : Quand Polangis le Le Tremblay étaient des châteaux

Depuis plusieurs semaines, la campagne se prépare activement. « Le weekend dernier, cela a buzzé sur whatsapp, nous avons beaucoup échangé sur la composition du tract. Fallait-il beaucoup d’images? de texte? Tout cela est nouveau pour nous, nous ne sommes pas des professionnels de la politique », témoigne René Ragheboom, habitant de la rue Charles Infroit. Depuis sept ans, les partisans du rattachement à Joinville sont toutefois bien rodés, avec la création de l’association à l’initiative de Marc Jamet, la pétition, les démarches au tribunal et le suivi de l’enquête publique. Le porte-à-porte et le bouche-à-oreille, ils maîtrisent.

Sur les raisons de la sécession, les arguments pleuvent. « On n’a rien contre Champigny mais on se sent un peu oublié. Loin des yeux, loin du coeur. Le tout à l’égout, c’est côté Joinville, les écoles et le conservatoire tout proche sont à Joinville, les commerces et le bureau de poste sont à Joinville, la police municipale est à Joinville… Et il a fallu des années pour obtenir un panneau d’affichage dans le quartier!  Quant au bureau de vote, il se trouve  au gymnase Maurice Baquet, à une demi-heure à pied… Pour aller voter, nous allons devoir organiser un covoiturage », résume un habitant. De tous les arguments, celui qui revient en force reste surtout la question des écoles, du collège et des activités pour les enfants. « A l’école encore, il est possible d’obtenir une dérogation, mais au collège, ce n’est pas possible. Et les assistantes maternelles du quartier, elles dépendent toutes de la ville de Joinville », pointe Anne, qui témoigne des années crèche à Champigny, « à une demi-heure à pied avec la poussette« .  Le résultat est que les gens se débrouillent pour donner une adresse complaisance pour avoir une place ou pour accéder au tarif joinvillais, note une voisine. (La photo de une représente les partisans de la sécession pour rejoindre Joinville)

« Moi je n’ai rien demandé! J’habite à Champigny depuis 1981, mon épouse depuis toujours et ses parents et grands-parents étaient déjà de Champigny. Je ne vois pas ce que cela va m’apporter de changer d’adresse. Je suis âgé et n’ai aucune envie de commencer à aller changer tous mes papiers. Côté sécurité, on a la chance d’avoir un commissariat de police nationale à Champigny et, en cas de cambriolage, ils sont tout de suite sur les lieux. La Poste de Champigny est ouverte le samedi et nous avons une excellente clinique », énumère en retour un retraité agacé par la fronde.

 

 

Certains arguments sont utilisés de part et d’autre, comme les impôts locaux. D’autres suscitent particulièrement l’irritation comme celui de la spéculation immobilière, reprochée aux sécessionnistes, lesquels répliquent habiter sur place depuis des dizaines d’années.

Du côté de l’Asep, l’association joinvillaise de défense de l’environnement du quartier Polangis, on se garde de prendre position et on attend l’issue de l’affaire. « Au sein de l’association, il y a des adhérents qui sont pour la réunion avec la partie campinoise, d’autres contre, alors nous n’affichons pas de position », indique Michel Riousset, président de l’association.

Les élus de Champigny, majorité et opposition, ont tranché contre et parlent d’une même voix dans ce dossier, avec même un adjoint LFI, François Cocq, et un des chefs de file de l’opposition de droite, Alain Chevalier, dans le même groupement de candidats pour défendre le maintien du Polangis campinois. « Les élus de Champigny défendent leur siège car ils ne pourront plus être conseillers municipaux si le quartier devient joinvillais », raille un habitant sécessionniste. Un argument consternant pour Alain Chevalier qui défend la légitimité des élus à avoir un avis sur cette question. Voir article précédent avec les positions plus détaillées des élus.

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