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Politique locale | Fresnes | 30/10
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A Fresnes, les somptuaires frais de bouche de Jean-Jacques Bridey

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Bouteille de Meursault sous le Dos d’Ane à 250 euros, aiguillettes de homard bleu à 85 euros... Les obligations de réception de l'ancien président de la société d'économie mixte de Fresnes (Semaf), Jean-Jacques Bridey, lorsqu'il était maire de la ville, ne semblent pas avoir été trop pénibles.

Déjà épinglé en septembre par le journal Médiapart qui révélait que le député LREM (ex PS) était dans le viseur de la justice en raison d’un dépassement du cumul légal d’indemnités,  Jean-Jacques Bridey est à nouveau à la une du site d’information en ligne ce mardi en raison de ses somptuaires frais de bouches en tant que président de la Semaf, la société d’économie mixte fresnoise. Des frais dispendieux confirmés par l’actuelle présidente de la Semaf, la maire PS de Fresnes Marie Chavanon, mais dont le député estime ne pas avoir  » à rougir ».

Pour le détail des indemnités perçues par le député lorsqu’il était maire de Fresnes et le rappel du contexte, voir article précédent : Comment Jean-Jacques Bridey a explosé le plafond d’indemnités d’élu

Le nouvel article de Médiapart s’intéresse aux frais de bouche du député, en tant que président de la Semaf, indiquant que « sur les seules années 2016 et 2017, ce sont en effet pas moins de 2 000 euros en moyenne qui ont été remboursés chaque mois à l’élu« , faisant état de « déjeuners et des dîners partagés en semaine comme le week-end, le plus souvent dans de bons restaurants de Fresnes, Rungis, voire dans des établissements parisiens de luxe ».  Un montant que confirme largement l’actuelle maire de Fresnes et présidente de la Semaf, Marie Chavanon, jointe au téléphone. Cette dernière précise que pour les années 2015 et 2016, ce-sont plus de 50 000 euros par an qui étaient dévolus aux frais de réception, largement dédiés aux restaurants. Une pratique qui a cessé depuis que l’élue a pris la présidence de la société d’économie mixte. « Je pars du principe que je n’ai pas à inviter ni à être invitée, c’est une question d’éthique », indique l’élue qui fait état de deux restaurants fresnois maximum par mois ainsi que de buffets pour les déjeuners de travail avec les élus mais avec un budget de l’ordre de 10 euros par personne. Contacté, Jean-Jacques Bridey justifie de son côté ses frais de bouche. « Cela peut paraître exagéré mais lorsque l’on discute avec des promoteurs et des banquiers, ce n’est pas somptuaire. Je n’ai pas à rougir de ces dépenses. Si c’étaient les promoteurs qui m’avaient invité, on m’aurait accusé de corruption! », réagit l’élu, ajoutant que toutes ses notes de frais ont été validées par le commissaire aux comptes. L’élu a par ailleurs publié un communiqué dénonçant un article « calomnieux » et s’interrogeant sur les « opportunités » qu’auraient certains à le « salir »‘.

Alors que la Semaf, outil d’investissement de la ville, a financé des écoles, équipements publics et été aménageur de zac, la société d’économie mixte a également contribué au financement d’une autre Semaf, la Semaf Bamakao cette fois, une association indépendante présidée par le député et dédiée au montage d’un projet d’orphelinat au Mali. Pourquoi le même nom ? N’est-ce pas une source de confusion ? « Il fallait bien trouver un nom, c’était un choix collectif. L’important est l’objet de cette association. On ne va pas nous reprocher d’avoir oeuvré pour la création d’un orphelinat », réagit le député. La Semaf, dédiée au développement de Fresnes, a toutefois attribué une subvention de 150 000 euros à la Semaf Bamako, indique l’actuelle présidente de la Semaf. Un choix de son président qui présidait alors aussi la Semaf Bamako… Et pour compléter le budget, l’élu a contribué à hauteur de de 99 000 euros de sa réserve parlementaire entre 2013 et 2016 (40 000 euros en 2013, 20 000 € en 2014, 30 000 € en 2015, 9 000 € en 2016). D’autres entreprises travaillant à Fresnes ont également participé.« Pour financer ce projet, nous nous sommes tournés, en sus de la participation de la Semaf, vers des partenaires de notre milieu professionnel », explique à Médiapart Branko Borikic, directeur administratif et financier de la Semaf et secrétaire de la Semaf-Bamako. Et Médiapart de préciser que ce dernier indique avoir ainsi « recueilli 477 000 euros de dons entre 2010 à 2017« . De quelles entreprises partenaires s’agit-il ? Travaillaient-elles par ailleurs avec la ville ? Pas de liste exhaustive en revanche.

L’orphelinat, lui, a bien été réalisé dans la périphérie de Bamako, dessiné par l’agence d’architecture F8 et livré fin 2012 (voir le détail du projet), en partenariat avec l’association locale Amscid Association Malienne de Solidarité et de Coopération Internationale pour le Développement) qui travaille déjà en coopération décentralisée avec plusieurs collectivités du Val-de-Marne. « L’orphelinat accueille actuellement 37 enfants », précise  Francis Dembélé, permanent local de l’association Amscid, joint au téléphone.

A lire aussi :

Comment le député LREM J-J Bridey a explosé le plafond d’indemnités d’élu

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24 commentaires pour A Fresnes, les somptuaires frais de bouche de Jean-Jacques Bridey
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