Handicap | | 17/12/2018
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A l’IME de Villejuif, il faut porter les jeunes handicapés faute d’ascenseur qui fonctionne

A l’IME de Villejuif, il faut porter les jeunes handicapés faute d’ascenseur qui fonctionne

Depuis la mi-octobre, l’ascenseur de l’Institut médico-éducatif Le Guillant de Villejuif est à nouveau en panne. Un problème récurrent pour cet établissement,  géré par l’Apajh 94 (Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés), qui accueille une trentaine de jeunes de 6 à 14 ans atteints de handicap mental ou physique.

“C’est la troisième fois qu’il n’y a pas d’ascenseur pendant plus d’un mois, expose une des éducatrices. L’an dernier, il y a déjà eu deux mois sans ascenseur. Nous devons donc porter une dizaine de jeunes pour qu’ils puissent accéder aux salles de classe ou d’activité. Nous l’avons fait pendant un mois, en tant qu’éducateurs, et comme nous avons signalé les difficultés de mise en danger, notre cheffe de service et le directeur ont demandé aux techniciens et aux chauffeurs de venir le faire lorsque nous avons besoin. Comme cela fait maintenant deux mois, nous avons revêtu nos dossards pour protester”, poursuit l’éducatrice.

Depuis jeudi 13 décembre, les éducateurs continuent d’exercer leur mission, mais ils affichent leur ras-le-bol avec des chasubles jaune ou orange pour exprimer leur colère. Chaque éducatrice arbore également un message comme “Pas d’ascenseur ? pas d’activités ? Pas de rééducation ?” ou bien “Loi 2005 : où est l’ascenseur ?”, pour alerter sur la situation. “L’an dernier, nous avons écrit à l’Agence régionale de santé pour signaler une situation préoccupante. Cette année, nous avons à nouveau écrit et aussi décidé de mener une action en parallèle.”

“Nous avons un contrat de maintenance avec une entreprise mais la pièce qui manque est façonnée à  l’étranger à l’unité et cela prend du temps. Nous n’avons plus d’entreprise pour fabriquer ce type de pièce en France, explique Serge Duconget, directeur de l’Apajh 94. L’ascenseur, un système de monte-charge à vérins, étant ancien,  il est en outre impossible de trouver une société qui propose d’assurer la maintenance en garantissant un bon niveau de service, c’est-à-dire de réparer le matériel dans un délai rapide, l’IME est donc tributaire des conditions de la société de maintenance. “C’est toujours la même pièce qui pose problème, et nous avons demandé à ce que l’entreprise en fasse fabriquer plusieurs exemplaires, d’autant qu’à l’unité, elle ne vaut que de 250 à 300 euros”, indique néanmoins le directeur.

“Le bâtiment est ancien et nous avons programmé une réflexion sur la reconstruction du bâtiment avec l’Agence régionale de santé. Cela ne nous a toutefois pas empêché d’entreprendre des réparations. Nous avons fait des gros investissements pour résoudre les problèmes d’inondation liées aux toits terrasse et changé la chaufferie bâtiment“, poursuit Serge Duconget. A terme, l’IME pourrait être reconstruit, au moins en partie, un peu plus loin, dans des locaux neufs. “La ville a été sollicitée et nous avons proposé un terrain à une centaine de mètres de là, en face du rond-point des Esselières”, indique Edouard Obadia, maire-adjoint de Villejuif en charge notamment de la santé.

Depuis deux mois, ce-sont les personnels de l’IME qui doivent porter les jeunes en situation de handicap physique car l’ascenseur est en panne.

Il y a un an, un conflit social au sein des différents IME de l’Apajh Val-de-Marne, pour protester contre un taux d’encadrement insuffisant, avait conduit à l’évacuation temporaire des personnes accueillies.

 

 

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