Politique | Rungis | 18/05
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A Rungis, Gérard Collomb défend la présidence Macron devant un public acquis

A Rungis, Gérard Collomb défend la présidence Macron devant un public acquis © Fb

Pas de questions gênantes et un auditoire peu nombreux mais acquis à la cause… Un an après le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, a passé sans douleur l’épreuve de pédagogie terrain imposée à l’ensemble du gouvernement. Devant 150 sympathisants réunis dans la salle de la Grange à Rungis, il a dressé le bilan de la première année du président Macron.

Baisse du chômage, création de 277 000 emplois, doublement des classes de CP dans les quartiers prioritaires, réforme de l’enseignement supérieur, moyens supplémentaires pour le renseignement intérieur, image du président Macron sur le plan international, Gérard Collomb fait l’article. « Si tout n’est pas gagné et qu’il reste encore du chemin à parcourir, je vois que la France reprend espoir. Nous lui avons fait prendre une nouvelle direction », entame le ministre, applaudi par les 150 présents dans la salle de la Grange, dont des parlementaires, élus, militants LREM du Val-de-Marne, représentants du monde de l’entreprise et des associations.

« Est-ce que l’on ne pourrait pas organiser des manifestations d’usagers et d’élus dans les gares pour soutenir la réforme de la SNCF ? », propose un habitant de Chevilly-Larue. Le ministre en profite pour insister sur la nécessité d’ouvrir l’entreprise à la concurrence, fustigeant les opposants à la réforme qui « coupent la branche sur laquelle ils sont assis », et souhaitant que le référendum organisé par les syndicats ne soit pas seulement ouvert aux cheminots mais également aux usagers.

« L’augmentation des flux migratoires est-elle un frein ou un atout pour la civilisation européenne ? »  demande un autre participant. L’occasion de vanter la loi asile et immigration. Et le ministre d’expliquer s’être entretenu avec d’autres ministres de pays européens lui ayant confié que des migrants choisissaient d’aller en France car les lenteurs administratives laissaient le temps de s’installer durablement. « Je constate que certaines villes ont beaucoup accueilli, trop, je ne veux pas ajouter de la misère à la misère », insiste le patron de l’Intérieur.

Métropole: « Je lui rebats les oreilles tous les jours »

« Je me sens grand-parisienne, mais nous sommes au milieu du gué avec cet empilement inefficace de collectivités. A quand des annonces sur le Grand Paris ? », demande une Vincennoise à l’ancien maire PS de Lyon, lequel a été à l’ouvrage pour fusionner une partie du département du Rhône avec l’ancienne communauté d’agglo pour créer une métropole. « C’est au président de décider mais c’est un sujet dont je lui rebats les oreilles tous les jours. Il s’agit de l’un des plus grand défis pour lutter contre les fortes disparités qui règnent au sein de nos grandes agglomérations », abonde le ministre.

Un Cachanais raconte l’attentat de la rue Monsigny

Maxime, habitant de Cachan, confie s’être retrouvé samedi dernier rue Monsigny à Paris et avoir assisté à l’attentat au couteau du terroriste islamiste. « Après chaque acte terroriste, les personnalités politiques débattent au sujet des fameux fichés S, comment allez-vous trancher cela ? » Gérard Collomb indique que 19 000 personnes sont fichées pour radicalisme et que les forces de police et de renseignement sont capable de se mobiliser rapidement comme samedi dernier. Il reconnaît en revanche la difficulté d’anticiper des actes de terroristes porteurs de troubles psychologiques, qui passent à l’acte spontanément, sans préméditation.

Joker sur les 80 km/h

« Et la vitesse à 80 kilomètres par heures? »Joker! » répond le ministre.

A l’issue de cette rencontre d’environ 1 heures 30, les sympathisants semblent avoir apprécié. « Ce n’est pas un format facile. Les questions sont assez précises et il faut y répondre de façon large. Je trouve qu’il s’en est bien sorti et qu’il a été convainquant », confie un citoyen venu de Champigny-sur-Marne. « C’est un exercice de pédagogie nécessaire parce que cette première année a été intense avec beaucoup de nouvelles mesures, par conséquent, il n’y a peut être pas eu assez d’efforts portés sur l’information et l’opposition a pu caricaturer et forcer le trait de certaines réformes auprès de l’opinion », considère Nabil Benbouha, le référent LREM Val-de-Marne.

Jean-Jacques Bridey tacle Marie Chavanon

Comme Gérard Collomb, Jean-Jacques Bridey, député LREM et ancien député-maire PS de Fresnes, fait partie des premiers socialistes à avoir cru en Macron, et à faire sa campagne. Il se faisait donc une joie d’accueillir son compagnon de route politique à la Grange Dîmière de Fresnes, d’où Emmanuel Macron avait prononcé le premier discours de sa carrière politique, en mars 2015, lors d’un meeting de soutien aux candidats socialistes pour le canton de L’Haÿ-les-Roses. L’ancien patron de la ville a donc peu apprécié le refus de Marie Chavanon, maire PS élue malgré lui contre la successeure qu’il avait désignée lors de son obligation d’abandonner son mandat local, d’accueillir le ministre de l’Intérieur, obligeant la préfecture du Val-de-Marne, organisatrice de l’événement, a trouver un plan B avec la ville voisine de Rungis, dont le maire, Raymond Charresson fut l’un des deux édiles du département, avec J-J Bridey, à parrainer Emmanuel Macron lors de la présidentielle. « Merci Raymond, mon voisin, qui a été maire comme moi en 2001, et qui n’hésite pas à faire respecter les traditions républicaines et d’accueil des ministres », a salué le député de la 7ème.

Le sénateur PCF Savoldelli boycotte

Sénateur PCF, Pascal Savoldelli s’est pour sa part fendu d’un communiqué pour motiver le fait qu’il ne se rendrait pas à l’invitation du ministre, considérée comme un « exercice de propagande gouvernementale » plus qu’une volonté d’écouter la parole des citoyens et de leurs élus. « Comment y voir autre chose au lendemain de la décision inique du gouvernement de repousser, par la procédure du vote bloqué, la proposition de Loi défendue par les Parlementaires communistes visant à revaloriser les retraites agricoles, texte que le Sénat s’apprêtait à adopter à la quasi unanimité à l’initiative du groupe des Sénatrices et Sénateurs Communistes, Républicains, Citoyens et Ecologistes ? Comment l’interpréter autrement quand le Président de la République et son Gouvernement ne cessent de s’en prendre aux droits acquis de nos concitoyens, comme il s’en prend à la représentation nationale et aux service publics locaux, administrés par des élus dont la légitimité relève du scrutin universel ? », dénonce le parlementaire.

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