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Transports | Villiers-sur-Marne | 09/11
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A Villiers-sur-Marne, les nuisances nocturnes du chantier du Grand Paris Express ulcèrent

A Villiers-sur-Marne, les nuisances nocturnes du chantier du Grand Paris Express ulcèrent © JG
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Une benne de quinze tonnes qui cogne toutes les trente secondes pendant des heures, y compris de nuit, pour décoffrer les gigantesques porte-joint de 55 mètres de profondeur qui séparent les parois de béton moulé installées en sous-sol dans le cadre du chantier Grand Paris Express, c'est le genre de supplice chinois que les habitants du sentier des Marins ne peuvent plus supporter à Villiers-sur-Marne.

Alors que la Société du Grand Paris, maître d’ouvrage du futur métro périphérique, avait assuré aux riverains que ce type d’opération, particulièrement pénible, ne se déroulerait plus de nuit, les habitants continuent à être régulièrement bercés par ce gong. « Il y a trois nuits, j’ai encore surpris ce bruit à 4 heures du matin. J’ai envoyé un SMS au responsable du chantier qui s’est excusé et le bruit s’est arrêté« , confie Jacques Grenier, habitant et militant écologiste. L’ingénieur s’attelle depuis des mois à jouer les interfaces entre des riverains exaspérés par le chantier, qui ont déjà lancé une pétition, et la SGP. « Jusqu’en juin, nous avions un dialogue exigeant mais constructif. Mais depuis septembre, la situation s’est dégradée« , témoigne l’habitant qui a l’impression que les travaux les plus pénibles se poursuivent en mode « pas vu pas pris » jusqu’à ce que les plus gênés soient obligés de se manifester. Ce jeudi 8 novembre, il a donc décidé d’aller directement sur le chantier lorsqu’il a à nouveau entendu le choc pendulaire de la benne à 5 heures du matin, et pris des photos de l’opération décoffrage en direct.

Après un échange un peu vif avec le chef de chantier en présence, il a ensuite appelé la police et entrepris de bloquer l’entrée et sortie des camions jusqu’à l’arrivée des policiers. « Un camion qui voulait sortir du chantier pour livrer du carburant a été jusqu’à me faire reculer de quelques mètres et le chauffeur est sorti en colère pour me pousser mais les autres l’ont retenu et emmené boire un café« , témoigne l’habitant. Alors qu’un arrêté autorise le chantier 24 heure sur 24 sauf le dimanche, difficile toutefois d’attaquer la légalité des opérations, même si le riverain précise avoir eu un engagement écrit de la SGP de ne plus procéder à des décoffrages de nuit.

« La SGP a pleinement conscience des incidences inhérentes à un chantier de cette ampleur, et plus particulièrement dans le cadre de travaux effectués en continu 24 heures sur 24. Sachez que nous mettons tout en œuvre pour prendre en considération l’ensemble des remarques formulées par les habitants impactés par les travaux du Grand Paris Express », tente pour sa part de rassurer Christian Garcia, directeur des relations territoriales de la SGP, dans un courriel au riverain, indiquant qu’il ne reste plus que 4 panneaux de parois moulées à réaliser sur 42 au total. « Nous avons demandé au responsable du chantier de prendre toutes les précautions nécessaires pour atténuer les vibrations engendrées par le décoffrage actuellement en cours. Pour rappel, les décoffrages sont des phases génératrices de vibrations très importantes, c’est pourquoi la SGP a également pris la décision à l’été dernier de proscrire ces interventions après 20h », assure Christian Garcia. Un message qui ne semble pas avoir été reçu 5 sur 5 par les opérateurs du chantier.

« Je pense que les entreprises mettent les bouchées double pour des raisons financières d’optimisation du chantier, sans préoccupation des riverains. Si c’est la logique qu’elles comprennent, nous n’hésiterons pas à bloquer le chantier à nouveau », prévient Jacques Grenier qui indique toutefois que le chef de projet secteur ligne 15 sud de la SGP lui a assuré que le groupement en charge du chantier allait se voir appliquer des pénalités financières liées aux nuisances. De quoi inciter sans doute à mettre la pédale douce. « Cette nuit a été calme« , constate le riverain.

Explications en images

© JG

Le haut du porte-joint et le câble de la benne qui descend dans le panneau

 

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« On voit qu’il n’y a aucun camion pour recueillir les terres excavées, preuve que la benne est en train de décoffrer », indique Jacques Grenier.

 

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« Accessoire utilisé pour décoffrer. Fixé le long de la benne, il est utilisé comme un gros burin pour décoller le porte-joint, tandis que les 15 ou 20 tonnes de la benne servent de masse en tapant à raison d’un coup toutes les 30 secondes pendant 3 à 12 heures d’affilée », explique Jacques Grenier.

 

Benne Câble

 

© JG

Porte joint

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