Décès | Chennevières-sur-Marne | 24/09
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Ambroise, ce petit garçon espiègle qui aimait tellement la vie

Percuté mortellement par une voiture en traversant la départementale alors que le petit bonhomme était au rouge, Ambroise n’est pas seulement une victime de la route, c’était d’abord un garçon enjoué qui aimait follement la vie. 

Vétérinaire, archéologue, gardien de but et ceinture noire de judo, voilà comment Ambroise s’imaginait lorsqu’il serait grand. Et pour ce qui est du football, l’écolier de huit ans était déjà le meilleur goal dans la cour de récréation de l’école Corot de Chennevières-sur-Marne. Fier de sa ceinture jaune, il s’était fixé comme objectif d’être premier au code moral cette année, et avait aussi hâte d’atteindre ses dix ans pour se mettre au jujitsu avec son frère Josselin, son héro de quatre ans son aîné. D’autant plus motivé qu’il avait rencontré la championne du monde Patricia Floquet, de passage au club de Chennevières.

Croquant la vie à pleines dents, Ambroise avait ses petits plats préférés : concombres à la sauce crème fraîche moutarde, pâtes à la Carbonara et le must du must:  Morbier fondu sur du pain de mie au micro-onde!

Né le 29 mai 2010 à la clinique Métivet de Saint-Maur-des-Fossés, il a tout de suite affirmé sa personnalité. « Lorsqu’il a commencé à parler. Les deux phrases qui revenaient le plus étaient « pas envie », car il savait ce qu’il voulait et ne voulait pas, et « c’est moi qui fais », car il voulait toujours aider, faire les choses, qu’il s’agisse de la cuisine, du bricolage… Il adorait bricoler avec son père. C’est lui qui a collé les plinthes lorsque l’on a refait le parquet », relate sa mère. « Et puis, même s’il pouvait parfois avoir un caractère de cochon, il était toujours souriant, rigolo. Je suis en train de trier les photos et il n’y en a aucune sur laquette il ne rigole pas. Il adorait faire des petites blagues. »  L’une des dernières en date, avoir mis de l’eau micellaire dans le verre à dents de son frère pour voir sa tête… Mais il avait goûté avant pour vérifier que ce n’était pas trop mauvais avait-il confié à son père. Il lui est aussi arrivé de faire des farces sans le vouloir, comme il y a quinze jours, lors que, parti pêcher en famille, il a lancé l’hameçon en arrière et accroché la jambe de sa grand-mère, obligée d’aller aux urgences mais qui avait rigolé après coup d’avoir été pêchée par son petit-fils.

Les jeux avec son frère, le bisous de sa maman pour se réveiller, le chocolat chaud de son papa… les rituels familiaux étaient essentiels pour Ambroise. « C’était un enfant très câlin. Lorsque nous le déposions à la garderie le matin, il nous faisait des signes par la fenêtre jusqu’à ce que nous ne soyons plus dans son champ de vision. »

Ambroise avait aussi une bande de copains, une amoureuse, et un super ami d’enfance, Sofiane. « Lorsque nous avons déménagé, il est passé de l’école Moulin à l’école Corot. Il entrait alors en moyenne section et était totalement perdu. Un autre petit débarquait également, Sofiane. Ils sont devenus meilleurs amis. » Vendredi soir, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées pour rendre hommage à Ambroise et toute cette petite bande était présente aux côtés de la famille. La maman de Sofiane avait imprimé en grand des photos d’Ambroise et tout le monde a signé autour.

La veille, toute la famille se réjouissait d’accueillir une correspondante allemande dans le cadre des échanges organisés au collège Molière. Le car est arrivé en fin d’après-midi, légèrement en avance. Ambroise a accompagné son frère et sa mère au collège pour aller à la rencontre des correspondants. Le père aurait dû être là aussi mais son RER avait du retard. Devant le passage piéton de l’établissement, Josselin a traversé, son frère l’a suivi en courant, pensant avoir le temps de passer bien que le signal piéton soit passé au rouge. D’ordinaire, c’était le premier à expliquer qu’il faut faire attention mais cette fois, il était tellement pressé, excité à l’idée de rencontrer ces jeunes venus d’Allemagne, qu’il a fait une exception. Le passage d’une camionnette a gêné la vision d’Ambroise comme de la voiture qui arrivait à 50 km/h au feu vert. Percuté, Ambroise a été projeté et est mort cérébralement sur le coup. « Je ne pardonnerai jamais au chauffeur mais il n’était pas en faute. Et lui aussi voit sa vie brisée », témoigne la maman d’Ambroise. La date d’enterrement n’est pas encore connue car même si le conducteur n’est pas en tort, il s’agit d’un homicide involontaire. Une enquête est donc en cours et c’est la procureure de la République qui donnera le permis d’inhumer.

Ambroise, lui, aura eu une vie courte mais très remplie. « Il travaillait très vite pour se débarrasser du travail et pouvoir jouer. Il vivait à cent à l’heure. Il balançait son cartable dans la cour pour jouer au chat. Il ne savait pas marcher, mais que courir. » Cet été, il a passé de belles vacances, d’abord en Bretagne avec ses grands-parents paternels, dans les Alpes du Sud avec ses grands-parents maternels, puis dans le Cantal avec ses parents. « Nous avons fait des balades, de l’accrobranche, de la tyrolienne. Nous nous sommes baignés dans les lacs. Il s’est acheté une vache Salers en peluche, qu’il a appelée Minotaure. Il adorait les doudous. Et nous avons choisi un grand cercueil pour mettre tous ses doudous. Oui, il a eu une vite bien remplie, entre l’amitié, l’amour de sa famille, l’amour qu’il donnait aux autres… Une vie bien remplie mais dans laquelle il restait de la place. »

Quelle image garder d’Ambroise ? « C’était un petit clown, espiègle. C’était une usine à bêtises mais du bonheur en boite. Il avait un coeur en or. »

Pour ceux qui veulent soutenir la famille d’Ambroise, la requête de cette dernière est de faire un don en faveur de la prévention routière.

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