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Santé | Villeneuve-le-Roi | 03/07/2018
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Amiante à Brassens: la lettre du proviseur sème la panique

Amiante à Brassens: la lettre du proviseur sème la panique
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Après avoir rassuré parents et élèves durant toute l’année sur les problèmes d’amiante du lycée Brassens, lesquels ont conduit au déménagement des lycéens au dans un collège désaffecté de Vitry-sur-Seine durant plusieurs semaines, l’Education nationale a suscité le trouble en envoyant une lettre aux parents.

Ce courrier du proviseur leur indique que leur enfant a potentiellement été exposé à de la fibre d’amiante. Une formalité, évitant à l’institution de se faire reprocher d’avoir nié le problème, qui suscite à la fois l’inquiétude et la colère alors que la question de l’amiante a fait l’objet de polémiques durant tout l’hiver et qu’il a fallu que les professeurs exercent leur doit de retrait et que les élèves bloquent le lycée pour que des mesures d’analyses complémentaires soient prises et que les élèves soient momentanément transférés ailleurs.

Tout avait commencé fin décembre avec un incident amiante signalé par les professeurs, suite à une chute de flocage dont l’analyse a révélé un taux de « 11 fibres par litre d’air, soit plus du double de la norme maximale », s’inquiétaient alors les enseignants.  Bloqué puis fermé par le rectorat de la mi-décembre aux vacances de Noël, le lycée avait rouvert en janvier mais les analyses réalisées ne portaient sur la présence d’amiante que dans les flocages et n’avaient pas rassuré la communauté lycéenne. Droit de retrait et blocage des cours ont alors repris dès la rentrée de janvier, exigeant un arbitrage de l’ARS (Agence régionale de santé) restée silencieuse sur le sujet, jusqu’à ce que soit finalement organisé le transfert des élèves à Vitry à partir du 12 février. Dès la fin février, de nouvelles analyses effectuées par un cabinet indépendant, le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment), s’avèrent rassurantes, confirmant le classement du flocage en niveau 1, et ‘ARS donne son feu vert, notant que les mesures d’empoussièrement  réalisées selon les normes réglementaires (avec simulation de l’occupation humaine) présentent des concentrations normalisées inférieures à 5 fibres d’amiante/Ld’air. Par précaution, 3 salles ( 8, 320 et 322) sont fermées et des mesures d’évaluation régulières sont imposées. Les professeurs, eux, décident d’exercer leur droit de retrait dans 14 salles qu’ils suspectent d’être polluées. A peine les cours repris, un morceau de flocage tombe du reste du plafond d’une de ces salles (la 102), qui se retrouve donc officiellement fermée. Ainsi s’achève l’année avec une bonne nouvelle fin mai, le déblocage de 12,5 millions d’euros pour construire des bâtiments modulaires au plus vite afin de permettre aux élèves de déménager définitivement, sur place, dès l’automne 2018, en attendant la reconstruction du lycée.

Alors, dangereux ou pas dangereux ? La missive du proviseur donne à penser qu’il y a eu un risque, contrairement à ce qui avait été laissé entendre précédemment. Furieux, plusieurs parents ont décidé d’aller en justice pour mettre les choses au clair.

« Je comprends leur inquiétude et leur colère et je soutiens leur intention d’aller en justice pour identifier les responsabilités« , réagit  le conseiller d’opposition PS de Villeneuve-le-Roi, Eric Chamault, dans un communiqué faisant état de la situation.  « Je m’interroge aussi, car si tout danger était écarté, pourquoi les autorités ont attendu aussi longtemps pour autoriser les lycéens à réintégrer l’établissement. Est-ce de l’incompétence ou de l’irresponsabilité ?« , questionne l’élu.

« Cette polémique sur l’amiante est aujourd’hui un non-événement, s’agace pour sa part le maire LR de la ville, Didier Gonzales. L’incident amiante en salle 320 s’est déroulé fin novembre. Depuis, toutes les analyses dans cette salle comme partout dans l’établissement ont confirmé qu’il n’y avait pas de fibres d’amiante dans l’air (experts techniques, ARS, CSTB…cf annexe ci-dessous). Le courrier de l’administration se borne simplement à rappeler les faits du mois de novembre. Dès lors quelle est la nouveauté ? Pourquoi ressortir une polémique si ce n’est par méconnaissance du dossier ou par tentative de manipulation ? », questionne l’élu.

Voir tout le dossier sur les péripéties au lycée Georges Brassens de Villeneuve-le-Roi

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