Société | Thiais | 14/02
Réagir Par

Les Apprentis d’Auteuil de Thiais accueillent 27 mineurs étrangers isolés

Les Apprentis d’Auteuil de Thiais accueillent 27 mineurs étrangers isolés © Fb

Depuis le mois de septembre, la maison d’enfant à caractère social (Mecs) du Sacré-Cœur, une structure des Apprentis d’Auteuil située à Thiais, accueille des   mineurs isolés étrangers jusqu’à leur majorité.

Ce nouveau dispositif, baptisé du prix Noel de la paix Malala Yousafzai, la jeune Pakistanaise qui milite pour l’éducation des jeunes filles et a réchappé d’un attentat contre sa personne en 2012, fait suite à une demande du département, confronté au nombre croissant de mineurs isolés étrangers. 27 jeunes vont ainsi être pris en charge jusqu’à leur majorité et un peu au-delà. Comme les autres jeunes de leur âge, ils camouflent leurs vulnérabilités en se serrant les coudes, en bande, et tentent de se donner un peu d’assurance en riant. Sadou, un garçon de 16 ans venu de Guinée Conakry à la suite de problèmes familiaux, décrit son parcours depuis qu’il est arrivé en France. « J’ai été pris en charge par l’association France Terre d’Asile qui m’a orienté vers un foyer, puis je suis arrivé à l’Accueil Collectif de Mineurs (ACM) du Kremlin-Bicêtre. Enfin, j’ai été accueilli ici à la Mecs. Je voudrais remercier ceux qui me l’ont permis. Cette année, je suis en classe de 3e au lycée Karl Marx de Villejuif  et j’espère pouvoir faire une alternance dans une entreprise d’électro-mécanique l’an prochain », se présente-t-il.

Une équipe de quatre éducateurs et d’un conseiller en insertion professionnelle s’occupent du suivi des jeunes depuis la plateforme d’accueil de jour située dans la Mecs, ou en se rendant au domicile des mineurs qui vivent par groupes de deux à quatre dans des appartements et studios situés sur les communes de Thiais, Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine et Choisy-le-Roi. « Chaque conseiller va s’occuper d’un axe de travail particulier. Je vais par exemple me consacrer à toutes les démarches administratives. Dans un premier temps, nous devons leur obtenir un passeport. Cela met plus ou moins de temps en fonction du pays natal. Le but n’est pas de faire complètement à leur place mais de les rendre autonomes en les impliquant. Mes autres collègues se consacrent au suivi médical, à l’insertion professionnelle, à l’apprentissage de la vie quotidienne. Ce sont des jeunes qui ont vécu en foyer mais ils ont besoin d’un accompagnement spécifique, ils ont des besoins très différents. D’où l’intérêt de ce dispositif où nous pouvons faire du cas par cas », motive Fouzia Level.

La présence au sein de la Mecs d’un lycée professionnel et de l’unité de formation par apprentissage Poullart des Places permet de faciliter la scolarisation de ces jeunes. Au lieu d’attendre les tests de positionnement de Français qui permettent après plusieurs mois d’affecter le mineur dans une classe, les jeunes du dispositif « Malala Yousafzai » peuvent être immédiatement accueillis dans cet établissement scolaire des Apprentis d’Auteuil.

Un dispositif créé en 4 mois

« Ce dispositif a été mis en place assez vite. En mai 2017, nous avons reçu un appel de la Direction de la Protection de l’Enfance et de la Jeunesse (DPEJ) du Val-de-Marne pour nous demander si nous pouvions créer un dispositif d’accueil de mineurs non accompagnés. Nous n’avons pas hésité longtemps et dès le mois de septembre, après des travaux, nous avons ouvert la plateforme d’accueil de jour et reçu les premiers jeunes.  Le but de ce dispositif est de faire émerger les qualités de ces jeunes pour qu’ils puissent ensuite mener des projets de vie », résume Stéphane Da, directeur de la Mecs Sacré-cœur.

« Nous sommes de plus en plus confrontés aux mineurs non accompagnés et cela nous conduit à développer une véritable réflexion sur leur prise en charge. Ce dispositif témoigne de notre capacité d’innover avec des budgets raisonnables pour permettre à ces jeunes d’aller vers l’autonomie. Ils ne seront pas complètement lâchés à leurs 18 ans puisque le Conseil départemental propose des contrats jeunes majeurs qui pourraient leur permettre d’être suivis jusqu’à 21 ans »,  souligne Isabelle Santiago, vice-présidente du Conseil départemental en charge de la protection de l’enfance et de l’adolescence.

Il s’agit pour la Mecs Sacré-Coeur de sa deuxième structure dédiée aux mineurs non accompagnés après la création en 2014, d’une unité d’hébergement collectif à Vitry accueillant quinze jeunes.

A lire aussi :

Treize jeunes étrangers isolés formés par l’Académie Mandar au Min de Rungis

A Ivry-sur-Seine, le Damié donne un nouveau départ aux jeunes étrangers isolés

Jeunes réfugiés : à Boissy, un centre pour se reconstruire

Merci de votre lecture !

Nous mettons nos articles en ligne gratuitement afin quʼils puissent être lus par tous mais lʼinformation a un coût.

Si cet article vous a intéressé, et si vous souhaitez quʼil y a en ait beaucoup dʼautres, vous pouvez contribuer à notre développement et notre indépendance, soit en vous abonnant, soit en faisant un don, même modeste et ponctuel.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *