Politique | Boissy-Saint-Léger | 01/03
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Ecoles, Poste, département: les citoyens interpellent Benjamin Griveaux

Ecoles, Poste, département:  les citoyens interpellent Benjamin Griveaux © Fb
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Exercice démocratique d'un nouveau genre ce mercredi soir. Après Tours, Lyon et Toulouse, c'est dans la salle de la Ferme de Boissy-Saint-Léger que le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, avait choisi de porter ses pas pour rendre des comptes aux citoyens. Près de 150 personnes étaient au rendez-vous, principalement venues du Val-de-Marne, qui n'ont pas manqué de réclamer des explications au secrétaire d'Etat sur la politique menée depuis 9 mois par l'exécutif.

« Je ne vais pas chercher à vous convaincre, chacun se fait sa propre conviction, mais seulement tâcher de vous donner des explications. Nous ne sommes pas à Question pour un Champion, vous arriverez à me coller, donc ne prenez pas de sujets trop locaux, d’autant que vous me mettriez mal à l’aise devant les élus locaux ici présent qui maîtrisent bien mieux ces dossiers », entame Benjamin Griveaux pour détendre l’atmosphère et fixer d’entrée de jeu les règles de ces « Rencontres du porte-parole ». Durant ces deux heures de tête-à-tête, ce-sont toutefois des préoccupations directement liées à leur territoire que les habitants exposeront.

Deux enseignants évoquent d’abord la carte scolaire en Val-de-Marne, estimant les écoles fragilisées au profit de la réduction du nombre d’élèves par classe dans les établissements en éducation prioritaire. « Nous n’avons pas une vision comptable de l’école. Il est faux de dire qu’il y a un vase communiquant entre le dédoublement des classes de CP et CE1 en Rep et Rep + au détriment des autres écoles. Nous assumons par ailleurs qu’il faille donner plus dans les quartiers les plus difficiles, pour éviter les 120 000 décrocheurs scolaires chaque année », répond, rodé sur la question, Benjamin Griveaux, qui se verra remettre par l’un des profs un courrier à l’attention du ministre de l’Éducation nationale à la fin de la rencontre.

Un habitant de Boissy fait pour sa part état de la situation des bureaux de Poste dans la ville, alors que celui de l’Orangerie est sur la sellette depuis des mois, et s’enquiert  de la mise en place d’une solution provisoire pendant les travaux du bureau central qui doivent durer 2 mois. « Les sujets liés aux bureaux de Poste sont très locaux. Je connais mal la topographie de Boissy mais je comprends votre inquiétude. Je ne pourrais pas vous dire s’ils vont fermer. En revanche, la Poste est en train d’évoluer parce qu’elle a été frappée de plein fouet par la transformation numérique. Alors peut être qu’à l’avenir, sa présence se matérialisera moins par des bâtiments en dur que par d’autres outils comme les applications. Cette transformation de la Poste ne se fera pas au détriment du service rendu aux administrés », renvoie le secrétaire d’Etat.

Un Canavérois met sur le tapis la question des conseils départementaux, dont la disparition ou le maintien en petite couronne fait l’objet d’un intense suspense. « Après avoir été vice-président de Conseil général [de Saône-et-Loire], je ne me suis pas représenté parce que j’ai constaté que les intercommunalités ou la région pouvaient très bien assurer nos compétences. Ce n’est pas parce que c’était possible dans mon département que ce sera le cas ailleurs. Il y a des territoires spécifiques où les départements ont développé une expertise, ceux-là restent nécessaires. Il faut prendre exemple sur ce qui a été fait à Lyon où ville et métropole ont remplacé le département et se sont distribuées les compétences en fonction des besoins des habitants », tranche le porte-parole.

D’autres habitants encore, font part de leurs mécontentement sur l’utilisation des ordonnances pour réformer la SNCF, la diminution des contrats aidés, les gardes d’enfant ou la prise en charge des sans abris. Certains témoignent au contraire de leur reconnaissance pour les mesures ayant amélioré le pouvoir d’achat des ménages. Une infirmière évoque le malaise dans la fonction publique hospitalière. « Il faut une profonde réorganisation du système de prise en charge des malades en France construit autour des hôpitaux. Il faut les désengorger et prendre en compte le vieillissement de la population et les problèmes de santé qui vont avec. Nous souhaitons faire quelque chose pour le pouvoir d’achat et la formation tout au long de la vie des fonctionnaires, mais il faut nous laisser un peu de temps. Nous ne sommes là que depuis 9 mois », communique sans trop se risquer Benjamin Griveaux.

Quelques élus du département se sont déplacés, à commencer, c’est la moindre des choses, par les élus En Marche locaux comme le député LREM de la circonscription Laurent Saint-Martin, à l’initiative de la venue du secrétaire d’État, ou la députée Modem Maud Petit, mais aussi des opposants comme la sénatrice PS Sophie Taillé-Polian. Conseil départemental sympathisant d’En Marche au moment des présidentielles, Daniel Guérin est aussi de la partie, tout comme l’hôte des lieux, le maire PS de la ville, Régis Charbonnier. Ce dernier,  après avoir adressé un salut républicain et loué cet exercice démocratique,  demande à Benjamin Griveaux, si le gouvernement ne pourrait pas créer un bonus pour encourager les villes aux faibles revenus faisant des efforts pour contenir leurs dépenses.

De nouvelles rencontres dans des villes moyennes

A quoi sert cet exercice ? Essentiellement de thermomètre. « Ces entretiens permettent de donner des notes d’ambiance. Si je perçois que quelque chose a été mal compris ou n’est pas adéquat, j’en parle directement avec le ministre concerné et ses équipes pour pouvoir rectifier », explique le porte-parole du gouvernement. Après plusieurs séances dans des métropoles régionales, le secrétaire d’Etat souhaite se rendre dans des villes de taille plus modeste pour aller à la rencontre de toutes les populations, d’où ce stop à Boissy.

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