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Education | Val de Marne | 01/02/2018
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Carte scolaire 2018 en Val-de-Marne: la directrice académique s’explique

Carte scolaire 2018 en Val-de-Marne: la directrice académique s’explique
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Alors que les premières mesures de postes concernant la carte scolaire 2018 en Val-de-Marne suscitent des tensions, la directrice académique des services départementaux de l’Education nationale (Dasen), Guylène Mouquet-Burtin, donnait ce jeudi matin une conférence de presse pour motiver les choix de ce premier tableau. L’occasion d’aborder les différents points de crispation.

176 postes supplémentaires pour 57 élèves de plus

Avant d’entrer dans le détail des chiffres val-de-marnais, la Dasen a rappelé les objectifs nationaux : la priorité à l’enseignement primaire, en élémentaire et maternelle. La mesure phare, le dédoublement des CP et CE1 dans les écoles en réseau d’éducation prioritaire. Dans le Val-de-Marne, elle a commencé à être déployée à la rentrée 2017 dans les CP des REP + (réseaux très prioritaires) et se poursuivra à la rentrée 2018 par tous les CP de REP et les CE1 des REP +. A partir de la rentrée 2019, le dédoublement concernera tous les CP et CE1 de REP.  « Au niveau national, 3881 postes supplémentaires ont été affectés alors qu’il y a cette année 32 657 élèves de moins », pointe la Dasen. Au sein de l’Académie de Créteil, qui couvre les trois départements de Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne, 682 postes ont été affectés pour 480 élèves de plus. Et dans le département du Val-de-Marne, 176 postes ont été affectés en plus pour seulement 57 élèves supplémentaires. « C’est énorme! souligne la Dasen. Cela nous permet de déployer le dispositif 100% réussite, qui vise à l’amélioration des apprentissages et à la réduction des inégalités sociales et scolaires, sans dégrader le reste. Nous avons également renforcé les effectifs de remplacement et les moyens dédiés à la formation, recruté des psychologues, ouvert des classes Ulis (ndlr, Unité localisée pour l’inclusion scolaire dédiée à des élèves présentant des troubles compliquant l’apprentissage). » Au total, environ 55 000 élèves sont attendus en maternelle (-125 par rapport à 2017) à la rentrée 2018 en Val-de-Marne,  82 000 en élémentaire (+168) et 900 en Ulis (+14), Ces chiffres ne comptent pas les écoles privées.

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Et : Colère des enseignants du Val-de-Marne contre les suppressions de classes

Pourquoi 60 postes de moins en maternelle ?

Dans le détail, les premières mesures de classe témoignent de 124 classes de plus en élémentaire, qui s’expliquent en partie par le déploiement du dédoublement des classes de CP-CE1 en REP, mais aussi de 60 classes de moins en maternelle, ce qui peut donner l’impression désagréable d’un jeu de vases communicants. Là-dessus, la Dasen explique qu’il y a environ 125 enfants de moins qui devraient rentrer en maternelle l’année prochaine. Certes, si l’on divise 125 par 30, on reste très loin de 60 classes, mais ces enfants en moins sont répartis sur l’ensemble du département et jouent sur les effets de seuil d’ouvertures et de fermetures de classe. « Les effectifs en maternelle sont toutefois ceux qui évoluent le plus car nous avons moins de visibilité sur les plus petits », prévient la Dasen.

A lire aussi : CP dédoublés à la rentrée 2017: le point en Val-de-Marne

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Pourquoi les PDMQC ont-ils été supprimés ?

Sur la question des PDMQC (Plus de maîtres que de classes), dispositif d’enseignants supplémentaires dans les écoles de REP, mis en place durant le quinquennat de François Hollande,  qui concernaient 82 enseignants il y a deux ans et 55 à la rentrée 2017, la directrice académique explique l’effet doublon avec le dédoublement en CP-CE1 de REP. « Seuls 7 enseignants PDMQC étaient basés dans des écoles non situées en REP mais dont les caractéristiques s’en rapprochaient et sur lesquelles nous souhaitions donc porter une attention particulière. Nous avons conservé ces 7 postes de PDMQC.« 

Pourquoi avoir augmenté les seuils pour les décharges de direction ?

Autre point de crispation dans la carte scolaire 2018 pressentie, la perte de décharge de direction (le directeur ou la directrice d’école est libérée de tenir une classe pour pouvoir s’occuper des affaires générales et de l’animation de l’équipe) totales ou partielles dans une centaine d’écoles hors REP. Des suppressions de décharge qui découlent de changements de seuils. Concrètement, la décharge complète en élémentaire passe ainsi de 12 à 14 classes, la demi-décharge de 8-11 classes à 10-13 classes. « Il s’agit de l’application du cadre national réglementaire, issu d’un texte de 2014 et que nous devons respecter. Nous avons toutefois décidé de ne pas reprendre de décharge dans les grosses écoles cette année« , indique la Dasen qui indique par ailleurs qu’une réflexion est engagée sur l’allègement des tâches administratives des directions.

Rééquilibrage géographique des remplaçants et hausse des effectifs

Alors que deux brigades différentes de remplacement des enseignants existaient, l’une pour les remplacements de courte durée, l’autres pour les absences plus longues, les deux brigades ont été fusionnées, ce qui inquiète des syndicats enseignants. « Il s’agit de l’application du décret du 9 mai 2017. Cette nouvelle organisation va nous permettre de couvrir plus équitablement le territoire en fonction des besoins.  Une étude menée sur trois ans nous a en effet montré qu’il y avait davantage de remplaçants dans l’est et le nord-est du département, alors qu’il y a plus de besoins à l’ouest. Dans la nouvelle organisation, les remplaçants ne seront plus affectés par circonscription scolaire (ndlr, il y a 26 circonscriptions scolaires dans le département) mais dans 5 zones géographiques, de manière à être mieux répartis sur le territoire« , détaille Guylène Mouquet-Burtin. En termes d’effectifs, le département gagne 30 remplaçants supplémentaires, contre une quinzaine l’an dernier, ainsi que 20 autres postes dédiés au remplacement des professeurs partis en formation. « Nous souhaitons augmenter le potentiel de formation, à la fois sur l’accompagnement des dédoublement CP-CE1 mais aussi sur l’apprentissage des mathématiques, de la maîtrise du langage ou encore de l’encadrement des élèves à besoins éducatifs particuliers (élèves porteurs de handicap ou présentant des troubles du comportement notamment) », motive la Dasen. Au total, le département compte un peu plus de 600 remplaçants.

Quid des psy et des Rased ?

4 postes de psy supplémentaires sont annoncés pour la rentrée 2018. Pour l’heure, le Val-de-Marne compte 72 psy en primaire. « Et nous avions déjà fait partir en formation 8 psy l’an dernier », note la Dasen qui précise également qu’aucun poste de maître E ou G n’est supprimé. Les psy, maîtres E et G (professeurs spécialisés auprès des enfants qui ont des difficultés pour aborder les apprentissages) sont en effet les 3 postes qui permettent de constituer les Rased (Réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté) dans les écoles. Ces équipes interviennent auprès des élève en très grande difficulté et pour qui l’accompagnement personnalisé de l’enseignant ne constitue pas la réponse appropriée. Leurs effectifs ont fortement diminué il y a quelques années, après l’instauration initiale de la semaine de 4 jours et la mise en place de l’accompagnement personnalisé. « Le problème est qu’un certain nombre de postes sont ouverts mais non pourvus« , souligne la Dasen. Précisément, 11 postes ne sont pas pourvus à l’heure actuelle dans le département.

Quel dialogue instaurer autour de la carte scolaire ?

Chaque année, le scénario identique se reproduit. Les annonces de carte scolaire suscitent la colère et génèrent une succession de manifestations, occupations d’écoles, pétitions pour protester, jusqu’à ce que la carte évolue et que des ouvertures soient annoncées.  « Pour élaborer le diagnostic conduisant à la préparation de la carte scolaire, nous consultons les inspecteurs de circonscription, les maires, les parents d’élèves, les représentants du personnel. Le CTSD (Comité Technique Spécial Départemental, qui réunit la direction académique et des représentants du personnel) constitue une instance démocratique pour échanger et je regrette que plusieurs syndicats n’aient pas voulu y siéger. Ils se privent d’un dialogue et d’une évolution possible de cette carte scolaire car tous les ans, nous prenons en compte leurs remarques. Nous ne travaillons pas de manière figée et ne refusons pas le dialogue. Les  ouvertures ou fermetures conditionnelles nous permettent justement d’ajuster cette carte scolaire. L’an dernier, nous avons reçu 180 délégations en audience, et si nous avons réajusté la carte scolaire, ce n’est pas en raison des actions plus ou moins spectaculaires des uns et des autres mais des éléments complémentaires qui nous ont été apportés lors de ces réunions et que nous avons étudiés. Hier, nous avons du reste reçu la délégation de l’école Grévy d’Alfortville« , insiste Guylène Mouquet-Burtin. Dans notre département, la population est très mobile. L’an dernier, nous avions prévu 748 élèves de plus et nous n’en avons eu que 350 supplémentaires« , ajoute la Dasen.

Après un nouveau  CTSD le 9 février, qui devrait à nouveau être boycotté par les syndicats mais pourra désormais se tenir sans quorum, c’est le CDEN (Conseil départemental de l’Education nationale) du 12 février qui devrait acter la première mouture de la carte scolaire ainsi que les rythmes scolaires. A cette date, 45 villes ont opté pour un retour à 4 jours. Seules Maisons-Alfort et Vincennes resteront à 4,5 jours à la rentrée 2018.

 

 

 

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