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Police | Chennevières-sur-Marne | 21/11/2018
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A Chennevières-sur-Marne, un policier agressé devant chez lui témoigne

A Chennevières-sur-Marne, un policier agressé devant chez lui témoigne
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Victime d’une agression ce week-end devant son domicile de Chennevières-sur-Marne, Franck*, policier depuis 17 ans, a voulu témoigner.

Samedi matin, Franck rentre chez lui à Chennevières-sur-Marne, raccompagné par un groupe d’amis avec qui il a passé la soirée. Pendant qu’ils discutent devant le domicile de ce brigadier-chef exerçant dans la police depuis 17 ans, deux jeunes hommes s’approchent de sa résidence où des cambriolages ont récemment été perpétrés. Le policier va à leur rencontre. « Je suis un manouche, j’ai un 9 millimètres et tu ne me fais pas peur ! », lui répond l’un des jeunes hommes, qui ne semble pas dans un état normal selon le policier qui indique avoir tenté de calmer le jeu « Il n’y a pas de problème. Je suis policier ». En réponse, il est frappé violemment au visage avec une bouteille vide de whisky et perd connaissance. Après l’intervention des pompiers, il est envoyé à l’hôpital Paul d’Egine à Champigny. Le médecin-urgentiste lui pose des points de suture au nez et au front.

« Je suis encore choqué par mon agression, j’aurais pu perdre l’œil. Le docteur a diagnostiqué une fracture des os propres du nez avec déviation de la cloison nasale. Pourtant, le médecin de l’unité médico-judiciaire du centre hospitalier où je me suis rendu ensuite n’a pas notifié la fracture et n’a prescrit que 7 jours d’interruption temporaire de travail », déplore le policier qui a déposé un recours auprès du Conseil de l’Ordre des médecins.

Le jeune agresseur âgé de 25 ans a été appréhendé par l’une des amies de Franck. Alcoolisé et sous stupéfiant au moment de l’agression, il a reconnu les faits. Après son déferrement, il a été placé sous contrôle judiciaire jusqu’à sa convocation devant le tribunal correctionnel le 11 février prochain. Il est poursuivi pour violence ayant entraîné une incapacité de travail inférieure à 8 jours avec arme, avec comme circonstance aggravante son état d’ivresse et sa cible, une personne dépositaire de l’autorité publique. Le jeune agresseur est également poursuivi pour menace de mort sur personne dépositaire de l’autorité publique. « J’essaie de comprendre ce qui est arrivé. Je crois que ce petit jeune a malheureusement pété les plombs », concède le brigadier-chef.

Pour Franck, cette agression s’inscrit dans un contexte tendu où de plus en plus de ses collègues sont victimes de violences au travail comme hors service. « C’est une période très sensible où les agressions, notamment à l’encontre des policiers, sont fréquentes. Il ne faut pas que cela se banalise », explique le policier. Décidé à partager ce qu’il a vécu, il s’épanche alors sur une page Facebook dédiée notamment aux témoignages de policiers, mais se sent alors instrumentalisé, en retrouvant le rapport d’incident adressé par le brigadier-chef  publié tel quel, révélant son identité, et un titre déformant la réalité : « La préfecture de police qui tente de cacher une affaire ! Si rien n’est fait, la prochaine fois, ce sera vous ! N’attendez rien des politiques ni des syndicats ! Collègues réveillez-vous ! Le 17 Nov : une occasion en or pour remettre le système à plat ! » Indigné, le gardien de la paix regrette. « Jamais je ne me serais permis de critiquer la préfecture de Police. Je n’ai absolument rien à leur reprocher, au contraire. Je suis un policier épanoui et estimé par ma hiérarchie ».

* prénom changé.

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