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Société | Ivry-sur-Seine | 18/05
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Claude Mangin-Asfari cesse sa grève de la faim au 30ème jour

Après 30 jours de jeûne complet pour obtenir le droit de visiter son mari, militant sahraoui emprisonné au Maroc, Claude Mangin-Asfari a annoncé ce jeudi 17 mai mettre un terme à sa grève de la faim lors d’une conférence de presse chargée d’émotion.

«Confiante en la parole de la représentation nationale et en celle de notre gouvernement, je déclare en ce jour du jeudi 17 mai 2018 que je suspends ma grève de la faim», a annoncé Claude Mangin, au soulagement général de son entourage, après un appel de Romain Marchand, premier adjoint à la mairie d’Ivry-sur-Seine à l’arrêt du jeûne. Parmi ses proches, certains sont en larmes alors que cette grève de la faim menée strictement entrait dans sa phase critique.

«J’ai perdu 7 kilos, je n’avais jamais fait ce poids depuis mes douze ans! Moralement tout va bien, même si j’ai été très entourée pendant 30 jours et que je vais me retrouver seule demain après avoir quitté la mairie, j’ai vraiment vécu une expérience vitale. Je vais me reposer, je dois réapprendre à manger doucement», a confié l’enseignante de 62 ans.

Depuis le début de son jeûne, les choses ont un peu bougé. Les personnalités qui se sont relayées au chevet de l’épouse du prisonnier et les appels lancés à l’Elysée pour réagir ont fait remonter le dossier dans la pile. Les lettres et demandes adressées au roi du Maroc via son ambassade sont en revanche restées sans suite. Ce mardi, à l’Assemblée nationale, le député PCF Jean-Paul Lecocq avait appelé solennellement Claude Mangin à cesser sa grève de la faim et adressé une demande au Premier ministre de réagir, indiquant que cela était désormais du ressort du président de la République de s’adresser directement au roi du Maroc. Dans sa réponse, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a rappelé le suivi étroit de l’affaire par les autorités françaises, que des démarches avaient été effectuées à plusieurs reprises pour sensibiliser les autorités marocaines, et que compte tenu du caractère humanitaire et de l’urgence de la demande, le gouvernement avait renouvelé ses démarches et que lui-même était intervenu plusieurs fois officiellement et personnellement, assurant mener une « veille très émotionnelle » sur la question. Le ministre a également indiqué qu’un nouveau délégué de l’Onu était en charge de la question du Sahara occidental. Reste à savoir si le président de la République relaiera lui-même la demande au chef de l’Etat marocain.  Voir la vidéo de la question-réponse sur le site de l’Assemblée nationale.

Pour rappel, Naâma Asfari est incarcéré à Aarjat, près de Rabat et a été condamné à 30 ans de prison après un procès sommaire. Il avait été arrêté en novembre 2010 à Gdeim Izik à la veille du démantèlement manu-militari d’un campement de 20 000 sahraouis venus protester contre les discriminations et réclamer l’autodétermination. Accusé de meurtre bien qu’ayant été arrêté à la veille de l’affrontement, il indiquait alors avoir été torturé. Depuis 2016, son épouse, Claude Mangin, n’a pu lui rendre visite, et c’est suite à une nouvelle expulsion du territoire marocain en avril dernier, alors qu’elle tentait à nouveau d’aller voir son mari, que l’enseignante avait décidé d’entamer une grève de la faim.

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