Education | Val de Marne | 25/01
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Colère des enseignants du Val-de-Marne contre les suppressions de classes

Réunis ce mercredi à la maison des syndicats à l’appel de Snudi-FO, CGT Educ’action, SNUipp-FSU et Sud Éducation, 250 enseignants du Val-de-Marne ont voté à l’unanimité un appel à la grève le 9 février pour protester contre le projet de carte scolaire 2018.

Pour rappel, la carte scolaire définit le nombre de classes et de postes d’enseignants par école du département. Bien que 176 postes supplémentaires aient été prévus pour la rentrée 2018 dans le département, contre 160 l’année dernière, les enseignants s’inquiètent des conséquences des dédoublement dans les CP et CE1 des réseaux d’éducation prioritaires, sur le nombre de classes. Car la carte scolaire annoncée fait d’ores et déjà état de 180 fermetures de classes (dont 110 fermes et le reste conditionnelles). Certes, l’Education nationale affiche en face 244 ouvertures dont 209 fermes, mais cela comprend le dédoublement des classes de CP et CE1 en REP, ce qui fait gonfler les chiffres. En réalité, ce chiffre ne recouvrerait qu’une quarantaine d’ouvertures réelles, selon les calculs des syndicats, soit un différentiel ouverture/fermeture très important pour les autres classes ou les CP/CE1 qui ne sont pas en REP.

Les fermetures de classe compensent le dédoublement des CP-CE1

« Ce n’est pas un projet de carte scolaire, c’est une saignée ! Ce projet implique la fermeture de 180 classes, c’est du jamais vu dans le département. La Dasen applique une feuille de route du ministère qui demande de récupérer le plus de moyens possibles pour pouvoir réaliser les annonces du gouvernement notamment sur le 100% de réussite au CP et CE1. Nous sommes pour des classes plus allégées mais pas seulement sur un niveau au détriment des autres », regrette Luc Bénizeau représentant du Snudi-Fo.

Les écoles maternelles sont particulièrement impactées avec 110 fermetures de classes annoncées, un tiers des établissements du Val-de-Marne devraient en perdre une. « Comme le seuil de création des classes est plus élevé qu’en élémentaire, les classes de maternelle offrent plus de marge de manœuvre. Problème, des enseignants se retrouvent parfois, en cas d’absence d’un collègue, à gérer 35 élèves. De plus, en restreignant les classes, cela implique de limiter la scolarisation des enfants dès 2 ans alors qu’elle est propice à la réussite scolaire en particulier en zone REP et REP+ », déplore Ana Macedo, représentante de la CGT Educ’Action.

Perte de décharge des directions d’école

Si le dédoublement des CP-CE1 est comptabilisé par l’Education nationale comme des ouvertures de classe, il ne l’est en revanche pas pour évaluer les décharges des directions. Surtout, le nombre de classes pour obtenir une décharge augmente. De quoi achever de mettre en colère les enseignants qui estiment que 80 à 100 directeurs d’école hors zone REP et REP+ devraient perdre leur décharge totale ou partielle. « Jusqu’à présent, les enseignants qui dirigeaient une école de 12 à 13 classes bénéficiaient de 100% de décharge pour se consacrer à la direction de l’établissement, il est prévu de la réduire de moitié. Et les demi-décharges des directeurs d’écoles de 8 à 9 classes n’en bénéficieront plus », indique Thierry Guintrand, représentant SNUipp-FSU.

Remplacements sur la sellette

Les enseignants s’opposent également à la suppression de la totalité des postes de ZIL (Zone d’Intervention Limitée). Ces enseignants sont sollicités pour effectuer des remplacements au pied levé, dans le quart d’heure, pour des périodes pouvant aller d’un jour à deux semaines. Ils sont affectés sur l’une des 23 circonscriptions que compte le département. « Ils souhaitent nous transformer en BD, les brigades. Ces enseignants, répartis en 5 zones sur le département s’occupent des remplacements de longue durée. Les territoires étant beaucoup plus grand, nous n’aurons ni la connaissance du terrain, ni la réactivité pour intervenir à temps. L’Éducation Nationale renonce au remplacement des absences au primaire », déclare Eric, un ZIL venu témoigner.

Fin des groupes de travail

Enfin, les syndicats critiquent le projet de suppression des groupes de travail pour l’ajustement des affectations des jeunes enseignants. « C’est une spécificité du Val-de-Marne. Les représentants des enseignants pouvaient jusqu’à présent donner leur avis lors de la phase d’ajustement du mouvement. Si nous ne sommes plus invités à participer à cette étape, des enseignants seront affectés dans des établissements en dépit de connaître des informations sur leur personnalité ou des aspects de vie pratique comme savoir s’ils sont véhiculés. La conséquence pourrait être des arrêts maladie quelques semaine après leur affectation », rajoute Luc Bénizeau.

Grève le 9 février

L’assemblée de près de 250 enseignants a voté à l’unanimité le rejet de la carte scolaire 2018 et demande à ce que ses revendications soient entendues par le rectorat. Les représentants syndicaux indiquent qu’ils ne siégeront pas lors du prochain comité technique départemental et feront grève le 9 février. Contacté, la Direction académique n’a pas souhaité communiquer sur les chiffres énoncés par les organisations syndicales mais s’es étonnée que les enseignants « refusent de prendre part au prochain comité technique qui est une instance où nous pouvons dialoguer et échanger. »

 

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