Education | Val de Marne | 10/12/2018
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Comment les professeurs joignent la mobilisation lycéenne en Val-de-Marne

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Mobilisés pour certains auprès des élèves qui organisent les blocus pour éviter les débordements, les professeurs, qui avaient déjà manifesté leur hostilité à la réforme du bac, aux suppressions de postes et à Parcoursup, rejoignent le mouvement avec une journée d'action ce vendredi. A Champigny-sur-Marne, certains sont en grève dès ce lundi. A Vitry-sur-Seine, on menace de débrayer ce mardi.

A Champigny-sur-Marne, un collectif d’enseignants de Louise Michel et à Langevin-Wallon, dont des délégués Sud Education et Snes Fsu ont décidé de se mettre en grève dès ce lundi par solidarité avec les élèves. « Hier (ndlr, jeudi), des milliers de jeunes ont manifesté à Champigny et dans toute la France contre la réforme du bac, Parcoursup et la sélection qu’il impose pour accéder à l’enseignement supérieur et contre la casse de l’enseignement professionnel. Résultat : plus de 700 interpellations, soit près du double de celles qui ont eu lieu à Paris samedi dernier. Des élèves blessés, gazés, massés, alignés à genoux les mains sur la tête. A Champigny, les blocages d’établissements, à Louise Michel et à Langevin-Wallon ont également donné lieu à des confrontations violentes avec les forces de l’ordre. Cette répression est inacceptable et ne réglera rien. Elle ne fait qu’attiser les tensions et interdit aux jeunes l’expression de leurs revendications légitimes. Depuis des mois, le pouvoir s’attaque à l’égalité des chances par l’éducation, en restreignant les choix des jeunes, en leur interdisant un accès de droit au supérieur, en dégradant leurs conditions d’apprentissage et en ajoutant à la violence sociale que subissent les plus pauvres d’entre eux une violence de l’institution qui barre leur avenir. Dans le même temps, le ministre de l’Education nationale annonce la suppression de 3000 postes dans le secondaire, et s’attaque au diplôme du baccalauréat dont la valeur dépendra désormais largement de l’établissement où on le passera (contrôle continu). Si nous condamnons les atteintes aux biens et aux personnes qui sont commises à l’occasion des rassemblements lycéens, nous dénonçons d’abord avec la plus grande énergie la répression brutale dont ils font l’objet.  Nous soutenons les revendications des lycéens qui sont aussi les nôtres. En conséquence de quoi les enseignants des lycées Langevin-Wallon et Louise Michel de Champigny-sur-Marne ont décidé de se mettre en grève à partir de lundi prochain et appellent les autres établissements de la ville à les rejoindre« , motivent les professeurs campinois. « Jeudi matin, j’ai vu deux élèves de Langevin Wallon blessés par flashball », motive un professeur du lycée, tablant sur une trentaine de professeurs mobilisés. Une AG doit se tenir ce lundi midi.

Débrayage pour incarner le poste d’infirmière à Vitry-sur-Seine

A Vitry-sur-Seine, les professeurs du lycée Jean Macé prévoient un débrayage ce mardi, après avoir envoyé un courrier ultimatum au rectorat pour réclamer de combler le poste d’infirmière vacant. Le lycée, qui propose de l’enseignement technique avec des outils susceptibles de blesser, doit officiellement disposer de 2,5 postes et n’en a en réalité qu’un seul.

Journée d’action commune le vendredi 14 décembre

Au-delà, une mobilisation intersyndicale est en cours de préparation pour un appel à la grève commun ce vendredi 14 décembre 2018 avec une manifestation au rectorat de Créteil dès 9h30, avec des revendications identiques à celles des lycéens, portant à la fois sur Parcoursup, la réforme du bac ou encore les suppressions de postes dans le secondaire.

Faire front commun pour éviter la division

A Créteil, les enseignants des différents lycées de la ville se sont constitués en collectif dès jeudi dernier, au-delà des syndicats d’appartenance des professeurs, certains d’entre eux n’étant du reste affilié à aucune organisation, pour accompagner les lycéens dans leur mobilisation. Voir article à ce sujet. En dehors de cette convergence avec l’action lycéenne, l’enjeu de ce collectif sur une ville est d’opposer un front commun aux arbitrages des options par lycée induit par la réforme du bac. « Il y a un enjeu sur les options qui seront disponibles dans chaque lycée, et donc également un enjeu sur les postes », indique une professeure. A Jean Macé Vitry-sur-Seine, les professeurs prévoient aussi de rencontrer leurs collègues d’Aldophe Chérioux mais aussi de Darius Milhad au Kremlin-Bicêtre et de Romain Rolland à Ivry-sur-Seine, pour anticiper la mise en bassin des lycées dans l’organisation des options.

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Le point sur le mouvement lycéen en Val-de-Marne

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