Initiative | Créteil | 08/06
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Deux journalistes pakistanais réfugiés ont témoigné auprès des lycéens de Gutenberg

Ce mardi 5 juin, pas une mouche ne volait dans la salle quand Taha Siddiqui et Sara Farid, un couple de journalistes pakistanais réfugiés en France ont raconté leur histoire aux élèves de seconde et première du lycée Gutenberg, à Créteil.

Menaces de viol pour Sara, et tentative d’enlèvement à mains armées à laquelle Taha Siddiqui a échappé en se propulsant de la voiture en marche de ses agresseurs, début 2018…  Voilà qui a motivé l’exil des deux journalistes. Face aux lycéens, ils racontent, témoignent, et expliquent, détaillant la situation géopolitique et sociale au Pakistan, la militarisation du pouvoir, la stigmatisation des minorités et l’impossible liberté d’expression au pays de Malala Yousafzai, la jeune Nobel de la Paix qui a réchappé d’un attentant en 2012. Leur vocation est pourtant restée intacte. Pour Sara, qui travaille notamment sur la place des femmes et des minorités dans le pays, les reportages photo sont une manière de « faire entendre la voix de ceux qu’on ne laisse pas s’exprimer« .  Les deux passionnés ne souhaitent qu’une chose: pouvoir retourner travailler au pays. pour «tenter de changer les choses à leur échelle».

En attendant, ils racontent aussi la difficulté d’obtenir l’asile politique. «Si nous, qui avons tous les papiers et des contacts à Paris, rencontrons des obstacles pour obtenir l’asile politique, imaginez la difficulté de la procédure pour les migrants syriens qui n’ont parfois aucune preuve de leur situation», s’inquiète Taha.

Depuis Paris, le journaliste continue aussi d’agir en faveur de la liberté d’expression au Pakistan, et ce mardi, il a présenté aux élèves son nouveau site web, safenewsrooms.org. L’objectif de ce portail:  permettre aux journalistes de l’Asie du Sud Est de s’exprimer en toute liberté et de dépeindre la réalité des situations dans leurs pays respectifs malgré la censure. « Le site a malheureusement été interdit au Pakistan quatorze jours seulement après sa sortie », déplore Taha qui cherche actuellement un moyen de contourner cette interdiction.

Les questions pleuvent, notamment sur le parcours du couple. Les élèves veulent des nouvelles de leur fils de cinq ans dont ils avaient lu une lettre qui racontait son déracinement à la suite de son exil. Au total, deux groupes de Littérature et Société en seconde et une classe de première se sont réunis pour écouter les deux journalistes, traduits de l’anglais par Jason, élève de première, et la professeure d’Anglais Mme Mandel. «Je venais de terminer mon chapitre sur Big Brother et la dictature,  j’ai pensé que ce serait une façon idéale de terminer l’année avec ma 1ère ES »,  motive l’enseignante.

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