Société | Santeny | 07/06
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Le difficile reclassement d’un prêtre pédophile

Une famille accuse le diocèse de Créteil de fermer les yeux sur un prêtre auquel ils reprochent un geste inapproprié sur leur enfant. Le père Richard a déjà été condamné à deux reprises pour agression sexuelle sur mineur. Les instances diocésaines assurent avoir consulté le parquet et considèrent que ce signalement n’est pas fondé.

Depuis son arrivée dans le Val-de-Marne, le père Richard essaie de ne pas faire trop parler de lui. En 2013, le tribunal correctionnel de Cherbourg l’a condamné à 8 mois de prison dont 4 fermes pour agression sexuelle sur deux enfants. Il avait déjà été jugé dix ans plus tôt pour des faits similaires. Depuis, il est interdit à cet homme aujourd’hui âgé de 60 ans d’être en contact avec des mineurs. L’évêque de Coutances lui a également défendu d’officier dans son diocèse et a demandé à son homologue de Créteil de bien vouloir « accueillir » le prêtre.

Evêque de Créteil, Michel Santier le nomme alors aumônier de l’hôpital gériatrique Emile Roux à Limeil-Brévannes. Un ministère limitant le contact avec la jeunesse… Le prêtre officie pendant plusieurs mois sans éveiller de soupçons. Bien au contraire, certaines de ses ouailles sont conquises. S’ensuit alors ce que le diocèse qualifie de malheureux concours de circonstances qui débute en avril 2016. « A la suite d’un pèlerinage à Lourdes, une retraitante l’a invité à venir dans sa famille où un jeune garçon se préparait à faire sa communion. Ils se sont isolés et entretenus puis il l’a étreint comme nombre de prêtres le font à l’issue de la confession. Alertés par le jeune, les parents cherchent sur Internet, découvrent ses antécédents judiciaires et nous préviennent », détaille le diocèse. L’évêque en aurait alors informé la procureure de la République qui lui aurait expliqué qu’il n’y avait pas matière à poursuivre. Michel Santier a ensuite recadré le prêtre afin qu’il évite à l’avenir de se retrouver en pareille posture. Pour rappel en effet, il est strictement interdit à ce dernier d’être en contact avec des mineurs. Accepter de se rendre au domicile d’un jeune communiant constitue donc une enfreinte directe à cette interdiction, à laquelle le père Richard n’a pas su résister.

La situation se serait peut-être calmée si le prêtre n’était pas apparu une nouvelle fois dans la vie de cette famille il y a quelques semaines. « Un confrère de Santeny devait s’absenter alors qu’il devait célébrer une messe pour un défunt. Le père Richard l’a remplacé et s’est retrouvé face à cette même famille qui l’a très mal pris. Ils ont eu le sentiment que le diocèse s’était moqué d’eux ».  Pour mettre les choses au clair, l’évêque a adressé une lettre à tous les prêtre du diocèse pour leur expliquer ce qu’il s’était passé, révélant les faits et indiquant vouloir laisser opérer la justice et encourager plus généralement les victimes à s’exprimer.

Deux personnes ont contacté la cellule d’écoute initiée il y a deux ans

Le diocèse à lancé en 2016 une cellule d’écoute pour les victimes d’abus sexuels. En janvier dernier, lors d’un point presse, l’évêque de Créteil avait indiqué avoir reçu et écouté deux personnes qui avaient écrit à la cellule, pour des faits concernant deux prêtres désormais décédés. L’adresse mail pour recueillir les signalements est la suivante paroledevictimes94@eveche-creteil.cef.fr

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