Education | Val de Marne | 15/06
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« Je dois répartir les moyens équitablement », défend la directrice académique du 94

Les protestations de toutes les écoles contre des fermetures ou non ouvertures de classes convergent ce vendredi matin devant l’Inspection académique où se tient la réunion de concertation avec les syndicats à propos de la carte scolaire de rentrée 2018. Ce jeudi, la directrice académique du Val-de-Marne, Guylène Mouquet-Burtin, donnait un point presse pour expliquer l’évolution des mesures de classe. Le point en  cinq questions.

1°Les étapes d’élaboration de la carte scolaire

La directrice académique (Dasen) a tout d’abord rappelé que la carte scolaire est élaborée en plusieurs temps, avec un premier projet en février en fonction des prévisions d’effectif, un second en juin après un travail de terrain avec les communes, les inspecteurs de circonscription, les parents… et de nouveaux ajustements à la rentrée. « Il s’agit d’un travail dynamique. »  

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2°Des repères d’effectifs stricts par école

Concernant les effectifs par classe, la directrice académique rappelle les repères à respecter : 27 élèves en moyenne en élémentaire et 30 en maternelle en zone banale et 23,5 élèves en moyenne en élémentaire et 25 en maternelle en réseau d’éducation prioritaire. « Nous avons également toujours un regard bienveillant pour les écoles qui ne sont pas en réseau d’éducation prioritaire mais dont les caractéristiques sont proches de celles des écoles prioritaires. » Comment est-ce possible que certaines classes de maternelle se retrouvent à 32 élèves si la moyenne maximale est de 30 élèves ? Sur ce point, la Dasen explique que le nombre de postes est calculé sur une moyenne d’élèves par classe mais qu’il appartient à l’école de répartir ensuite les élèves et il peut donc y avoir une classe de 32 élèves et une autre inférieure à 30 élèves, en fonction des niveaux notamment. « Mais il peut être très pertinent de composer des classes à double niveau« , pointe Guylène Mouquet-Burtin.

3° Mobilité intra-départementale et difficulté de prévoir les effectifs des tout petits

Deux raisons principales sont avancées pour expliquer l’évolution des propositions entre février et juin : d’une part une mobilité essentiellement intra-départementale avec des baisses d’effectifs dans certaines communes et des hausses dans d’autres, d’autre part la difficulté d’anticiper finement les effectifs en petite section. Concrètement, les villes dans lesquelles les effectifs ont baissé par rapport aux premières prévisions sont par exemple Fresnes, La Queue en Brie, Alfortville ou Créteil (près de 100 élèves). Celles où les effectifs ont augmenté sont Villecresnes, Maisons-Alfort, Mandes-Les-Roses, Charenton-le-Pont, Vincennes. « Mon objectif est de répartir les moyens en fonction des repères objectifs. Le but de la carte scolaire est l’équité », insiste la Dasen.

4° 444 groupes de CP dédoublés en réseau d’éducation prioritaire

Le dédoublement des classes de CP a-t-il réduit d’autant les moyens dans les autres classes ? C’est l’un des motifs de colère dans beaucoup d’écoles. Un reproche que réfute la Dasen. « Nous avons commencé par isoler les élèves de CP concernés pour constituer des groupes de 12 à 14 élèves, et nous avons ensuite travaillé avec le reste des élèves en respectant les repères. Il n’y a donc pas eu d’incidence. » Pour rappel, la mise en place du dédoublement entre dans une seconde phase à la rentrée 2018. Alors qu’en septembre 2017, seuls les élèves de CP en REP+ (secteur très prioritaire) étaient concernés, tous les élèves de CP situés en REP verront cette année leur classe dédoublée, ainsi que les élèves de CE1 en REP +. Concrètement, cela représente 444 groupes CP de 12 à 14 élèves de REP ou REP + dans le Val-de-Marne. En termes de moyens, le département a obtenu pour cette rentrée 176 postes supplémentaires.

5° Pourquoi tant de frictions chaque année ?

Chaque année, la mobilisation autour de la préparation de la carte scolaire est importante. Sur le terrain, au cas par cas, les parents font remonter des situations difficiles. Beaucoup d’énergie est dépensée pour occuper une école, déployer les banderoles, et finir par obtenir l’ouverture tant attendue d’une classe ou éviter sa fermeture. Cela donne l’impression que seuls ceux qui donnent de la voix sauvent leurs classes. N’est-ce pas délétère ? Pour la directrice académique, penser que l’Inspection céderait en fonction de l’ampleur des protestations est une fausse impression. « Nous essayons d’être le plus transparent et le plus cohérent possible et il ne s’agit pas d’octroyer les moyens à celui qui crie le plus fort. Les moyens sont précieux et nous devons les utiliser avec une grande exigence. Nous parlons en revanche avec tout le monde. Nous avons accordé 60 audiences en 3 semaines », détaille la Dasen, notant que parfois, la mobilisation a continué alors qu’il avait été indiqué qu’il y aurait bien ouverture ou non fermeture d’une classe.

 

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