Solidarité | Val de Marne | 11/09
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Ehpad du Val-de-Marne: Richard Tourisseau passe le témoin

Ehpad du Val-de-Marne: Richard Tourisseau passe le témoin © Silver Fourchette

Arrivé en 1986 à la tête de la fondation Favier, qui ne comptait à l’époque qu’une maison de retraite à Bry-sur-Marne,  Richard Tourisseau a oeuvré à la création du Groupement de coopération sociale et médico-Sociale Les Ehpad publics du Val de Marne qui comprend aujourd’hui 13 établissements pour personnes âgées dépendantes. A 64 ans, il s’apprête à passer le flambeau à Dominique Perriot, actuel directeur de l’Institut Le Val-Mandé. L’occasion de revenir sur ces 30 années, les défis relevés et les problèmes actuels. 

L’histoire du groupement des Ehpad du Val-de-Marne, Richard Tourisseau la connaît par coeur, depuis l’asile des « vieillards de banlieue » que madame Favier (rien à voir avec l’actuel président du département) légua au département de l’ancienne Seine en 1890. De ce premier établissement basé à Bry-sur-Marne, qui eu les honneurs du président Félix Faure en 1899 (et accueillit plus tard la grand-mère de Johnny Hallyday! ), d’autres maisons de retraites essaimèrent à Noiseau et Ormesson-sur-Marne et Nogent-sur-Marne (issue de la fondation Lepoutre). Au-delà de la fondation Favier, qui dépend du département, le directeur prend la direction d’autres maisons de retraite, communale comme celle d’Alfortville (3 établissements), ou intercommunale comme celle de Fontenay-sous-Bois – Vincennes, Montreuil – Saint-Mandé (4 établissements). C’est pour mutualiser les coûts et les complexités que se met en place le groupement commun à ces établissements à partir de 2007, rejoint ensuite par l’Ehpad d’Ivry-Vitry-sur-Seine et la fondation Gourlet- Bontemps du Perreux-sur-Marne. Au total, le groupement compte désormais 13 Ehpad publics dans le Val-de-Marne, représentant un peu plus d’un millier de résidents et un millier d’agents pour les prendre en charge. « Nous mutualisons la restauration, avec une cuisine centrale à Fontenay, la blanchisserie, également à Fontenay, les médecins, les infirmiers à domicile, les équipes mobiles Alzheimer, les services techniques…Les équipes de chaque établissement restent en revanche locales et la mutualisation n’est pas perceptible au quotidien pour les résidents.  Cela permet de maintenir les prix de journée à un tarif accessible, 69 euros par jour, ce qui est en dessous de la moyenne départementale et de la moyenne régionale, tout en améliorant le confort.  Au sein de la fondation Favier, nous sommes passés d’un ratio de 15 aides soignants pour 231 résidents à 164 pour 370! Et nous sommes en mesure de gérer avec la même qualité la petite structure de 16 lits et celle de 234 lits. Nous avons aussi réduit les hospitalisations grâce à nos équipes de médecins. Et même lorsqu’il faut aller à l’hôpital pour soigner par exemple une fracture du col du fémur, nous pouvons éviter d’envoyer notre résident aux urgences en plein weekend alors qu’il n’y a personne de disponible pour opérer, en prodiguant les soins nécessaires en attendant. Nous avons aussi rénové toutes les infrastructures et sommes passés, dans certains établissements, des chambres à 4 lits avec un WC pour 20 à des chambres individuelles », défend le directeur.

Malgré cela, les Ehpad du Val-de-Marne ne sont pas épargnés par le malaise des soignants, lequel s’est exprimé au niveau national l’hiver dernier, avec nombre de témoignages d’aides soignants racontant comment ils devaient choisir les parties du corps à laver tant la toilette du matin était minutée, ou confiant que les résidents n’avaient pas toujours le temps de manger comme il faut. Des témoignages également rapportés par les soignants du Val-de-Marne (voir reportage). « Cela ne se produit pas tous les jours heureusement, mais il est vrai que la situation est de plus en plus tendue. La dotation de l’Assurance maladie n’a pas bougé depuis 2011 alors que le coût du personnel, même à effectif constant, augmente automatiquement. Heureusement que le département a maintenu ses dotations. La mutualisation a permis de maintenir les prix et la qualité de service mais il y a un moment où il faudra remettre de l’argent. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il faut s’accrocher pour ne pas perdre la même année tout ce que nous avons mis tant de temps à mettre en place. Cette pression crée un cercle vicieux. Le non remplacement d’un soignant faute de moyens entraîne un malaise dans l’équipe et génère d’autres absences. Ici, nous n’avons pas de comptes à rendre à des actionnaires mais à nos résidents. Et ma hantise, c’est que le seul levier qui reste à la fin soit d’augmenter le prix de journée de ces derniers et qu’ils ne peuvent plus suivre. »

Une situation qui a joué dans l’envie de passer à autre chose, reconnaît Richard Tourisseau, qui s’apprête à savourer des vacances puis sa retraite dans le Gers, et n’entend pas- en tout cas dans l’immédiat, replonger dans des responsabilités associatives, lui qui fut par ailleurs très impliqué dans les instances de la CFDT.

Dominique Perriot, actuellement directeur de l’Institut Le Val Mandé, à Saint-Mandé, prendra ses fonctions le 1er octobre.

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