Education | Val de Marne | 12/10
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Elections de parents d’élèves: enjeux en Val-de-Marne

Ce vendredi 12 et samedi 13 octobre, l’ensemble des parents d’élèves, de la maternelle aux classes post-bacs des lycées, sont invités à voter pour élire leurs représentants. Au total, plus de 6000 mandats sont à pourvoir pour représenter les 250 000 élèves du département. 

Ces élections ont un impact local et national puisque la représentativité des fédérations dans les conseils locaux comme dans les instances de concertation nationale dépendent des résultats de ce scrutin. Entretien avec les représentantes Val-de-Marne de la Fcpe et de la Peep, deux fédérations nationales de parents d’élèves, à propos des enjeux de cette rentrée 2018.

 

Remplacements

La question des remplacements, voilà le sujet prioritaire spontanément mis en avant par la Peep comme la Fcpe. « La situation s’est globalement améliorée et il y a eu beaucoup moins d’enseignants non nommés à la rentrée, mais il reste toujours des situations difficiles. Dans le primaire, les remplacements s’effectuent parfois le jour même, mais ce n’est malheureusement jamais le cas dans le secondaire. L’an dernier, il y a eu des tensions en particulier sur les professeurs d’espagnol, du fait de la généralisation de l’enseignement de la deuxième langue en classe de cinquième. Il y a aussi les professeurs qui sont absents en pointillé du fait de leur pathologie. Il faudrait prendre leur situation en considération et analyser ce problème récurrent pour y apporter une solution », estime Myriam Menez, présidente de la Peep Val-de-Marne. « Nous allons être très vigilants car l’organisation des brigades de remplacement a changé dans le département. Les élèves perdent de plus en plus d’heures de cours et les parents sont extrêmement préoccupés par cette question », pointe Nageate Belahcen, présidente de la Fcpe du Val-de-Marne.

Décharge des directeurs

Alors que le seuil du nombre de classes pour obtenir une décharge de direction a augmenté dans le département, la représentante de la Fcpe déplore par ailleurs les conséquences immédiates dans les écoles. « Les familles qui sont très en demande en début d’année n’ont eu personne en face et en ce jour d’élections de parents d’élèves, certains directeurs ne pourront pas être présents. C’est dommage lorsque l’on parle de co-éducation. »

Cantine

A la Peep, l’un des dossiers prioritaires de l’année sera la cantine. « Nous allons être particulièrement vigilants sur la restauration scolaire cette année car nous constatons une mode croissante du recours aux barquettes en plastique contenant des repas préparés plusieurs jours en avance dans des cantines centrales. Nous nous inquiétons du fait qu’il n’y ait progressivement plus de matériel sur place pour faire à manger. C’est dommage alors que des initiatives existent par ailleurs au niveau du département pour développer les circuits courts. Il nous importe aussi que les enfants ne sortent pas de la cantine le ventre vide et que l’on concilie la qualité nutritionnelle et le goût, développe Myriam Menez. En outre, cette logistique des barquettes en plastique rend la gestion de la cantine beaucoup moins souple avec de plus en plus souvent l’obligation d’inscrire son enfant très en avance. Résultat, des parent paient pour des repas qui ne seront pas pris lorsqu’ils ne savent pas encore quel sera leur emploi du temps professionnel, ou bien ils renoncent carrément à un RTT. » A cela s’ajoute un changement du barème de quotient familial dans un certain nombre de communes, qui ne fait pas que des heureux.

Accompagnement des élèves en situation de handicap

Du côté de la Fcpe, on s’alarme du fait qu’un certain nombre d’élèves en situation de handicap n’ont pas pu faire leur rentrée faute d’AESH (Assistant pour les élèves en situation de handicap). « Il y a une difficulté de recrutement car ce-sont des postes précaires avec peu d’heures. Nous demandons un vrai statut avec une vraie formation. Les services de l’Education nationale nous ont indiqué qu’ils allaient travailler avec Pôle Emploi. Nous souhaitons pourvoir travailler avec eux sur ce sujet. Il faut aussi réduire des strates de démarches administratives pour réduire le temps d’attente des parents entre le dépôt des dossiers et leur prise en compte », développe Nageate Belahcen.

 

Fin du mercredi travaillé

Alors que la grande majorité des parents ont réclamé le retour à la semaine de quatre jours, désormais en place dans 45 des 47 villes du département, les fédérations restent critiques. « Alors qu’un certain nombre d’écoles commençaient à 9 heures le matin, l’horaire s’est généralisé à 8h30 alors que la pause méridienne est de deux heures le midi, ce qui est trop long. Il n’est pas normal que des enfants attendent une heure pour pouvoir aller manger le midi. Et le matin, il est très compliqué pour les parents qui ont des enfants en maternelle et en élémentaire de les déposer en même temps, cela crée un stress permanent« , pointe Myriam Menez. « La réforme des rythmes scolaires aurait du être menée dans de meilleures conditions. Nous restons persuadés qu’il faut repenser les temps de l’enfant », estime pour sa part Nageate Belahcen.

Réseau d’éducation prioritaire

Un autre point de vigilance est l’évolution du réseau d’Education prioritaire, qui fait actuellement l’objet d’un rapport de la Cour des comptes qui sera remis le 17 octobre prochain, en vue d’une réforme pour l’année 2020. « Il y a des incohérences dans la carte actuelle qui est basée sur les collèges et les écoles qui en dépendent, ce qui crée des incohérences d’une école à l’autre. Certains critères sont aussi trop flous. Nous souhaitons être impliqués dans la réflexion« , insiste Nageate Belahcen.

Devoirs faits au collège

Dans le deuxième degré, la nouveauté de l’année est le dispositif devoirs faits au collège, une sorte d’étude, plutôt perçu positivement par la Peep. « Nous constatons que le dispositif fonctionne pas mal en sixième car les élèves ont gardé l’habitude de l’étude en élémentaire. C’est plus compliqué dans les autres classes mais il faut que cela entre dans les moeurs. L’autre difficulté est de recruter des enseignants. Sur ce point, nous sommes très favorables à la participation des enseignants du premier degré« , indique Myriam Menez.

Ouvrir la carte des langues

La présidente de la Peep 94 pointe en revanche une ouverture insuffisante de la carte des langues étrangères : « Le Val-de-Marne est le département où l’offre de langues est la plus pauvre. On ne trouve essentiellement que de l’espagnol et de l’allemand partout. C’est dommage car cela prive les élèves de candidater au lycée international. »

Réforme du lycée

Concernant la réforme du lycée, qui va largement occuper les parents d »élèves et leurs fédérations cette année, la représentante de la Fcpe Val-de-Marne dénonce d’emblée la suppression annoncée des 1800 postes. « Comment mettre en place une réforme sans moyens ? », questionne la représentante. Sur le contenu de la réforme, les fédérations expriment leur attente d’informations plus concrètes sur la mise en oeuvre de la réforme.

Parcoursup

Nouveau système d’orientation post-bac, remplaçant d’APB, Parcoursup a connu un rodage difficile au printemps. « Globalement, c’est bien que les élèves n’aient pas eu à hiérarchiser leurs voeux et qu’ils aient pu changer d’avis entre le mois de mars et l’été, mais la possibilité de maintenir ses voeux aussi longtemps après avoir obtenu les premières réponses a bloqué le système. Il faut revoir les modalités. Par ailleurs, certains professeurs de lycée n’ont pas joué le jeu pour des raisons idéologiques, en mettant un avis très favorable à tous les élèves. Mais il n’est pas possible que 80% des élèves de bac pro aient un avis très favorable pour entrer en BTS. Et cela s’est fait au détriment de certains bacs technologiques qui se sont retrouvés sans BTS, obligés d’aller en DUT alors qu’ils ont un petit niveau », développe Myriam Menez. « Parcoursup a été une vraie catastrophe, feuilletonnée tout l’été. Beaucoup d’étudiants se sont retrouvés dans des filières par dépit, dénonce de son côté Nageate Belahcen. De plus, il y a eu une opacité totale sur les chiffres de la part du rectorat. Et nous ne les avons toujours pas à l’heure actuelle! Opacité totale également sur les critères de sélection des élèves par chaque formation« , poursuit la représentante de la Fcpe.  Une initiative intéressante: la mise en place des classes passerelles. « Mais il faudrait plus de transparence sur les modalités et il serait bien que les élèves un peu fragiles puissent directement postuler dans ces classes intermédiaires », suggère la représentante de la Peep.

Faire de la place aux parents d’élèves

Un autre point de consensus entre les deux fédérations : la nécessité de faire plus de place aux parents d’élèves, de reconnaître leur expertise pour leur faire une vraie place dans les instances de concertation, pas seulement pour la forme.

Informations pratiques

A quoi sert un représentant de parents d’élève ? A l’école primaire, les parents élus siègent au Conseil d’école qui vote notamment le projet d’école, le règlement intérieur, et discute des initiatives de l’établissement ainsi que des problèmes matériels à régler avec la mairie, en charge de l’entretien des écoles. Les conseils d’école ne traitent pas des élèves au cas par cas comme les conseils de classe des collèges et lycées. Dans le second degré, les parents élus participent aux Conseils de classe qui font le point sur chaque élève à chaque trimestre, mais aussi au Conseil d’administration qui gère le budget de l’établissement et vote les différents projets comme les séjours et autres initiatives. Les parents élus siègent aussi au Conseil de discipline qui sanctionne les manquements graves au règlement intérieur, au Comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté (Cesc) et à la Commission hygiène et sécurité (Chs). Au-delà de l’établissement local, des représentants de fédérations de parents siègent au Conseil départemental de l’Education nationale, instance consultative départementale, dans les commissions d’appel (lorsqu’une famille refuse l’orientation proposée à l’élève). Au niveau national, les fédérations sont représentés au Conseil supérieur de l’éducation ou encore au Cese (Conseil économique, social et environnemental).

Fédérations et associations de parents Deux grandes fédérations nationales disposent de représentants dans de nombreux établissements publics : la Fcpe (Fédération des conseils de parents d’élèves) et la Peep (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public) défendant chacune des valeurs et des positions par rapport à l’école, l’enseignement, la place de l’enfant et des parents. Des associations autonomes de parents d’élèves se constituent également en dehors de ces deux fédérations, pour certaines affiliées à l’Unappe (Union nationale des associations autonomes de parents d’élèves). Dans le privé, il n’existe qu’une association nationale, l’Apel.

Liens vers les fédérations nationales : AppelFcpe, PeepUnappe

Vote : chaque parent peut voter, quelle que soit sa nationalité. Tous les parents, père et mère, sont inscrits sur la liste électorale des écoles. Il faut se rendre sur place aux heures indiquées par les établissements ce vendredi et samedi, ou voter par correspondance selon les modalités indiquées.

 

 

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