Transports | Val de Marne | 30/01
Réagir Par

Gilles Carrez : « Le défi du Grand Paris Express est autant technique que financier »

Alors que les élus d’Ile-de-France ont été défendre le Grand Paris Express auprès d’Edouard Philippe la semaine dernière, le député du Val-de-Marne Gilles Carrez, invité à plancher sur la partie financière, préconise un recours à la taxe de séjour et insiste sur la dimension technique du projet. 

Vendredi 26 janvier, maires, présidents des Conseils de territoire et des Conseils départementaux d’Ile-de-France ont été en chœur plaider la cause du Grand Paris Express auprès du Premier ministre, défendant chacun le bien fondé du projet en temps et en heure dans son territoire. Rassurant, le chef du gouvernement a réaffirmé la cohérence de l’ensemble et l’engagement de le réaliser dans son intégralité. Reste à préciser le phasage dans le temps, ce qui devrait être annoncé d’ici un gros mois, après les derniers arbitrages techniques, financiers et stratégiques, tenant compte notamment des engagements liés à l’accueil des Jeux Olympiques en 2024.

Le député LR du Val-de-Marne, Gilles Carrez, avait pour sa part été convié pour donner un avis sur le montage financier afin de faire face à l’augmentation du budget prévisionnel total par rapport à ce qui était initialement prévu. L’élu a en effet travaillé sur le financement du nouveau métro dès 2009 et c’est lui qui a sollicité la Cour des comptes l’année dernière pour aller regarder dans le moteur. Voir article sur le rapport de la Cour des comptes qui a détaillé la réévalution du budget.

Un énorme défi technique qui nécessite des ingénieurs

« Je voulais obliger toutes les parties prenantes à prendre conscience de ce que ce projet est non seulement un défi financier mais aussi un énorme défi technique. Je suis optimiste mais il fallait sortir de l’euphorie. Il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton.  Avoir 18 tunneliers qui creusent ensemble dans un sous-sol qui est déjà truffé de tuyaux et ouvrages divers, c’est du jamais fait au monde, même pas en Chine!  D’ores et déjà, le prolongement au nord de la ligne 14 a pris du retard en rencontrant une nappe phréatique. Début octobre, on s’est retrouvé trois jours sans RER A en raison d’un percement malencontreux dans les travaux d’Eole. Les choses ne sont pas simples et il faut dire les problèmes, les annoncer, prendre de la marge. Il faut aussi des ingénieurs capables de contrôler le déroulement du projet. C’est du reste le constat même de la Cour des comptes. Il en va de la crédibilité de la puissance publique! », motive le député du Val-de-Marne.

La taxe de séjour: joker financier ?

Pour financer le budget réel du projet, le député propose d’augmenter la partie financement propre, issue des taxes, pour ne pas jouer que sur l’emprunt. Pour rappel, le financement repose en effet à la fois sur des recettes fiscales fléchées -un pourcentage de la taxe sur les surfaces commerciales (Tsbcs), de la Taxe spéciale d’équipement pour le Grand Paris (Tse) et de l’imposition sur les entreprises de réseau (Ifer), et sur des emprunts – à la Caisse des dépôts et consignations, à la Banque européenne d’investissement, et des emprunts obligataires (dette distribuée entre plusieurs prêteurs qui souscrivent des obligations). « Je pense que l’on peut trouver 200 millions à 300 millions d’euros de plus de ressources propres par an, en complément des emprunts », estime Gilles Carrez. De quoi générer entre 800 millions et 900 millions d’euros de ressources propres chaque année au total. Mais sur quelle taxe jouer ? « Je propose d’aller regarder du côté de la taxe de séjour, comme je l’avais déjà proposé en 2009. Il serait normal de faire contribuer les touristes étrangers qui vont bénéficier de ces travaux. »  Et la taxe sur les bureaux ? « Il est possible de trouver un peu de marge mais il faut se mettre au travail tout de suite pour faire de la concertation afin de pouvoir voter ces propositions dans le projet de loi de finance 2019. »

A lire aussi 

Pourquoi le Grand Paris Express coûte plus cher que prévu

Grand Paris Express: 3 calendriers en attente d’arbitrage

Merci de votre lecture !

Nous mettons nos articles en ligne gratuitement afin quʼils puissent être lus par tous mais lʼinformation a un coût.

Si cet article vous a intéressé, et si vous souhaitez quʼil y a en ait beaucoup dʼautres, vous pouvez contribuer à notre développement et notre indépendance, soit en vous abonnant, soit en faisant un don, même modeste et ponctuel.

11 commentaires pour Gilles Carrez : « Le défi du Grand Paris Express est autant technique que financier »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *