Entreprendre | Territoire T12 | 05/07
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L’extension du MIN de Rungis pourrait être délocalisée faute de place

Union sacrée des acteurs politiques et économiques du Grand Orly Seine Bièvre pour consolider la vocation industrielle et productive du plus grand territoire métropolitain. Ce mardi, ils signaient ensemble un manifeste pour inciter le gouvernement à donner des moyens réglementaires de sanctuariser près de 2 millions de m2 disponibles à plus ou moins long terme.

« Ce territoire à toutes les chances de réussir à attirer de nouvelles industries parce qu’il a tout de même quelques belles fées autour de son berceau et qu’il y a une grande volonté d’y parvenir, cela dit, il faut travailler en amont pour pouvoir proposer du foncier disponible à des coûts raisonnables, de voir l’articulation avec les acteurs existants », prévient Gérard Delmas, président de la CCI du Val-de-Marne. Il y a quelques mois, un rapport de son vice-président, Jean-Michel Tasse, dressait un bilan alarmant de la diminution du foncier disponible pour les activités industrielles en région parisienne.  Le manifeste prévoit une charte de 7 engagements par lesquels les signataires s’engagent à développer un renouveau de l’activité économique sur ce territoire.

« Emmanuel Macron et Valérie Pécresse ont récemment fait des déclarations dans lesquelles ils déploraient la désindustrialisation de l’Île-de-France. Nous leur adressons un message ambitieux et conquérant. Nous ne venons pas leur tirer la manche pour qu’ils fassent à notre place. Notre territoire souhaite bénéficier d’outils réglementaires pour profiter pleinement des opportunités économiques qui s’offrent à nous. Très concrètement, il faut nous donner les moyens de trouver des équilibres financiers pour nous permettre de mobiliser du foncier pour l’activité économique plutôt que pour faire du logement. Je pense également à la territorialisation de la production de logement qui nous impose par exemple pour Vitry, la création de 740 logements annuels. Il faut l’assouplir ou sanctuariser des zones d’activité économique », insiste Michel Leprêtre, président du Grand Orly Seine Bièvre.

Le risque de perdre le Min de Rungis 2

Stéphane Layani, président de la Semmaris (société qui exploite le MIN de Rungis) a salué l’initiative de ce manifeste et souligné l’importance d’une stratégie territoriale au plus près des réalités du terrain. Il a par ailleurs averti que l’extension du Min de Rungis pourrait voir le jour en dehors du territoire, s’il n’y trouvait pas ce qu’il cherchait. « On est plein comme un œuf, avec un taux d’occupation de 97% cette année, je préférerais faire profiter notre territoire de ses activités mais à un moment donné, se posera le problème de la scissiparité. C’est pourquoi, il est important de garder une cohérence dans cet espace entre l’habitat, l’emploi, l’industrie et la formation. » 

Les grandes entreprises du territoires ont investi plusieurs centaines de millions d’euros pour moderniser leurs infrastructures mais estiment que pour faire face à une concurrence internationale de plus en plus forte, certaines thématiques doivent être appréhendées de façon collective. « Sur le bassin d’Orly, Air France emploie environ 3000 salariés mécaniciens, techniciens, ingénieurs et logisticiens qui ont tous été recrutés par la voie de l’apprentissage. Nous devons faire face à des évolutions technologiques rapides et cela suppose pour l’avenir d’être capable d’investir, de développer les compétences et l’attractivité de nos métiers par le biais de la formation, c’est pourquoi, nous nous associons volontiers à cette initiative », explique Aurélien Gomez, directeur délégué aux affaires territoriales d’Air France.

Quelle place pour l’artisanat dans la ville productive et industrielle ?

La présidente de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat du Val-de-Marne a également signé le manifeste mais en a profité pour tirer la sonnette d’alarme. « Nous constatons sur ce territoire que nous n’avons pas assez de locaux d’activité pour les entreprises artisanales, ils doivent avoir une taille adaptée et se situer en proximité des habitats. Que ce soit pour les métiers de la fabrication, du second œuvre ou des métiers d’arts, nous constatons que les loyers et le foncier sont en constante augmentation, nous alertons en disant que l’industrie et le logement sont importants mais que l’artisanat doit trouver toute sa place pour apporter du lien et redynamiser les centre-villes », insiste Nicole Richard.

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