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Politique locale | Territoire T12 | 12/11
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Grand Orly Seine Bièvre : les maires de droite fustigent le territoire

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Intercommunalité de 24 communes qui ne se sont pas choisies, allant des portes de Paris à celles de l'Essonne, le Grand Orly Seine Bièvre, qui constitue le territoire le plus peuplé de la Métropole du Grand Paris après la capitale elle même, doit aussi composer avec des visions politiques très différentes, du PCF à LR.

A la tête de cet ensemble, le président PCF, Michel Leprêtre a toujours défendu le principe d’une « coopérative de villes » s’appuyant sur ce qui rapproche et non ce qui divise. Mais concrètement, l’affaire n’est pas simple. Alors que dans les villes, il y a des majorités politiques clairement affichées lors des programmes des élections municipales, avec des politiques différentes sur un certain nombre de sujets, il est parfois compliqué pour les élus de ne pas retrouver cette lisibilité à l’échelon supérieur, même si la situation peut arriver dans les intercommunalités qui se sont choisies, en cas d’alternance politique. Ce fut le cas au sein de la Communauté d’agglomération du Val-de-Bièvre avec Villejuif et L’Haÿ-les-Roses, ou au sein de Plaine Centrale avec Limeil-Brévannes.

Dans une note signée ensemble, les maires des dix villes de droite (voir liste des signataires ci-dessous) et le député LR de l’Essonne Robin Réda, dénoncent ce qu’il considèrent comme une coopérative « illusoire« , commençant par dénoncer la taille de l’ensemble (près de 700 000 habitants), qui s’est vu complété au dernier moment de Villeneuve-Saint-Georges et de Valenton initialement prévues dans le territoire central, rappelant que la taille minimum pour créer un EPT était pourtant de 300 000 habitants. « Ce territoire est hétérogène aussi car composé de 16 communes faisant partie de 3 ex-EPCI, et donc ayant une culture plus affirmée en matière d’intercommunalité notamment pour l’ex-communauté du Val de Bièvre et l’ex-communauté des Portes de l’Essonne, et 8 communes dites isolées aux enjeux et problématiques de territoire fort différents« , poursuivent les élus.

Concernant la coopérative de ville, les maires de droite considèrent qu’elle n’est pas respectée. « Le vote souverain du conseil de territoire notamment au sujet du FPIC (fonds de péréquation intercommunal) n’est pas respecté. De même la participation citoyenne n’est pas respectée. Lors du choix du nom de l’EPT, une consultation publique a été organisée par l’EPT, la proposition du nom sortie première a été rejetée d’office par l’exécutif territorial et n’a même pas été présentée au vote des élus en Conseil de territoire », déplorent les élus qui s’attaquent ensuite à la gestion budgétaire du territoire, dont ils estiment qu’elle n’est pas assez ambitieuse en matière de maîtrise des dépenses de fonctionnement et qu’elle ne propose de financer les investissements que par l’emprunt, sans stratégie de désendettement. « L’emprunt est le seul moyen envisagé pour financer des investissements sectorisés dont le bénéfice n’est pas assuré pour l’ensemble des communes alors que celles-ci se retrouvent solidaires de la dette depuis 2016 (pour mémoire près de 20 millions d’euros d’emprunt en 2016, environ 17 millions en 2017 et 14 millions encore en 2018« , chiffrent les élus qui s’inquiètent pour leurs finances communales, et reprochent également l’augmentation des coûts de collecte de déchets depuis qu’elle est mutualisée. « Des recrutements massifs d’agents publics sont en cours au niveau de l’EPT pour assumer l’exercice des compétences sans que cela ne puisse libérer de véritables « équivalents temps plein dans les communes » soit une mécanique augmentation de la dépense publique en matière de rémunération« , notent encore les maires.

Sur la question de l’urbanisme, ces derniers regrettent à nouveau le fait que la compétence urbanisme ait été transférée au territoire, rappelant l’épisode de refus du PLU de Villeneuve-le-Roi (majorité LR) par le territoire (majorité PCF), vécue comme une mesure de représailles au refus du PLU de Champigny-sur-Marne (majorité PCF) par le territoire Paris Est Marne et Bois (majorité LR). Ils considèrent aussi que cela  fragilise les projets d’aménagement car ce-sont désormais 700 000 habitants qui peuvent déposer un recours.

Dans l’entourage du président Michel Le prêtre, on s’étonne de cette note qui n’a pas été envoyée au président et l’on dénonce une posture politicienne, rappelant que les décisions sont prises « pour et avec les maires« , avec du reste une conférence des maires prévue ce mardi, pour discuter ensemble des orientations budgétaires de 2019. « Et puis, il y a un double discours à vouloir à la fois conserver les services de proximité et dénoncer le manque d’économie sur les dépenses de fonctionnement. Nous ne remplaçons déjà plus aucun agent », fait-on savoir. « Concernant le FPIC, nous avions commencé à travailler sur des péréquations intercommunales mais nous n’avons jamais trouvé d’unanimité, alors nous avons fait le choix de compenser d’une autre manière les villes qui perdaient le plus avec le Fpic, à savoir Valenton, Villeneuve-Saint-Georges et Viry-Chatillon. » Sur le fond du problème, le souhait de pouvoir travailler dans une intercommunalité choisie, on rappelle aussi les propositions de gouvernance à géométrie variable, au sein du territoire, dans une logique de projets, ajoutant que cela est toutefois très compliqué actuellement, sans fiscalité propre et compte tenu des compétences strictes du territoire.
Les élus signataires :
Robin Reda, député de l’Essonne, conseiller territorial
Eric Grillon, maire d’Ablon-sur-Seine
Christine Rodier, maire d’Athis-Mons
Vincent Jeanbrun, maire de L’Haÿ-les-Roses
Michel Perrimond, maire de Juvisy-sur-Orge
Alain Védère, maire de Paray-Vieille-Poste
Raymond Charresson, maire de Rungis
Eric Mehlhorn, maire de Savigny-sur-Orge
Richard Dell’Agnola, maire de Thiais
Franck Le Bohellec, maire de Villejuif
Didier Gonzales, maire de Villeneuve-le-Roi
Jean-Marie Vilain, maire de Viry-Châtillon

 

 

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