Politique | Grand Paris | 12/09
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Grand-Paris: C. Favier et P. Bouyssou répondent à B. Grivaux

Grand-Paris: C. Favier et P. Bouyssou répondent à B. Grivaux © WCC Nickk

Déjà en campagne pour la mairie de Paris en vue des municipales de 2020, bien que n’étant pas encore candidat officiel LREM, Benjamin Grivaux, par ailleurs porte-parole du gouvernement, veut supprimer les départements de petite couronne et l’a fait savoir ce weekend dans une interview au journal Le Parisien. Une prise de position contre laquelle ont réagi immédiatement le président du Conseil départemental du Val-de-Marne, Christian Favier, et le maire d’Ivry-sur-Seine, Philippe Bouyssou, chacun dans un communiqué.

« Lorsque la gouvernance en Ile-de-France – complexifiée par les récentes lois – doit être simplifiée, je déplore le dogmatisme qui consiste à ressasser les sempiternelles idées reçues de la suppression de collectivités comme solution miracle au rayonnement international de la capitale. Cette Arlésienne témoigne de l’éloignement entre ces pensées technocratiques et les besoins réels des habitants et des acteurs de terrain. Il s’agit là d’une chimère qui peine à convaincre et à masquer l’absence de résultats de la politique économique du gouvernement et ses difficultés d’une ampleur inédite. Pourtant, depuis plus d’un an, loin d’être attachés au statu quo, les Départements franciliens font des propositions et exigent une étude d’impacts sérieuse sur une possible réforme territoriale. Une telle étude n’a jamais été entreprise car elle démontrerait – j’en suis convaincu – les conséquences extrêmement néfastes de la suppression des départements, en premier lieu pour les plus fragiles, les retraités, la jeunesse et pour l’ensemble des habitants. Or, ces derniers expriment un profond attachement aux collectivités de proximité que sont les communes et les départements. 78% des Val-de-Marnais refusent d’ailleurs la suppression du Val-de-Marne. Par ailleurs, que faut-il comprendre lorsque le porte-parole du Gouvernement affirme que « [Paris] n’est pas à la bonne taille pour assurer pleinement son rang de ville-monde. Il faut voir plus grand, jusqu’aux limites de la petite couronne » ? Je n’ose pas concevoir que des réflexions de couloir sur l’annexion politique ou administrative par Paris de communes périphériques puissent exister. Les communes et les départements de banlieue n’ont pas vocation à devenir des sous-arrondissements de la capitale. Ces réflexions hasardeuses ne doivent pas nous éloigner du seul défi qui vaille pour améliorer la vie des habitants et renforcer l’attractivité de notre région : la lutte contre les inégalités. Dans ce combat, las des effets d’annonces, les départements et les communes innovent, agissent au quotidien malgré les contraintes budgétaires imposées par le gouvernement », pose le président PCF du Val-de-Marne.

« A l’instar du Président de la République qui travaille depuis plus d’un an un scénario de réforme du Grand Paris « en chambre », M.Griveaux semble oublier la présence dans ces territoires des habitants et leurs représentants locaux. Un propos qui ne manque pas de faire sourire, quand il indique que « le maire ne peut agir seul depuis l’Hôtel de Ville ». La banlieue parisienne paie depuis trop longtemps le prix de politiques décidées à Paris et imposées contre l’avis des maires, la dernière réforme du Grand Paris en est l’exemple le plus criant. Le pragmatisme que vous revendiquez inviterait plutôt à réfléchir au sort de la Métropole du Grand Paris et des nouveaux Etablissements publics territoriaux qui à ce jour, n’ont pas fait la preuve de leur caractère indispensable. Les départements de petite couronne font au contraire la démonstration quotidienne de leur utilité au service des habitants de nos communes, fruit d’un long processus de montée en compétences issu de la décentralisation. Supprimer les départements, c’est supprimer des services publics de qualité et l’assurance de ne jamais en retrouver le niveau. C’est transformer les communes, échelons indispensables au fonctionnement de la démocratie locale, en mairies d’arrondissement de territoires qui ne correspondent à aucun bassin de vie. C’est détruire ce qui fonctionne pour miser sur des institutions qui peinent déjà à émerger. Vous qui semblez vanter les vertus du dialogue, pourquoi ne pas ne pas recueillir l’avis des habitants et des élus locaux qui souhaitent s’exprimer sur le sujet ?« , invite pour sa part le maire PCF d’Ivry-sur-Seine.

 

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