Grand Paris | Champigny-sur-Marne | 23/01
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Grand Paris Express : Edouard Philippe rassure et inquiète en même temps

Grand Paris Express : Edouard Philippe rassure et inquiète en même temps © Fb

Visite ministérielle hautement symbolique sur le chantier du siècle. Une semaine après le rapport de la Cour des Comptes chiffrant par le menu l’augmentation de coût du Grand Paris Express par rapport aux annonces initiales, le premier ministre Édouard Philippe était ce mardi sur le site du premier tunnelier de la ligne 15 sud à Champigny-sur-Marne.

« Nous tenions avec la ministre des Transports et un certain nombre d’élus à venir sur le terrain pour constater l’ambition, l’ampleur et la complexité de cet immense projet. Les ingénieurs et techniciens qui travaillent sur ces chantiers me disaient que l’équivalent de huit pyramides de Gizeh allaient être excavées des sols de la région. J’ai commencé une série d’échanges avec les élus tous légitimement attachés à ce dossier. Ce projet est indispensable et doit être mené à son terme. Nous devons prendre en compte l’ambition du projet, sa nécessité, et la réalité budgétaire pour trouver les bonnes solution », a expliqué le premier ministre.

De quoi rassurer les élus qui s’inquiétaient d’annonces brutales de report tout en les laissant dans l’expectative quant au nouveau calendrier. Alors que le préfet de région a déjà planché sur la question en proposant plusieurs scénarios de report, privilégiant le bouclage des 14 Sud, 15 Sud et une partie des 16, 17 et 18 avant les J.O de 2024, et le reste rééchelonné jusqu’à 2030, rien n’est encore tranché. Le premier ministre a officialisé le lancement d’une concertation sur la question. Il s’agit toutefois de décider vite car les décisions de ce colossal chantier ne peuvent attendre, mais de se donner tout de même quelques semaines.

Dans le Val-de-Marne, la ligne 15 Sud, initialement prévue pour 2020 puis 2022, pourrait être reportée à 2024. Un nouveau délai, qui, s’il était confirmé, devra être intégré par les acteurs économiques et la population riveraine.

En attendant l’heure du choix, les élus locaux comptent bien mettre la pression pour faire passer le message. Dans le Val-de-Marne, le communiqué du président du Conseil départemental n’a pas tardé, après la venue du Premier ministre. « Je n’accepterai pas un Grand Paris Express « rabougri » d’autant que les dérives des coûts et du calendrier sont dues avant tout à l’incohérence complète de l’État. C’est lui qui depuis des années limite arbitrairement à 220 salariés le nombre d’emplois de la Société du Grand Paris. Pour maîtriser coûts et calendriers, l’État doit autoriser l’embauche immédiate de 300 salariés supplémentaires. Cela permettrait d’économiser des milliards d’euros grâce à une meilleure gestion du chantier« , appelle l’élu qui indique refuser « un projet « petit bras », des gares sous-dimensionnées, la suppression d’accès et l’évacuation des déchets par camions et non par voies ferrées et fluviales, la réduction des mesures en faveur des riverains et commerçants touchés par les nuisances du chantier« . Pour financer ce chantier à 35 milliards d’euros (sans compter les chantiers annexes financés par la SGP, le maître d’ouvrage du Grand Paris Express), le président du département  propose de récupérer 100 millions d’euros par an en augmentant la taxe locale sur les bureaux, « en particulier dans les zones les plus favorisées en termes de développement économique« .

«La satisfaction après cette visite du premier ministre, c’est qu’il nous a assuré que ce projet était à ses yeux indispensable pour le réseau de transport d’Île-de-France parce qu’il permet notamment de désaturer les sillons ferroviaires empruntés par les trains de province arrivant à Paris. Nous avons besoin de ce projet et cette promesse du premier ministre l’engage pour l’avenir, maintenant je ne vous cache pas mes inquiétudes parce que nous avons vu le rapport de la Cour des Comptes, on vient de se rendre compte ici, sur site des aléas potentiels d’un tel chantier pharaonique, évidemment je crains des retards, des tronçons de lignes abandonnés donc le travail ne fait que commencer pour convaincre le premier ministre que l’intégralité du projet vaut le coup et peut être essayer de trouver des moyens de faire des économies ou de revoir les coûts à la baisse», a insisté Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France.

Coup de rabot sur la fête autour du tunnelier

En attendant l’arbitrage final, changement de programme pour le lancement du premier tunnelier à Champigny le samedi 3 février. Les performances artistiques, repas de chantier et bal populaire annoncés n’auront finalement pas lieu. Les décalages de calendrier, la facture qui s’alourdit, et les rumeurs de changement de tête à la Société du Grand Paris ont douché l’ambiance. L’organisateur maintient en revanche l’inauguration qui reste ouverte au public et doit être marquée par la mise en lumière (éclairage) de la roue de coupe et que quelques animations pour les enfants.

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