Transports | Grand Paris | 18/01
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Grand Paris Express: J-Y Le Bouillonnec défend le calendrier initial

« Le ralentissement du chantier ne provoquera que des accentuations des coûts. Aucune expérience contraire n’a été connue dans l’histoire de la République », prévient Jean-Yves Le Bouillonnec, président du Comité stratégique de la Société du Grand Paris (SGP, maître d’ouvrage du Grand Paris Express) et maire PS de Cachan, alors qu’un rapport du préfet de région et un autre de la Cour des comptes préconisent un nouveau phasage du projet. Interview.

Comment expliquer le dérapage financier du projet ?

Jean-Yves Le Bouillonnec : « Pour rappel,  le coût initial du projet a été évalué au départ par des processus d’Etat, avec une approche autour de 22 – 23 milliards d’euros qui ne vient pas de la SGP. Ensuite, il y a eu les réalités du chantier, de la topographie, des expropriations, des exigences environnementales, de l’augmentation des provisions pour risques, des appels d’offre, et aussi le fait que l’Etat a chargé la barque en ajoutant d’autres projets comme les prolongements de la ligne 11, de la 14 Nord, la participation au plan de mobilisation pour les transports… Je pourrais citer par exemple le processus de juxtaposition des voies à Arcueil-Cachan,  alors que l’infrastructure appartient à la RATP. Nous avons même été obligés de participer aux acquisitions de matériel de traitance de la voie, qui devrait être prises en charge par l’exploitant.  »

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Quel impact sur le budget de l’Etat ?

Jean-Yves Le Bouillonnec : « Le coût de la réalisation de infrastructure n’impacte en aucune manière le budget de l’Etat car le projet est financé par des taxes des Franciliens, des entreprises et par l’emprunt, à des taux très intéressants. Cet endettement est garanti par l’Etat mais n’est pas assumé par l’Etat. Au contraire, l’Etat ne tire que des avantages de ce projet. Il perçoit à la fois une partie des taxes et bénéficie de la fiscalité des grandes entreprises qui participent à la réalisation du projet. En outre, ce projet constitue un booster économique pour les infrastructures, la construction, l’emploi…  »

Mais la Cour des comptes chiffre la dette en points de PIB

Jean-Yves Le Bouillonnec : « La Cour des comptes ne visite pas la question de la charge budgétaire que l’Etat assume réellement mais évoque l’endettement car la SGP est une agence d’Etat et que son endettement entre donc dans l’endettement global de l’Etat, ce qui interpelle les théoriciens sur la règle des 3% (ndlr, selon les critères de Maastricht, les pays de la Communauté européenne doivent veiller à ce que leur dette publique n’excède pas les 3% de leur PIB, Produit intérieur brut – qui mesure la production des richesses d’un pays sur une année donnée). Encore faut-il faire le lien avec les mille milliards d’euros d’endettement de la France. Concernant le modèle économique mis en place pour le Grand Paris Express, à savoir un remboursement par redevance, il est sans risque car ce réseau va faire circuler des centaines de milliers de voyageurs et régler les problèmes de la mobilité des Franciliens et des Franciliennes. C’est cet enjeu qui doit emporter le choix de l’Etat. On a financé le métro en plus de 100 ans. Dans le cas du Grand Paris Express, nous nous inscrivons dans une ligne d’exploitation du réseau qui ne peut pas ne pas produire une redevance d’exploitation substantielle. C’est plus que le TGV, plus que la SNCF. La question n’est pas l’endettement mais la capacité de rembourser!  »

Quel calendrier ?

Jean-Yves Le Bouillonnec : « Maintenons le calendrier. Tout retard programmé coûtera de l’argent.  »

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