Sécurité | Val de Marne | 25/01
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Inondations: les murettes anti-crues tiennent le choc

Inondations: les murettes anti-crues tiennent le choc © Fb

Ça débordait le long de la Seine, c’est maintenant au tour de la Marne. Si des quartiers de Joinville, Le Perreux ou Nogent sont touchés par des inondations, la plupart des bords de cours d’eau restent protégés des effets d’une crue cinquantennale par près de 30 kilomètres de murettes. 

450 brèches viennent d’être fermées et colmatées par les services départementaux.

Ces derniers jours une nouvelle activité s’est ajoutée à la routine des riverains de la Marne à Saint-Maur. « A peine levée, je me précipite sur l’ordinateur pour consulter le site Vigicrue pour voir les niveaux à la station de Gournay », témoigne une habitante du quai du petit parc. Cyclistes, joggeurs et promeneurs constatent la hausse du niveau de la Marne avec leurs yeux et leur smartphone. « J’ai toujours vécu ici et je n’ai pas souvenir d’avoir vu la rivière aussi déchaînée. En même temps, nous avons rarement eu un automne et un hiver aussi pluvieux », raconte une retraitée.

Deux camions orange de la direction des transports, de la voirie et des déplacement du Val-de-Marne stationnent en double-file le long de la route. Les employés glissent des madriers dans les dernières brèches encore ouvertes et appliquent un enduit de plâtre pour les sceller. « Un fois sec, les batardeaux sont complètement étanches. Contrairement à 2016 où nous avions été pris de cours par la montée rapide de l’eau, nous allons pouvoir fermer toutes les brèches d’ici ce soir (jeudi). Certains services municipaux ont pris le soin d’installer eux-mêmes les bastaings, nous devons vérifier qu’ils soient bien installés parce que cela relève de notre responsabilité », explique l’un des employés.

« Ces murettes sont conçues pour résister aux chocs des troncs d’arbres et à bloquer une crue cinquantennale telle que celle de 1924, elles devraient donc éviter toute submersion. En revanche, il est possible que l’eau se déverse sur la chaussée par des avaloirs dépourvus de système de verrouillage. De même, dans les jours à venir, le niveau de la nappe phréatique devrait augmenter. Il se pourrait alors que les particuliers qui possèdent des puits ou des pièces en sous-sol se retrouvent inondés », indique Jean-Pierre Bultieau, en charge des ouvrages anti-crues et des berges au conseil départemental.

Les accès à la berge ne seront ouverts qu’après obtention du feu vert de la préfecture, probablement une à deux semaines après la décrue. Pour les bateliers, ces brèches sont le point d’accès à la rive depuis leur embarcation. Une fois la Seine et la Marne retournées dans leurs lits, les agents de la DSEA (Direction des services départementaux de l’environnement et de l’assainissement) arpenteront les murettes pour veiller à ce qu’elles ne soient pas détériorées.

Pour les encourager, deux élus, Pierre Bell-Lloch et Ibrahima Traoré, étaient à leur rencontre ce matin. Au total, 200 agents sont actuellement mobilisés pour parer les brèches, dans le département.

Le clapet du siècle dans l’écluse de Saint-Maur à Joinville inutilisable

Trois mois après la pose d’une gigantesque vanne anti-crue à 3,5 millions d’euros dans l’écluse de Saint-Maur à Joinville-le-Pont, quelques élus de villes ayant participé à son financement ont fait la grimace. Cet équipement qui devait faire baisser le niveau de la Marne en cas de crue n’a pas encore été mis en service. « Nous avons fait des tests avant les fêtes de fin d’année qui ont montré que les capteurs nécessitaient un recalibrage. Nous sommes encore en train de former les agents des voies navigables de France. Le clapet ne sera mis en service qu’à la fin de l’hiver. Sur cette crue, il y avait trop de risque à en faire usage. Nous risquions d’endommager le clapet et de détruire le pont-tunnel pour un effet dérisoire sur le niveau de la Marne », ajoute Jean-Pierre Bultieau.

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