Education | Villeneuve-le-Roi | 04/10
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A Villeneuve-le-Roi, réouverture du lycée sous tension après l’incendie

A Villeneuve-le-Roi, réouverture du lycée sous tension après l’incendie © Fb

(Mis à jour 9h40) Fermé trois jours après l’incendie survenu ce weekend, le lycée Georges Brassens de Villeneuve-le-Roi a ouvert à nouveau ce jeudi mais une quarantaine de personnels ont exercé leur droit de retrait selon un enseignant. La région indique que l’établissement ne présente aucun danger, suite aux analyses effectuées, mais la communauté éducative s’inquiète.

Un groupe d’élèves a aussi organisé un blocus très tôt ce matin, dissipé par la police, témoigne un enseignant.

Pendant ces quelques jours de fermeture du lycée, la sécurité de l’établissement scolaire a été passée au crible par des agents sollicités par le Conseil régional. Vérification du bâti, des circuits électriques et analyse des taux d’amiantes ont été menées pour mesurer les dégâts causés par l’incendie de samedi dernier, parti d’une salle qui servait d’entrepôt pour le labo de physique-chimie attenant. Après connaissance des résultats de cette veille, les services de la région ont autorisé la réouverture du lycée. « Nous avons procédé notamment à des mesures de qualité de l’air qui n’ont pas détecté d’amiante. Ces tests viennent nous apporter une preuve scientifique qu’il n’y a pas de danger. Il est dans l’intérêt des élèves de reprendre les cours. Ils ne peuvent pas à nouveau subir une interruption de leurs cours. Il faut se souvenir que dès le retour des vacances de Toussaint (lundi 5 novembre), le lycée provisoire sera ouvert. Nous serons au rendez-vous de nos engagements », rassure Marie-Carole Ciuntu, vice-présidente de la région en charge des lycées et maire LR de Sucy-en-Brie.

Une partie du personnel éducatif s’inquiète en revanche, s’interrogeant sur la fiabilité des mesures effectuées. « Au vu de l’importante quantité d’amiante présente dans les murs, la colle des dalles au sol et dans les flocages aux plafonds, l’équipe des personnels enseignants et d’éducation mobilisés estime que les tests ne permettent pas d’évaluer correctement les risques consécutifs à cet incendie et à l’infiltration de l’eau. En effet, les mesures d’air ont été effectuées fenêtres et portes ouvertes (contraire au protocole demandé par la société mandatée par la Région lors de l’incident amiante de décembre 2017). De plus, une simple vérification visuelle des flocages du rez-de-chaussée paraît insuffisante au regard du risque que représente le contact de l’eau et de l’amiante« , soulignent les membres du personnel enseignant dans un communiqué.

Ils réclament des prélèvements en surface afin d’évaluer les risques d’exposition à l’amiante, des prélèvements dans les flocages du rez-de-chaussée pour évaluer l’ampleur des infiltrations, le passage de la commission consultative départementale de sécurité et d’accessibilité ainsi que le passage de la commission d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail académiques (CHSCTA).

« Il y a un manque de transparence et une volonté d’accélérer les choses du côté de la région. Ils rassurent verbalement les enseignants pour qu’ils prennent la responsabilité de faire classe. Pour l’instant, nous n’avons aucun écrit, le seul document existant, c’est le résultat du test d’amiante dans l’air par des pompes mais l’intervention des pompiers a brisé les fenêtres. Ils ont donc mesuré non pas l’air des salles de classes, mais l’air libre », explique Jean-Noël Tardy enseignant ayant quitté l’établissement mais membre du CHSCTA.

Depuis plusieurs mois, certains enseignants exercent leur droit de retrait sur certaines salles de classes mais ce jeudi, ils pourraient le faire jouer sur la plupart de l’établissement. « J’ai donné rendez-vous à mes élèves au CDI demain pour leur rendre des contrôles. Nous avons l’impression d’entendre le même discours de la part de la direction qu’au cours des précédentes crises où l’on nous assure que l’on ne court aucun risque et l’on nous demande de faire confiance. La direction a appris qu’hier, le technicien qui passe tous les jours pour inspecter le faux plafond a constaté qu’une dalle avait été déformée. La salle a donc été fermée, pas colmatée, et j’imagine qu’il y aura des cours dès demain à côté. Les enseignants éprouvent une certaine lassitude. Nous voulons travailler dans d’autres locaux », exprime un autre enseignant.

 

 

 

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