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Formation | Créteil | 24/10
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Jean-Luc Dubois-Randé dévoile sa stratégie pour l’université de Créteil (Upec)

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Ecoles universitaires de recherche (EUR) autour de la transformation sociale et environnementale, Maison des sciences de l’Homme, nouveau bâtiment biologie… Elu le 7 septembre président de l’Upec (Université Paris Est Créteil) après un an de rebondissements électoraux, Jean-Luc Dubois-Randé, ancien doyen de la fac de médecine, défend une stratégie de projets s’appuyant sur un territoire monde et urbain propice à l’expérimentation. Entretien.

Quelle est votre vision stratégique pour l’université de Créteil?

Nous avons besoin d’une signature qui nous rassemble. Nous ne pouvons nous contenter d’une université pluridisciplinaire, même avec des composantes dynamiques. Une bannière commune autour de la transformation sociale et environnementale fait sens sur notre territoire qui ne couvre pas seulement le Val-de-Marne mais s’étend aussi du côté de la Seine-et-Marne, la Seine-Saint-Denis, l’Essonne, un territoire à la fois urbain et péri-urbain, qui connaît des inégalités, où se parlent des langues différentes…Ici, nous ne sommes pas intra-muros mais dans un territoire monde où nous pouvons expérimenter directement, y compris le principe de l’université en archipel, de Créteil à Sénart. Nous disposons de tous les éléments de réflexion environnementaux, numériques, sociaux, éthiques, pour répondre à cet enjeu de la transformation sociale et environnementale. Nous allons par ailleurs travailler sur l’Espé du futur (école supérieure du professorat et de l’éducation) dans le cadre d’un projet qui allie recherche et formation, s’interrogeant notamment sur comment la recherche peut impacter nos pratiques pour construire la montée en compétences, évaluer les savoirs, impliquer les enseignants.

« Une bannière commune autour de la transformation sociale et environnementale fait sens. »

Envisagez-vous également de développer de nouvelles formations ?

Sans doute y-t-il un sujet sur l’intelligence artificielle mais nous avons déjà beaucoup de forces pour penser le monde de demain, à valoriser et fédérer.

Concrètement, comment cela va-t-il s’organiser ?

Nous allons décliner nos axes stratégiques dans trois EUR (Ecoles universitaires de recherche) qui feront l’objet de réponses à la deuxième vague de l’appel à projets d’investissements d’avenir PIA 3, début 2019. La première portera sur la thématique inégalités, justice sociale et transformation environnementale. Elle s’appuiera sur une approche spatiale du territoire, des inégalités, des modes de vie… pour penser la société de demain. La seconde, sera dédié à la santé, santé publique, environnement et innovation, en particulier concernant les populations les plus fragiles (personnes âgées, femmes enceintes, personnes à faibles ressources…). L’enjeu sera notamment d’innover dans l’organisation et le suivi de ces populations en impliquant de nombreuses disciplines, scientifiques, juristes, économistes, urbanistes… La troisième sera consacrée aux francophonies et au multilinguisme dans le cadre d’une approche internationale avec d’autres universités, en complément d’un projet de réseau universitaire européen que nous allons proposer avec une lecture autour du monde latin. Au-delà de ces trois EUR, toutes trois sous la bannière transformation sociale et environnementale, nous souhaitons rendre plus visible notre campus spatial, alors que nous avons un des leaders du domaine, qui a travaillé sur la mission Rosetta, ceci dans le cadre d’un consortium avec d’autres universités et l’observatoire de Paris.

Les précédents appels à projets PIA, stratégiques pour les universités en raison des dotations financières qui sont à la clef, invitaient les universités à se rapprocher, voire à fusionner. Est-ce toujours une condition ?

Non, il s’agit de gros projets structurants et inter-universitaires mais on ne touche plus aux structures, on en est revenu. Il s’agit d’approches projets.

« L’Upec sera forte par son identité mais aussi par son réseau universitaire européen. »

Alors que la fusion avec l’Upem (Université Paris Est Marne-la-Vallée) a été définitivement abandonnée et que l’Upem a construit de son côté une nouvelle université avec une forte identité, en partenariat avec de nombreuses écoles de la Comue Paris Est (ndlr, Communauté universitaire qui réunit à la fois l’Upec et l’Upem mais aussi l’école vétérinaire de Maisons-Alfort, l’Esiee, l’école des Pont Paristech…), comment voyez-vous évoluer la relation entre l’Upec et l’Upem?

C’est très bien que l’Upem ait développé un projet très identitaire car nous sommes totalement complémentaires. Nous avons des laboratoires et formations communes et nos projets ont des interfaces avec l’Upem. L’enjeu est de renforcer les deux universités dans une dynamique de territoire en mutation. Mais nos partenariats ne s’arrêtent pas à l’Upem et concernent aussi les autres partenaires de la Comue ainsi que les autres universités. L’Upec sera forte par son identité mais aussi par son réseau universitaire européen.

Qu’en est-il de la fac de médecine ? Quel projet ?

Nous sommes très en pointe sur plusieurs sujets et très bien implantés territorialement avec des antennes en seine-et-Marne et autre. Nous sommes à la fois présents au CHU Mondor mais aussi au CHI de Créteil, au CHI de Villeneuve-Saint-Georges… et nous allons jusqu’à Fontainebleau et Coulommiers avec les généraliste. Sur le campus de Créteil, nous prévoyons un nouveau bâtiment biologie, qui sera voté d’ici à la fin de l’année.

L’Upec compte plus de 30 000 étudiants dispersés dans différents sites. Ce n’est pas facile à fédérer. Lors des élections, le taux de participation reste toujours faible, autour de 7%. Comment impliquer les étudiants dans le projet universitaire?

Pour commencer, nous leur avons fait place dans l’équipe de direction. Ensuite, nous avons plusieurs projets pour impliquer étudiants, notamment sur les thématique de la vie de campus, du développement durable et de l’économie sociale et solidaire, du sport… Concrètement, il est déjà possible de pratiquer du sport gratuitement et nous aimerions proposer un parcours sportif dans la ville pour relier les différents sites. Aujourd’hui, Créteil est une ville qui a une université mais ce n’est pas une ville universitaire. Toujours sur le thème du sport, nous prévoyons aussi d’impliquer les étudiants dans le projet de labellisation Génération 2024 lancé par le gouvernement dans le cadre des JO (voir projet détaillé). Nous avons également des événements déjà en place comme les L, les Job days… Il y a une vraie demande des étudiants de se sentir parties prenantes de l’université, certains demandent même des tee-shirts.

« Une Maison des sciences de l’homme à Créteil »

Au-delà de la communauté enseignante et étudiante ? Comment ouvrir l’université ?

Nous avons commencé par partager nos projets en organisant un séminaire à Fontainebleau le 12 octobre, qui a réuni plus de 130 personnes dont des collectivités et des élus. Cela nous a permis de présenter les axes stratégiques de manière détaillée sous forme d’ateliers et de comprendre les questions que les uns et les autres se posent pour créer des groupes de travail en conséquence. Nous aimerions également développer une Maison des sciences de l’homme à Créteil, qui comprendrait des laboratoires inter-universitaires, notamment un observatoire des inégalités européen, et serait aussi ouverte aux citoyens. Nous devons présenter ce projet à la ville prochainement.

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