Publicité
Publicité : Ordival 94
Politique locale | Le Kremlin-Bicêtre | 07/05/2018
Réagir Par

Au Kremlin-Bicêtre: les soutiens du maire ont lancé un parti et un collectif

Au Kremlin-Bicêtre: les soutiens du maire ont lancé un parti et un collectif
Publicité

Organisée en quelque jours et communiquée surtout par le bouche à oreille, la réunion de lancement du Kremlin-Bicêtre en avant, le mouvement politique local créé par les élus ex-MRC soutiens du maire Jean-Marc Nicolle mis en examen, a rassemblé une cinquantaine de personnes ce jeudi 3 mai. L’occasion de solder les comptes avec le MRC et de démarrer la campagne des municipales 2020. L’occasion aussi de lancer un nouveau collectif kremlinois, pour contrer le Collectif citoyen.

Dans la salle de l’espace André Maigné, membres ou ex-membres du MRC, élus de la majorité municipale, agents de la ville ou simples habitants ont pris place. Au micro, Didier Roussel, maire-adjoint et président du nouveau parti local, le premier adjoint Jean-François Banbuck, son trésorier, et Carole Poisat, maire adjointe également cofondatrice, lancent la discussion en annonçant tout de suite la couleur. La nouvelle association, Le Kremlin en avant, est née de la démission du MRC de 9 élus de la majorité municipale et a vocation à présenter des candidats lors des prochaines élections locales. L’association, déclarée comme parti politique, percevra désormais la quote-part des indemnités d’élus qui étaient auparavant  versées au MRC. Outre les 9 ex-MRC, il est annoncé que les 2 élus PRG sont solidaires de l’initiative pour ce qui est de la préparation de 2020. « Il est temps de faire de la politique autrement. La politique c’est bien beau mais l’important est aussi le parler vrai, comme tout le monde. Nous voulons enclencher quelque chose de novateur, remettre les projets locaux au coeur« , enjoint Carole Poisat avant de passer la parole à la salle. Les premiers témoignages émanent d’habitants, soutiens inconditionnels du maire. « Jean-Marc Nicolle a initié une autre politique qui tient compte des avis des Kremlinois. On le voit dans la rue, il organise des réunions dans les quartiers. C’est très novateur dans la ville », s’exclame un retraité. « Aujourd’hui, je vois des hyènes qui essaient d’attraper le morceau uniquement par intérêt personnel », accuse un ancien élu.

Règlement de comptes avec le MRC

Au premier rang, quelques habitantes entendent toutefois obtenir des explications, et ne sont pas venues que pour plébisciter leur édile. « Pourquoi démissionner du MRC ? Et pourquoi maintenant? Il est difficile de ne pas penser que cela est sans rapport avec les affaires qui touchent Jean-Marc Nicolle! » lance l’une d’elles. « Et oui, pourquoi maintenant ? C’est la question que tout le monde se pose », insiste un participant assis derrière. Pour répondre, Jean-François Banbuck reprend le micro. « Le MRC est devenu une organisation zigzagante et autocratique », dénonce le premier adjoint, revenant sur l’incapacité du mouvement à rassembler les parrainages pour aller aux présidentielles, le soutien à Benoit Hamon puis le soutien au candidat de la France insoumise lors de la législative partielle de Belfort en janvier 2018 alors que le candidat MRC avait bénéficié du soutien du PS lors de législative de juin 2017. « Le MRC est devenu un canard sans tête« , lâche encore Jean-François Banbuck. « Oui mais pourquoi maintenant?« , persiste-t-on au premier rang. « Lorsque nous avons annoncé que nous souhaitions partir, après la partielle de janvier, on a considéré nos raisons comme nulles et non avenues. Nous n’avons pas fait de publicité de notre départ car cela fait 40 ans que je fais de la politique avec Jean-Luc Laurent et il préparait son congrès. Nous voulions nous éloigner de manière discrète. Mais ce que déverse aujourd’hui le MRC est inadmissible. J’ai moi même été mis en cause », s’indigne l’élu (Ndlr En marge des soupçons de corruption pour lesquels le maire est mis en examen, le MRC a décidé de porter plainte contre Jean-Marc Nicolle pour facturation indue à l’association de formation des élus du MRC et a révélé il y a quelques semaines que c’est le premier adjoint, expert comptable de métier, qui certifiait alors les comptes de l’association de formation. Ce dernier avait répliqué en indiquant que c’est un autre cabinet qui certifiait les comptes de l’association les années principalement concernées. Voir article détaillé). « Enfin, il y a bien un lien dans le temps entre la démission du MRC et l’affaire qui touche le maire« , reprend une des participantes, qui n’a pas l’intention de lâcher l’affaire. « Lorsque nous avons pris notre décision fin janvier, Jean-Marc Nicolle n’avait pas encore de problèmes« , répond l’élu. « Mais il y avait tout de même eu des perquisitions, et la police ne perquisitionne pas sans raison », martèle l’habitante. « La perquisition portait sur les exercices 2013 à 2015. A cette époque, Jean-Marc Nicolle n’était pas maire », glisse le premier adjoint.

Sollicité au téléphone, Bastien Faudot, porte-parole du MRC, candidat pressenti à la présidentielle s’il avait eu ses parrainages, et candidat aux législatives de juin 2017 à Belfort, balaie les motifs de démission avancés. « Je peux imaginer les désaccords mais ils n’ont jamais été exprimés. Il n’y avait pas une voix dissonante au Secrétariat national dont Jean-Marc Nicolle était membre, et je n’ai pas entendu un Kremlinois exprimer un désaccord avec le Conseil national. j’ai du mal à ne pas faire de rapprochement dans les dates alors que la démission correspond au moment où nous avons demandé des comptes à Jean-Marc Nicolle! Concernant les parrainages, je rappelle que c’est Jean-Marc Nicolle qui en était en charge, et concernant le choix de soutenir Benoit Hamon, nous avions un accord de majorité avec le PS. Certes, nous avons eu des désaccords sur un certain nombre de sujets  durant le quinquennat mais Benoit Hamon incarnait les frondeurs avec qui nous avions partagé à plusieurs reprises nos positions », réagit le porte-parole du MRC. A propos de la partielle de Belfort, l’ex-candidat de juin 2017 rappelle être arrivé derrière LFI et avoir décidé de renoncer lors de la partielle suivante, tout comme l’a fait le PCF, pour avoir une chance de conduire un candidat de gauche au second tour. Une tentative infructueuse car du coup, le PS, qui soutenait le MRC en juin, a présenté son propre candidat qui a fait 2,5%, ajoute le porte-parole du MRC. Ce dernier raille par ailleurs le positionnement pragmatique et hors partis traditionnels du nouveau mouvement local. « Le pragmatisme n’est pas une idée. Cela revient à se débrouiller avec le système tel qu’il est sans le remettre en question, sans faire de choix stratégiques, sans projet de société. C’est une illustration de plus de la décomposition de la gauche », tacle Bastien Faudot qui défend « l’intelligence collective produite par un parti ».

C’est parti pour la campagne de 2020

Une fois évacuée la question du MRC, la réunion de ce jeudi 3 mai se recentre rapidement sur la politique locale. « Serez-vous en mesure de mener le projet municipal de 2014 à son terme? » s’inquiète un habitant. « Oui, nous sommes majoritaires », rassure Jean-François Banbuck en exposant sa manière de calculer, mettant en avant les 11 élus solidaires de la démarche Le Kremlin en avant tandis que les 16 autres membres de la majorité se répartissent entre 5 PS,  5 PCF,  4 MRC et  2 UDE. « Le programme ne pose de problème à personne », rappelle l’élu, qui attend donc du reste de la majorité qu’elle vote les délibérations en conséquence, sans faire d’opposition « par intérêt personnel« . Le premier adjoint promet néanmoins la réunion de majorité réclamée par les partenaires depuis le début de l’affaire Nicolle, d’ici « deux à trois semaines« . (mise à jour du 8 mai, cette réunion est prévue le 17 mai) Au-delà du mandat en cours, il s’agit aussi surtout de préparer la municipale de 2020. « Il est inconcevable de laisser la ville à ceux qui ne bossent pas! », insiste une élue. On passe aux leçons pratiques. L’association permet un crédit d’impôt de deux-tiers sur les cotisations dont le montant minimal est fixé à 20 euros, rappelle-t-on. Une participante demande s’il n’est pas possible de promouvoir le mouvement sur le site ou la page Facebook de la ville. « Non, mais nous allons créer un blog », recadre Carole Poisat. « Je n’ai jamais été membre d’un parti politique, je suis content de m’engager ce soir« , annonce un habitant. « Je voudrais qu’on me parle un langage simple et compréhensible« , réclame une de ses voisines dans la salle. Les suggestions pleuvent pour organiser le mouvement, comme la tenue de réunions quartier par quartier, lors desquelles chacun conviera quelques personnes  pour mieux se connaître et faire grossir l’équipe.

Commencée à 19 h, la réunion s’achève à 20h30, largement dans les temps pour les amateurs de foot pressés d’aller voir le match OM-Salzbourg qui démarre à 21 heures. « On a fait attention! », note Didier Roussel, satisfait de cette cinquantaine de personnes. Pas mal pour une réunion à peine annoncée.  Surtout, les sujets délicats ont été expédiés dans les temps. Et personne n’a posé de questions gênantes concernant la mise en examen du maire pour abus de confiance, favoritisme, trafic d’influence et corruption active. Plusieurs participants ont au contraire insisté sur la présomption d’innocence, comme pour écarter cette ombre au tableau de perfection qu’ils se font de leur élu. Difficile de voir les choses en nuances de gris…

Hors réunion, des proches du maire reconnaissent à demi-mots se poser des questions, être « vigilant ».  Entre l’affaire pour laquelle le maire est mis en examen avec l’une de ses collaboratrices et les soupçons de facturation indue à l’association de formation des élus dont l’accuse le MRC, un certain nombre de questions restent en suspens, qui interrogent même les meilleurs amis, car la présomption d’innocence ne constitue pas une réponse. Au fond, regarder la situation en noir ou blanc ne vas pas de soi non plus, qu’on ait décidé de faire partie des soutiens inconditionnels ou de prendre ses distances. « Pour moi, les faits n’occultent en rien ce que Jean-Marc Nicolle a apporté à la ville. Je l’ai vu à l’oeuvre. Il a énormément de capacités de travail, sait donner sans compter et a de vraies qualités relationnelles avec les gens, sans jamais de mépris« , reconnait ainsi Bastien Faudot.

Un collectif citoyen bis pour défendre le maire

Alors qu’un collectif, le « Forum citoyen », a donné de la voix à plusieurs reprises depuis la mise en examen, pour réclamer des explications publiques et la tenue d’un Conseil municipal extraordinaire, organisant manifestation et pétition, des soutiens du maire, non élus, ont aussi décidé de créer leur propre collectif, le « Collectif kremlinois de défense des intérêts de notre ville », et sa propre pétition, sous forme d’appel. L’objectif est double: d’une part répondre au collectif Le Forum citoyen, qualifié par les soutiens du maire de « groupuscule« , d’autre part fédérer les habitants au-delà des seuls militants, adhérents de l’association Le Kremlin en avant. Dans son appel, le collectif kremlinois met en avant la présomption d’innocence, affirme que la gestion de la ville « ne saurait être confisquée par des appareils ou des partis politiques alors que nous attendons des élus d’être présent sur le terrain pour défendre les intérêts des Kremlinois » et réaffirme son soutien au projet municipal en cours.

Les Républicains partent en campagne

Alors que la majorité municipale du Kremlin-Bicêtre se déchire, le groupe des Républicains a pour sa part lancé l’offensive sur les marchés en diffusant une lettre au vitriol. Le délégué local, Jean-Michel Tanguy, et les élus LR qui sont cinq au Conseil municipal (Léa Morgant, Pascal Reisser, Rose-Marie Loembe et Colette Khabbaz) y dénoncent l’annulation du Conseil municipal du 12 avril au dernier moment, regrettant un « mépris des conseillers municipaux et de ceux qui les ont élus« , fustigent la Lettre du maire qui évoque une affaire privée, considérant au contraire que les procédures judiciaires en cours créent « une grave crise de confiance« . Les militants poursuivent leur lettre sur les questions de sécurité, dénonçant les points de deal de drogue, une police municipale insuffisante et vidéoprotection à renforcer.

Abonnez-vous pour pouvoir télécharger l'article au format PDF
Merci de votre lecture !

Nous mettons la plupart de nos articles en ligne gratuitement afin quʼils puissent être lus par tous mais lʼinformation a un coût.

C’est pourquoi, au-delà d’un certain nombre d’articles consultés gratuitement sur une période, nous vous proposons de vous abonner.

Si cet article vous a intéressé, et si vous souhaitez quʼil y a en ait beaucoup dʼautres, vous pouvez aussi contribuer à notre développement et à notre indépendance, soit en vous abonnant, soit en faisant un don, même modeste et ponctuel.

Un commentaire pour Au Kremlin-Bicêtre: les soutiens du maire ont lancé un parti et un collectif
Ajouter une photo

N'envoyez que des photos que vous avez prises vous-même, ou libres de tout droit. Les photos sont publiées sous votre responsabilité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A lire aussi