Mouvement social | Créteil | 07/02
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Manif festive sous la neige pour défendre le Val-de-Marne

Manif festive sous la neige pour défendre le Val-de-Marne © Fb

Gilets jaunes, calicots bleu turquoise et rouge sur fond de neige blanche, bonnets à ponpon… Il y avait de la couleur et du son ce mercredi devant la préfecture.  Élus, agents départementaux, syndicalistes, associatifs, étudiants… Près de 2000 personnes ont participé au rassemblement organisé dans le cadre de la « journée sans département ». 

Michèle, infirmière en centre de planification et d’éducation familiale de Saint-Maur-des-Fossés, s’est coiffée d’un chapeau dans lequel elle a glissé des plaquettes de pilules contraceptives. « Dans nos centres, des équipes pluridisciplinaires prennent en charge les femmes de 15 à 50 ans dans le suivi des grossesses, le dépistage et le traitement des MST. Nous intervenons également auprès des collèges pour faire des séances d’information. La loi fixe un seuil minimum de centres de planning familial par département et grâce au Conseil départemental, nous sommes un territoire particulièrement bien couvert avec 32 centres », défend-elle.

Les agents de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) brandissent un cercueil sur lequel ils ont écrit en lettres rouges « On dit non ! ». « La MDPH permet d’ouvrir les droits pour les 94 000 personnes handicapées vivant en Val-de-Marne (7% de la population). Ce nombre a doublé depuis sa création en 2006. Sans le Conseil départemental, qui a régulièrement augmenté sa contribution, notre avenir et celui des personnes que nous accompagnons est menacé », explique Marie Du Bouetiez, directrice de la MDPH du Val-de-Marne.

Avec leurs poupons, les agents des crèches départementales ne passent pas inaperçus. « 80% des enfants de moins de 1 an sont accueillis dans des structures financées par le Conseil départemental. Que se passerait-il s’il venait à disparaître ? Aujourd’hui, nous sommes en mesure de proposer aux parents un accueil et une prestation de qualité parce que nous avons les budgets pour le faire. Nous nous inquiétons d’un éventuel transfert vers une autre communauté moins regardante sur les conditions de travail et la qualité de service », redoute Nathalie, directrice de crèche à Champigny-sur-Marne.

Murielle et Corinne travaillent au domaine Chérioux et craignent la disparition de l’école de puériculture. « Au sein du service des formations métiers de l’enfance, certaines prestations ne relèvent pas de la compétence obligatoire du département, notamment la formations des puéricultrices. A Versailles, lorsque le département a du faire des économies, l’école a été fermée. L’offre pléthorique de formation que nous proposons sera considérablement réduite en cas de disparition du département ».

Les usagers se sont également joints à la mobilisation. « Depuis le premier janvier, mon père bénéficie de la gratuité des transports. Mes enfants ont reçu leur ordinateur lorsqu’ils sont entrés au collège. Avec les campagnes de communication de ces derniers mois, j’ai vraiment pris la mesure de tout ce que nous devions au département, et de tout ce que nous pouvions potentiellement perdre au travers de sa disparition », réagit Cédric, frigorifié mais agitant son drapeau bleu ciel aux couleurs du Val-de-Marne.

Des villes aussi sont de la partie, à l’instar de Valenton, qui a fait affréter des cars pour transporter agents municipaux et habitants à Créteil. « Cette année, il nous manque 400 000 euros pour boucler le budget. Imaginons que le département disparaisse et que l’on nous transfère ses compétences, nous n’aurons pas les moyens d’y parvenir. Ce genre d’événement permet de faire comprendre à la population et au gouvernement que ces services publics et ses politiques volontaristes sont indispensables et qu’il faut les préserver », insiste Françoise Baud, maire de Valenton. D’autres villes ont témoigné leur soutien à la mobilisation comme Fontenay-sous-Bois, Choisy-le-Roi ou Villeneuve-Saint-Georges.

Les représentants des étudiants de l’Upec étaient également présents pour défendre le département. Ainsi, l’Unef a défendu les dispositifs étudiants mis en place pour les étudiants comme le pass Navigo en tarif réduit. « J’ai écrit une lettre à Patrick Ollier, président de la métropole pour savoir s’il comptait remplacer le programme d’aide aux associations (proj’aide) du département et je n’ai jamais eu de réponses. Je pense également à la construction de la Maison de l’environnement qui n’aurait pu voir le jour sans que le département donne le foncier », plaide de son côté Mihai Guyard, représentant la Fédération des association de Créteil. L’élu étudiant, qui milite pourtant La République en Marche, rejette cette fois la position prise par LREM 94, hostile à la mobilisation.

Tribune plurielle

Entouré de conseillers départementaux de tous bords, Christian Favier, à la tribune, fustige« les technocrates qui ne quittent jamais le 7ème arrondissement » et s’inquiète de la fin de la décentralisation. « Cette perspective je la refuse, nous la refusons. Et nous ne sommes pas seuls. Plus de 450 maires et 1000 élus d’Ile de France se sont clairement exprimés contre cela. 40 000 Val-de-Marnais ont déjà signé la pétition pour dire non à la suppression du Val-de-Marne. Le mouvement grandit, les trois quarts de nos concitoyens qui se disent opposés à la disparition du Département commencent à être exaspéré du mépris et de la morgue avec laquelle le pouvoir les traite », tonne l’élu.

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