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Politique locale | Villejuif | 22/03
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Marc Badel à Villejuif: « Je ne suis pas un traître »

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Que ce soit au sein du MRC Val-de-Marne ou parmi ses colistiers, le départ de Marc Badel des rangs de l'opposition de Villejuif pour rejoindre ceux de la majorité du maire LR Franck Le Bohellec a suscité la sidération. L'intéressé se défend  d'avoir trahi et explique sa logique. Le maire se réjouit.

« Marc Badel avait pris ses distances avec le mouvement depuis quelques mois et en a démissionné fin février, mais cette décision reste une très grande surprise. Il a trahi le MRC et la parole qu’il avait donnée aux électeurs en 2014. Il rallie un attelage politique hasardeux au service d’un projet politique aux antipodes de celui qui était défendu par la liste de Claudine Cordillot en 2014 », réagit ainsi Esteban Piard, du MRC 94. « Personnellement, la fidélité à ses idées est quelque chose qui compte. Il était dans une liste de gauche et vole au secours d’un maire de droite qui était en situation de ne plus avoir de majorité. On a le droit de changer d’idées mais lorsque l’on est élu, on doit alors remettre son mandat par respect pour les électeurs« , estime pour sa part Claudine Cordillot, ancienne maire PCF de la ville, qui note au passage avoir appris la nouvelle par la presse, et non par l’intéressé. Pour le conseiller d’opposition LREM Philippe Vidal encore, l’élu aurait cédé à la tentation d’un futur mandat d’adjoint. Seul le maire, Franck Le Bohellec, applaudit à deux mains.  « Nous sommes à une période charnière de l’histoire de notre commune et je m’emploie quotidiennement à lui permettre de prendre le tournant de son histoire, malgré les oppositions parfois brutales et les obstacles, et avec pour motivation unique et profonde l’amélioration de la vie de tous les habitants de la commune. Monsieur Badel a eu l’occasion de m’indiquer qu’il partage pleinement ces objectifs pour notre ville et que la trajectoire d’avenir que je trace pour Villejuif lui apparaît comme la plus pertinente. (…) Nos parcours politiques récents sont différents et ils ont fait que Monsieur Badel et moi siégions jusqu’à lors sur des bancs différents. Cependant, je sais aujourd’hui que nous partageons la même vision du bien commun et de l’avenir de notre ville« , se projette l’édile.

Face à ces appréciations diverses, Marc Badel s’explique.  Voir article précédent sur l’annonce de son ralliement à la majorité.

Interview de Marc Badel

Rallier la majorité après avoir cosigné tous les communiqués communs de l’opposition, jusque la lettre à la procureure de la République pour dénoncer le maire, ne vous semble-t-il pas contradictoire ?

« J’ai toujours été cohérent. Quand j’étais dans l’opposition, je m’associais aux démarches de l’opposition même si ce n’est pas moi qui les initiais, par solidarité de groupe. Je ne voulais pas me singulariser mais je l’ai fait de façon passive. »

Quel élément déclencheur vous a fait quitter l’opposition ?

« Je souhaitais que ma démarche au sein du Conseil municipal soit constructive mais cela est devenu impossible en raison de l’opposition systématique, notamment de la surenchère de Philippe Vidal qui fait de l’obstruction en posant à chaque fois un tunnel de questions. Je ne dis pas que la majorité n’a pas sa part de responsabilité mais le préfet a été informé de ce qu’il se passe et s’il y avait un problème grave, il aurait agi. Il y a donc bien surtout un problème de politique politicienne. Les Villejuifois en ont assez de ce vaudeville, nous avons besoin de cohérence. »

 

 

Dans votre entourage, votre ralliement a été vécu comme une trahison. Comprenez-vous ce sentiment ?

« Je n’ai pas l’impression d’être un traître. Les valeurs que je porte n’ont pas changé. J’ai toujours été souverainiste, pas seulement de gauche. J’ai suivi Chevènement mais aussi Seguin dans cette voie. Je suis attaché à la patrie. Je reste également attaché à la mixité sociale, à la dimension populaire de la ville et j’ai échangé sur ce point avec le maire. »

Que dites-vous aux électeurs de 2014 qui vous ont élu au Conseil municipal sur une liste clairement positionnée à gauche ?

« Je leur dis qu’il faut aller au-delà de la politique politicienne et des clivages partisans. Je sais qu’ils sont attachés à Villejuif et qu’eux-mêmes comprennent très bien qu’on ne peut pas laisser la ville dans un tel blocage. Je leur dis que ma démarche est utile pour les habitants. Je serai vigilant sur la mixité sociale, le logement social, la requalification des quartiers sud et les autres dossiers sur lesquels j’ai toujours fait part de ma différence. J’ai par exemple voté pour la police municipale et la vidéoprotection. En termes de cohérence de parcours, j’ajouterai que ceux qui étaient dans la majorité hier et qui sont devenus aujourd’hui les pires opposants ne sont pas plus crédibles. »

Comment voyez-vous votre place dans la majorité ?

« Ma priorité concerne le projet Cancer Campus et la requalification des quartiers sud, devenue urgente. C’est pour faire avancer ces dossiers que je rejoins la majorité. Pour autant, je reste libre et sans étiquette. Je ne donne pas un chèque en blanc et je ne signerai rien les yeux fermés. »

Sur quels dossiers allez-vous travailler?

« Nous avons discuté de différentes thématiques mais rien n’est défini pour l’instant. Il n’y a pas eu de discussion de portefeuille. Cela se discutera avec l’équipe. »

Avez-vous été tenté par un mandat d’adjoint et l’indemnité d’élu d’environ 2000 euros qui va avec ?

« C’est bien mal me connaître. Si j’étais dans cette logique, j’aurais pu le faire avant, je n’aurais pas attendu deux ans avant les municipales. En outre, j’ignorais au moment où nous sommes parvenus à un accord que Maryse Dumont-Monnet allait démissionner. Si je cherchais un avantage financier, je n’aurais pas choisi le MRC alors que ce n’est pas la formation la plus porteuse. Il n’a pas été question de poste. Il n’est pas d’actualité à ce jour que je sois 13ème adjoint. »

Que pensez-vous faire aux municipales de 2020 ? Pensez-vous rester à Villejuif alors que vous travaillez au Conseil départemental de Vendée ?

« Je ne sais pas encore. Il y a encore beaucoup de travail pour préparer les municipales. Si j’étais obsédé par les municipales, je ne prendrais pas de risque. »

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