Urbanisme | Noiseau | 19/10/2018
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Noiseau : l’agro-quartier économique télescopé par le projet de prison

Noiseau : l’agro-quartier économique télescopé par le projet de prison © GPSEA
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Dépôt de bus au biocarburant d'Ile-de-France Mobilités,  incubateur de startups autour de l'agriculture, usine de transformation d'alimentation bio pour les cuisines collectives, parc d'activités TPE-PME, logements, jardins partagés... c'est un agro-quartier complet et déjà très avancé dans sa faisabilité que la ville de Noiseau et le territoire du Grand Paris Sud Est Avenir ont prévu d'installer en place de l'ancien site France Télécom. Un projet à un millier d'emplois et 300 logements que les élus n'entendent pas voir télescopé par une prison. Explications en images.

Vu du ciel et de la place Vendôme, l’ancien site France Telecom de Noiseau constitue un lieu idéal pour construire une prison, posé comme une enclave au milieu des champs, entre les centre-villes de Noiseau et de La Queue-en-Brie. Vu des territoires et des habitants, ce site d’une douzaine d’hectares a au contraire vocation à renforcer le développement économique local et répondre aux impératifs de construction de logements, ceci dans le cadre d’un projet d’agro-quartier qui doit sortir de terre avant 2023. Le territoire Grand Paris Sud Est Avenir, qui comprend 80% des terres agricoles de la Métropole du Grand Paris, entend en faire un démonstrateur de l’agro-économie innovante ainsi que des nouvelles formes d’habitat dans ces espaces péri-urbains. Pour la ville de Noiseau, qui compte moins de 5000 habitants, l’enjeu est aussi de reconnecter cette enclave au centre-bourg.

Identifié depuis octobre 2008 comme une zone à développer, le site de l’opérateur télécom, qui fut le premier à recueillir, le 12 avril 1961, les salutations lancées dans l’espace par Youri Gagarine (voir la notice sur le site de la ville de Noiseau) et sur lequel il reste encore quelques agents, a donc été progressivement acquis par le territoire Grand Paris Sud Est Avenir, lequel a aussi investi un demi-million d’euros en études pour mûrir les projets et construire une proposition complète qui doit être mis en concertation publique dès novembre, au retour des vacances d’automne. D’ores et déjà,  une zac (zone d’aménagement concerté) a été créée officiellement début avril pour porter cet aménagement.

Concilier développement urbain et paysages

Concrètement, le projet s’appuie sur l’identité actuelle du site qui mélange bâtiments en friche et espaces végétaux, avec de larges perspectives vers les champs et la forêt Notre Dame. Une  imbrication entre espace naturel et espace urbain que le projet entend matérialiser par des îlots de un hectare intégrés dans le paysage et modulables en fonction de leur destination (activités, logements…).

Agro-alimentaire, agro-construction, agro-transports

Concernant la thématique économique, le projet prévoit à la fois une forte dominante agro-alimentaire avec notamment des usines de transformation alimentaire biologique à destination des cuisines collectives. « Il manque actuellement des usines de ce type en Ile-de-France et nous sommes en discussion avec des opérateurs », indique-t-on au territoire. Dans les bâtiments en croix, situés au bout de l’allée arborée, qui sera transformée en verger, il est prévu d’installer un incubateur de startups autour de l’agriculture et l’agroalimentaire. Des discussions sont déjà engagées avec plusieurs d’entre elles, dont l’une travaille sur un éclairage led innovant pour l’agriculture, et une autre produit des laits fermentés aux saveurs fruitées. Le futur agro-quartier prévoit aussi un parc d’activités de 9500 m2 destiné aux TPE-PME, déployé sur trois ou quatre îlots, en privilégiant les activités agroalimentaires et en circuit court. Il est aussi envisagé de développer une  filière de production du chanvre et d’installer des entreprises innovant dans le domaine des éco-matériaux. Un autre pôle sera dédié à un centre bus de nouvelle génération roulant au biogaz, directement produit sur site par méthanisation des déchets agricoles.

 

 

Des négociations déjà avancées avec Ile-de-France Mobilités

Concernant le centre de bus, le projet est déjà entré dans sa phase concrète puisque le territoire et l’autorité des transports de la région se sont rencontrés à plusieurs reprises et sont sur le point de finaliser la cession du terrain à IDFM pour y implanter ce centre de nouvelle génération. Une implantation qui s’inscrit dans la stratégie 100% bus propre à horizon 2024 de de l’autorité. Au-delà du biocarburant, la réflexion est aussi toujours en cours pour développer également un approvisionnement en hydrogène, en lien avec un constructeur automobile proche.

Reconnecter avec le centre de Noiseau

Le projet vise aussi à reconnecter cette parcelle excentrée à la ville de Noiseau, en prolongeant son emprise jusqu’au centre-ville le long de la RD136. Le terrain de sport serait aussi relocalisé à côté du supermarché afin de dégager de l’espace pour restructurer le coeur de ville.

 

300 logements

Concernant les logements, ils seront situés en deux endroits, tous deux extérieures à l’emprise initiale du site France Télécom. Un premier îlot de 150 logements assortis de jardins partagés et potagers en lisière sont prévus entre le cimetière et le centre-ville, sur des terrains constructibles en cours d’acquisition. Un deuxième îlot de 150 logements est prévu dans un deuxième temps pour faire la jonction entre le site et le centre-ville, au niveau de l’Intermarché.  Le tout dans le cadre d’immeubles de deux à trois étages, avec des appartements d’une moyenne de 62 m2.

Transports

En termes d’accessibilité, le site, bien qu’à l’extérieur des centre-villes, est proche de la RD4, et est connecté au RER A de Sucy-Bonneuil en un quart d’heure de bus. Il est également sur le chemin de la future voie de bus en site propre Altival qui reliera la gare Grand Paris Express de Bry-Villiers-Champigny (RER E et ligne 15 Sud).

Un calendrier en deux temps

Le calendrier de réalisation de ce nouvel agro-quartier est prévu en deux temps, avec une première phase dès 2019 qui ne nécessite pas de réviser le PLU de Noiseau, lors de laquelle seraient lancés le centre de bus d’Ile-de-France Mobilités et les activités économiques sur l’emprise actuelle du site France Télécom, ainsi que la première parcelle de logements en lisière du centre-ville. La second phase (de 2020 à 2023) visera à reconnecter le site avec le centre-ville, en construisant des logements, potagers lisières et jardins partagés  le long de la D136, après révision du PLU. Dans l’immédiat, la concertation publique et présentation du projet doit démarrer en novembre. Le projet de prison, lui, est prévu à un horizon plus lointain, 2027. Mais les deux, prévus au même endroit, ne peuvent coexister. Il faudra trancher. Pour le territoire, le projet d’agro-quartier, mûri depuis plusieurs années, a une vocation d’intérêt général en termes d’emplois, de logements et de développement, qui ne peut être remis en question. Lors de la conférence de presse donnée par les élus ce jeudi, le président du territoire, Laurent Cathala, a rappelé que le territoire était propriétaire et qu’il irait au bout de toutes les procédures pour lutter contre une expropriation et mener à bien le projet en cours.

Lire à ce sujet : 

Noiseau accueillera une prison de 700 places d’ici à 2027

Les élus du Val-de-Marne vent debout contre la prison à Noiseau

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