Orientation | Villeneuve-Saint-Georges | 28/05/2018
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Parcoursup: la ministre s’est confrontée au terrain

Parcoursup: la ministre s’est confrontée au terrain
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Arrivée à 14h30 et repartie à 16h30, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal n'a pas compté son temps ce vendredi au lycée Arago de Villeneuve-Saint-Georges, où elle venait partager les premières impressions sur Parcoursup et motiver les raisons de la réforme.

Arrivée par une porte de côté pour éviter tout comité d’accueil syndical, la ministre a participé à deux tables rondes de chacune près d’une heure, l’une avec les élèves, l’autre avec les professeurs.

Dans l’ensemble, la quinzaine d’élèves qui étaient invités à rencontrer la ministre reflétaient assez bien la statistique nationale, certains ayant déjà fait leur choix, d’autres étant sur des listes d’attente ou refusés partout, d’autres encore découvrant que des filières qu’ils ne pensaient pas sélectives l’étaient. Les questions posées : les critères de classement, les questions relatives à l’alternance (voir article détaillé), l’impression un peu décourageante d’être loin dans la liste d’attente, le fait que toutes les formations ne sont pas encore sur Parcoursup, les réponses positives dans des établissements très éloignés géographiquement… « C’est un système dynamique », a insisté à plusieurs reprises la ministre, promettant que deux tiers des élèves auraient au moins une réponse positive avant les épreuves du bac. « Si vous avez l’impression d’être loin, cela ne veut rien dire. Mais si vous voyez que les choses n’avancent pas, il faudra vous poser des questions. » Comparant le dispositif à celui de l’an dernier, la ministre de l’Enseignement supérieur a rappelé que seulement 62% des élèves avaient accepté les propositions d’APB en 2017.

Aux côtés de la communauté éducative, les élus n’étaient pas en reste de cette visite ministérielle avec un député, une sénatrice, une conseillère départementale et un conseiller régional, chacun d’un bord politique différent. Le plus enthousiaste, le député LREM de la circonscription, Laurent Saint-Martin. « Elle a bien rappelé la priorité: arrêter le tirage au sort. Il faut que chacun puisse s’orienter là où il y a des débouchés et c’est très bien de réintroduire de l’humain dans les situations critiques. Pour l’instant, le système fonctionne bien », se réjouit le parlementaire. « J’ai été très frappée par la grande angoisse qui ressortait des témoignages. C’est bien de venir faire le service après-vente, mais il aurait été utile de mieux donner le mode d’emploi en amont », commente en revanche Jeannick Le Lagadec, conseillère départementale LFI. « Dans certaines classes de lycées de quartiers populaires, les taux d’élèves n’ayant pas eu d’offre nette au premier jour dépassent les 70%. Comme nous pouvions le craindre, Parcoursup se révèle être un instrument de discrimination supplémentaire. Les plus favorisés sont servis en premier, les autres doivent attendre », a cosigné la conseillère départementale dans un communiqué commun du groupe FG du Conseil départemental. Sénatrice PS , Sophie Taillé-Polian n’est pas non plus ressortie convaincue. « C’est un classement arbitraire des élèves qui n’a en plus aucun sens car les premiers retenus sont ceux qui ne voudront pas des formations. On passe donc du temps à classer des gens pour rien! » Quant à Laurent Jeanne, conseiller régional LR,  il a apprécié la démarche de venir sur le terrain pour rendre compte et recueillir les ressentis, tout en exprimant ses craintes sur l’apprentissage (voir article dédié). « Mais je trouve cela dommage que  nous n’ayons pas pu prendre la parole car la ministre ne voulait écouter que des ‘vrais gens’. Nous n’avons pu lui parler en off qu’à la fin de la visite. Nous sommes aussi des vrais gens même si nous sommes élus! »

 

 

Les parents d’élèves, eux, n’ont pas été conviés du tout. « C’est regrettable. Les représentants de parents d’élèves sont des élus de la République aussi et sont parties prenantes de la communauté éducative. De la même manière, il n’y a pas de parents d’élèves dans la CRAES (ndlr, Commission régionale qui va traiter les dossiers des élèves qui n’ont obtenu aucune formation, voir article dédié), on reste dans l’entre-soi de l’Education nationale« , s’agace Myriam Menez, présidente de la Peep du Val-de-Marne.

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