Politique locale | Chevilly-Larue | 22/06
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Passe d’armes sur le parvis du cimetière au Conseil municipal de Chevilly-Larue

La rénovation du parvis du cimetière intercommunal de Chevilly-Larue continue de faire polémique à Chevilly-Larue. La semaine dernière, deux pétitions ont été lancées pour protester contre tout projet immobilier à cet endroit. Ce mercredi 20 juin, c’est par une déclaration sur ce sujet que la maire PCF de la ville, Stéphanie Daumin, a commencé la séance, avant que l’opposition ne réplique.

Dans une longue déclaration préalable, la maire a regretté les « rumeurs » circulant dans le quartier Larue et relayées par des élus, avant de faire le point sur le sujet. « Cinquante ans après leur construction, les locaux ont été dévoyés de leur vocation initiale, qui prévoyait deux galeries marchandes organisées de part et d’autre de la porte d’entrée du cimetière, comme l’indique le permis de construire déposé en 1967. Bien loin de galeries marchandes, le parvis fonctionne aujourd’hui davantage comme une zone d’activités, proposant en effet visuel sur le boulevard des vitrines aux rideaux de fer dont la plupart restent fermés en permanence, offrant une image peu valorisante pour le quartier, contribuant même pour certaines activités à dégrader notre environnement. Ce n’est pas à la hauteur de la solennité que les familles des défunts sont en droit d’attendre d’un parvis de cimetière,  tout comme ce n’est pas à la hauteur de l’image que l’on veut donner de notre commune« , pose l’élue. C’est dans ce contexte qu’a été mandaté un cabinet pour réaliser une étude et établir un diagnostic partagé en recueillant l’avis de chacun, poursuit l’élue. « Au cours des plusieurs réunions de quartiers, de nombreux résidents ont émis le souhait d’avoir plus de commerces de proximité, une banque avec distributeur automatique de billets, ou encore des entreprises de services à la personne, voire une structure médicale et paramédicale. Les locaux commerciaux du parvis, bénéficiant d’un effet vitrine sur une avenue très passante, ont souvent été mentionnés comme étant bien situés pour accueillir ce type de fonctions« , note l’édile qui rappelle que « deux impératifs forts » seront respectés : le respect du caractère solennel du cimetière et le souci de ne pas fragiliser les commerces alentour, notamment ceux de la Croix du Sud, « mais au contraire travailler dans une démarche de complémentarité« . Pour l’heure, « il n’y a aucun projet dans les tiroirs », insiste la maire. « Rien ne sert, donc, de crier au loup et d’appeler à une mobilisation générale contre un projet qui n’existe pas. » Logement ou pas ? Cela dépendra des fruits de la concertation, indique l’élue. « Mais une chose est certaine : à aucun moment n’a été envisagée l’implantation de logement social à cet endroit. La question du logement sur le parvis ne peut de toute façon être envisagée que de manière extrêmement parcimonieuse, en nombre très limité, et seulement si cela vient servir un projet auquel les riverains adhèrent au terme de la concertation. Il y en a d’ailleurs déjà 3 sur le site. »

 

L’édile a par ailleurs rappelé que le projet avait déjà fait l’objet d’une explication lors de la séance d’échange avec le public accompagnant le débat d’orientations budgétaires du Conseil municipal de mars 2018. « Voilà 10 ans que je m’investis corps et âme pour ma commune en tant qu’élue locale.  J’y consacre toute mon énergie, ma force, mes compétences, au prix de bien des sacrifices. Et je mets à son service les seuls bien que mes parents m’ont transmis et que je compte bien transmettre à mes enfants à mon tour : mes valeurs, mon honneur, ma droiture, mon honnêteté et mon nom. Je ne laisserai personne les salir ou les mettre en cause. Je vous invite donc à la plus grande prudence dorénavant dans vos écrits et vos propos, car si de tels écarts devaient se reproduire, je vous indique que j’emploierai tous les moyens de droit en ma possession pour laver mon honneur. Et que la diffamation relève de la responsabilité pénale, pour la qualification de laquelle le juge est très attentif à la bonne foi des auteurs. A bon entendeur« , conclut la maire.

 

Une déclaration qui a suscité la réaction de l’opposition. Président du groupe PS, Yacine Ladjici a considéré qu’il était « légitime » que le sujet « inquiète les Chevillais » et dénoncé à nouveau cette situation comme résultant « du manque total de transparence et de la volonté assumée de ne pas associer les forces politiques et citoyennes dans la réflexion relative au projet de requalification du parvis du cimetière. » Et l’élu de défendre la réalité de la contestation, considérant comme « scandaleux » de considérer que la mobilisation est le fruit d’une manipulation d’anciens candidats déçus aux dernières élections municipales. »Comment imaginer un seul instant que le syndicat du cimetière accepte de dépenser plusieurs dizaines de milliers d’euros pour se faire assister d’un cabinet d’aménagement sans qu’il n’y ait de réels objectifs de nouvelles constructions. De plus, vous semblez penser que la question se résume à une simple inquiétude de voir fleurir de nouvelles constructions de logement sociaux. Le problème est en réalité beaucoup plus profond. Nos concitoyens du quartier Larue refusent toute construction de nouveaux logements, quel que soit leur type. Sans doute sensibilisés par votre politique urbaine que nous observons de plus en
plus dans le quartier des Sorbiers, dans le quartier Larue et bientôt dans le quartier centre« , dénonce l’élu, confirmant que son groupe politique soutient  les initiatives pour bloquer toute volonté de nouvelles constructions, et réclamant des excuses à la maire.

Président du groupe LR-UDI, Patrick Vicériat est également intervenu, reprenant les arguments qu’il avait développé dans sa lettre ouverte à la maire, exigeant qu’il n’y ait aucune construction de logements sociaux, voire de logements tout court, qu’aucun élément de nature à dénaturer la fonction de recueillement  ne soit construit, que les futures activités  créées soient en lien avec le lieu et que cette requalification du lieu ne puisse se faire au détriment des commerces existants à la Croix du Sud.

Une réunion de présentation des premiers éléments de diagnostic du cabinet se tiendra le mercredi 27 juin à 19h30 à l’école Pasteur.

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