Sécurité | Champigny-sur-Marne | 08/03
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La police de sécurité du quotidien se concrétise à Champigny

Annoncée début février, la mise en place pilote de la Police de sécurité du quotidien (PSQ) dans les quartiers Bois l’Abbé et Mordacs de Champigny-sur-Marne à partir de septembre 2018, commence à se concrétiser.

Ce mercredi 7 mars, le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, s’est rendu au Bois l’Abbé et a confirmé l’affectation de 20 agents de police nationale supplémentaires pour constituer une Brigade territoriale de contact, annonce Christian Fautré, premier adjoint au maire de la ville, qui se félicite des annonces faites lors de cette visite. Sur place, le préfet de police a rencontré les effectifs de la BST (Brigade spéciale de terrain), les 6 principaux bailleurs de la ville et quelques commerçants, avant une réunion de travail commune avec les élus de Champigny et de Chennevières.

20 agents de plus et les policiers mutés remplacés

Les 20 agents supplémentaires seront affectés dès septembre 2018. Concrètement, cette  Brigade territoriale de contact aura pour mission de répondre à la demande des habitants « d’une plus forte présence régalienne », le tout dans un rapport de « proximité avec la population », détaille Christian Fautré. Les agents de la BST devraient, quant à eux, bénéficier d’équipements renouvelés et plus modernes, a promis le préfet, qui, selon le premier adjoint, s’est également engagé à compenser dès que possible les départs de fonctionnaires de police dus notamment aux mutations.

La PSQ ne remet pas en cause la ZSP

Par ailleurs, la ZSP (Zone de sécurité prioritaire) mise en place depuis 2013 au Bois l’Abbé et aux Mordacs pour renforcer le travail judiciaire et la coopération entre les services, n’est pas remis en cause par la PSQ.

De son côté, le premier adjoint a rappelé la présence quotidienne des 160 agents municipaux de la ville au Bois l’Abbé et aux Mordacs, l’action des ASVP (agents de surveillance de la voie publique) et des médiateurs, ainsi que l’investissement des habitants et des  associations, et demandé de quels moyens financiers supplémentaires pourrait disposer la ville pour maintenir et développer ses actions de prévention.

Une prochaine réunion de travail est prévue fin avril.

Rappel du contexte

Pour rappel, Champigny fait partie des 15 sites où la PSQ sera expérimentée dès septembre 2018. En Ile-de-France, quatre autres sites ont été sélectionnés : Trappes, Aulnay- Sevran (Gros Saule à Aulnay et Les Beaudottes à Sevran), Sarcelles – Garges-lès-Gonesse (Lochères à Sarcelles et Dame Blanche à Garges), et Corbeil-Essonne (Les Tarterêts). Voir carte de France complète ci-dessous. 15 autres sites suivront en janvier 2019, dont, en Ile-de-France, Torcy- Noisiel (ZSP de Torcy / Cours des Roches Noisiel – Cours des Luzar) et Asnières -Gennevilliers- Colombes (Les hauts d’Asnières – Le Luth- Jean Fossé). 20 nouveaux quartiers ont ensuite prévus en 2020. En parallèle de la PSQ dans 60 quartiers d’ici à 2020, 20 départements bénéficieront par ailleurs de renforts de gendarmerie.  Concernant Champigny-sur-Marne, le ministère de l’Intérieur avait retenu 4 enjeux : « Nombreuses atteintes aux biens, violences urbaines, violences physiques crapuleuses visant les femmes (50% des victimes) et trafics de stupéfiants« . Les moyens annoncés : « Brigade territoriale de contact, traitement judiciaire de proximité, traitement des doléances, acueil dédié aux publics vulnérables, désignation de référents ».

Au Bois l’Abbé, les habitants accueillent plutôt bien l’idée de cette nouvelle police

Du côté des habitants du Bois l’Abbé, la mise en place de la PSQ a été diversement accueillie. « Je pense que c’est une bonne chose. Cela fait des dizaines d’années que j’habite ici et je trouve que le taux de délinquance a un petit peu diminué mais il y a encore beaucoup de choses à améliorer. Si cette initiative permet un rapprochement entre les jeunes et la police, alors c’est une super idée. Je reste optimiste et j’attends de voir la suite même si je trouve que cette police de sécurité n’est pas suffisante, il faut combattre la délinquance dès le début et ça doit passer par l’éducation des jeunes! », enjoint Sarah, 53 ans. «J’ai des enfants en bas âge et des fois, quand je vois les jeunes du quartier, je n’ai pas envie que mes enfants deviennent comme eux plus tard donc j’essaie d’éduquer mes enfants avec des  bonnes valeurs dès le plus âge et si cette initiative peut améliorer les choses pour éviter aux générations futures de suivent les pas de leurs aînés, alors c’est une bonne chose», espère Fatima, 35 ans. « C’est une bonne chose et j’espère que nous verrons plus souvent la police dans le quartier. Ici les jeunes font vraiment ce qu’ils veulent et c’est dommage, il n’y a plus de respect comme on pouvait le trouver avant. Maintenant ils n’ont aucune limite, je les vois de mon immeuble ils sont toujours en bas en train de boire et fumer, ce n’est pas possible. Il faut saisir cette opportunité pour améliorer les choses j’espère simplement que tout cela va se passer dans les meilleures conditions possibles pour faire avancer les choses», abonde Karim, 55 ans. «Je trouve que la délinquance dans le quartier a énormément diminué ces dernières années. L’annonce de ce nouveau dispositif m’a beaucoup surpris étant donné que dans le département il y a beaucoup de villes et de quartiers plus dangereux et qui mériteraient davantage de moyens et où ce dispositif aurait plus d’utilité. Mais si ça peut être utile pour Champigny et pour notre quartier alors je suis pour. Mais j’attends de voir ce que cela va changer parce que chaque année j’ai l’impression qu’il y a un nouveau dispositif et chaque année, c’est la même chose. Donc au bout d’un moment, on ne réfléchit plus. On attend simplement des changements», estime Ahmed, 49 ans.

Mais pas tous

«C’est une initiative utopique et qui va coûter énormément d’argent à l’État. Ça n’aura aucun impact sur la délinquance et les jeunes n’auront pas spécialement plus peur de la police qu’avant. Je pense que c’est simplement un moyen pour rassurer la population en lui faisant croire qu’il y a une nouvelle police qui arrive sur le terrain alors qu’en réalité il n’y a que le nom qui va changer», réagit, plus sceptique, Antony, 41 ans.  «Je suis contre ce nouveau dispositif. Nous les jeunes, on se fait déjà contrôler régulièrement et si avec ce dispositif il y a plus de policiers qu’avant, alors les contrôles vont continuer et il va y en avoir encore plus qu’avant. La police a une mauvaise image ici, surtout auprès des jeunes. Et je ne vois pas comment cette image peut s’améliorer. C’est un peu le jeu du chat et de la souris avec eux, on ne va pas se mentir, même en étant le plus optimiste du monde, il n’y aura jamais de vraie relation de confiance entre les jeunes et la police, ce serait utopiste», doute Abdel, 23 ans. «Quelques soient les modalités de déploiement des forces, la police n’a pas une très bonne image et elle est la cible d’attaque et demeurera tout autant vulnérable tant les choses n’ont pas évolué sur ce point. Seule, cette nouvelle police de sécurité est inutile, il faut avant tout de la prévention pour renouer les liens avec les jeunes, c’est le plus important pour que puisse se créer une relation de confiance. J’espère qu’il y aura des efforts des deux côtés avec une réelle volonté pour améliorer la situation», insiste Fabien, 34 ans.

(Les prénoms ont été modifiés)

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