Politique locale | Le Kremlin-Bicêtre | 18/05
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Réunion de majorité au Kremlin-Bicêtre: cordial désaccord

A défaut de s’être accordés sur le fond, les élus de la majorité municipale du Kremlin-Bicêtre, qui étaient réunis ce jeudi 17 mai autour du maire Jean-Marc Nicolle pour la première fois depuis sa mise en examen, sont à moins à l’unisson sur un point : l’atmosphère était sereine, voire cordiale.

Durant deux heures, chacun a pu tranquillement exposer ses positions et prendre acte de celles des autres. La quasi-totalité des élus de la majorité étaient présents, preuve de l’importance de ce rendez-vous.

Sur le fond, cette réunion au quasi-complet a confirmé les positions, pour l’heure irréconciliables, entre le groupe des 11 élus qui défendent le maintien de J-M Nicolle en tant que maire (9 ex-MRC et 2 PRG) et le groupe des 16 élus (5 PS, 5 PCF, 2 UDE, 4 MRC) qui souhaitent qu’il démissionne.

De chaque côté, on interprète différemment la présomption d’innocence. D’un côté, on la convoque pour évacuer les conséquences politiques de l’affaire en les renvoyant à l’heure où la justice rendra ses conclusions définitives. De l’autre, on la respecte tout en insistant sur les répercussions immédiates de cette mise en examen pour corruption sur la capacité de la municipalité à poursuivre le projet de 2014 et préparer 2020.

« Jean-Marc Nicolle a réaffirmé son intention de rester à la tête de la mairie, rappelé le respect de la présomption d’innocence et le soutien de nombreux Kremlinois. Sinon, chacun est resté sur ses positions. Le dialogue n’est pas rompu pour autant et personne n’a fait part d’une décision de démissionner de la majorité ou d’abandonner ses délégations. La réunion s’est déroulée dans un climat d’écoute et les propos ont été échangés de manière cordiale« , résume Jean-François Banbuck, premier adjoint et soutien du maire.

« Cette réunion a permis d’acter la réalité du paysage entre les 11 élus qui souhaitent le maintien du maire en place et les 16 qui demandent sa démission. Nous allons désormais réunir la coordination des 16 élus pour faire le point », indique Fabien Guillaud-Bataille, élu PCF. « La réunion était cordiale et sereine mais nous nous sommes heurtés à la rhétorique du j’y suis j’y reste. Et nous nous sommes vus opposer le mur de la présomption d’innocence à chaque question. Le maire a essayé de renverser les responsabilités en nous demandant de tirer les conséquences du fait que nous ne sommes pas en accord sur sa position« , estime de son côté Esteban Piard, porte-parole des élus MRC. Pas question en effet de démissionner, ni pour les uns, ni pour les autres. « Nous sommes le seul groupe à avoir été présents de manière indépendante au premier tour et à avoir ainsi contribué à la victoire de la gauche en 2014″, rappelle de son côté Bernard Chappellier, maire-adjoint président du groupe UDE, qui menait à l’époque la liste EELV. « Nous ne devons notre écharpe tricolore qu’à nous mêmes et n’avons pas l’intention de démissionner! », appuie l’ex-écologiste qui continue à estimer que la meilleure solution serait que le maire « se libère de son mandat ». « Nous ne pouvons pas le faire à sa place et sommes otages d’un problème qui ne concerne qu’une personne », insiste l’élu. De son côté, Geneviève Elmalki, présidente du groupe PS, croit encore possible un dialogue et une réponse collective. « J’estime le retrait du maire nécessaire tout en respectant la présomption d’innocence, mais j’aimerais éviter de l’acculer, je pense qu’il faut essayer de laisser des portes ouvertes. Il n’y a pas tant d’opposition que cela entre les deux groupes. Nous avons un programme commun auquel nous croyons tous« , pose l’élue qui espère une solution à 27-1, dans laquelle le maire se retirerait, sans pourtant écarter la possibilité d’une « épreuve de réalité » pour arriver à cette solution.

Vote de défiance lors du Conseil municipal du 31 mai ?

Cette épreuve de réalité pourrait prendre la forme d’un vote contre toutes les délibérations lors du prochain Conseil municipal du 31 mai, pour faire passer le message. Mais les 16 doivent encore s’entendre là-dessus.

Le règlement de comptes avec le MRC se poursuit

Si l’ambiance de la réunion était sereine, le règlement de compte avec le MRC s’est par ailleurs poursuivi avec le changement de nom du  principal groupe de la majorité municipale. Initialement baptisé « Groupe Mouvement Républicain et Citoyen, parti Radical de gauche et personnalités locales », il a été renommé en « Kremlin-Bicêtre en avant, PRG et apparentés »,  intégrant ainsi le nom du nouveau mouvement politique local créé par les 9 démissionnaires du MRC qui soutiennent le maire.« C’est une manière d’exclure progressivement le MRC du groupe« , analyse Esteban Piard, précisant que les MRC qui sont encore présents dans le groupe n’ont pas pris part au vote pour changer de dénomination. « Le maire a été absent durant un mois et demi et les premières décisions qu’il prend en revenant sont de retirer les délégations de Jean-Luc Laurent et de changer le nom du groupe« , fait remarquer l’élu MRC.

Concernant l’affaire Nicolle elle-même, ce n’était pas le sujet de la réunion, chacun s’est tenu à aborder ses conséquences politiques.

Contexte

Pour rappel, Jean-Marc Nicolle a été mis en examen le 30 mars, soupçonné d’avoir demandé à des entreprises qui voulaient travailler avec la ville de verser de l’argent à l’association d’oenologie dont il est le président, Au Sergent du Kremlin, et récupéré l’argent à des fins personnelles, pour jouer notamment au tiercé. L’élu aurait joué parfois jusqu’à 2000 ou 3000 euros par jour et les sommes en jeu sont de plusieurs centaines de milliers d’euros. (Voir article détaillé) Dans une lettre aux Kremlinois, le maire s’est défendu en indiquant que des entreprises privées avaient bien parrainé son association oenologique mais qu’il s’agissait d’un mécénat permettant à ces entreprises de valoriser leur image, sans toutefois préciser les entreprises et la nature de ce mécénat Le maire a aussi reconnu avoir été victime d’une addiction aux jeux. Par ailleurs, le MRC a annoncé qu’il allait déposer plainte au pénal contre l’édile -plainte qui n’est pas encore déposée à ce jour, suite à des contrats passés avec l’association de formation des élus du MRC, (la FRE) considérés comme surfacturés par rapport à la production réalisée. Le MRC évoque également des notes de frais de restauration non justifiées au sein du MRC 94. Le MRC a diligenté sa propre enquête interne à la suite de perquisitions au sein de la FRE à l’automne 2017. (Voir article détaillé sur ce volet de l’affaire)

Voir tout notre dossier sur cette affaire

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