Société | Saint-Maur-des-Fossés | 20/06
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Saint-Maur, Vincennes… les coffee-shops débarquent en Val-de-Marne

Pour Benjamin Michon, qui a déjà créé une société de négoce d’automobiles d’occasion et de textile, c’est un business comme un autre, avec « de meilleures marges« . Ce lundi 18 juin à 10 heures, il a ouvert le premier coffe-shop de fleurs de cannabis du Val-de-Marne rue du Pont de Créteil à Saint-Maur-des-Fossés, et a déjà d’autres projets d’ouverture en tête, dont un à Vincennes. La devanture, sans équivoque avec son feuillage de cannabis, jouxte celle d’une boulangerie.

L’initiative de ce tout jeune entrepreneur n’est pas isolée. Depuis le début juin, des coffee-shop proposant du cannabis  « light » ont ouvert un peu partout en France, en interprétant à leur manière la loi qui autorise l’exploitation et commercialisation de cannabis dont la teneur en delta-9 tétrahydrocannabinol (THC) est inférieure à  0,2% – au niveau de la plante elle-même. Concernant le produit fini, la présence de THC est en revanche interdite quelque soit son taux. Ce cannabis « light » proposé à la vente dans les coffee-shop s’appuie surtout sur une autre substance qui fait partie du cannabis, le cannabidiol (CBD) qui n’est pas, lui, explicitement interdit et présente des propriétés sédatives.  «Ce type de plante est cultivé en serre en Suisse où sa vente est complètement légale. Là-bas, on peut en trouver dans les tabacs», explique Benjamin Michon, qui a ouvert en présence des policiers ce lundi.  «Ils nous ont dit de faire attention à ce que l’on vend», résume le gérant. Pour l’heure, Coffy-Shop Saint-Maur vend des fleurs de cannabis. « Nous avons pour l’instant trois sortes et attendons de nouvelles ainsi que des produits dérivés. » Dans une récente mise au point, la Mildeva (mission interministérielle de lutte contre les drogues et conduites addicitives) a mis les points sur les i en précisant que la commercialisation de fleurs comme de feuilles, quelque soit la sorte de Cannabis, était interdite. A Paris, le procureur de la République vient d’ouvrir une enquête préliminaire concernant une boutique de la ville, pour vérifier le respect de la législation.

Ouvrir le débat sur la légalisation

Pour Benjamin Michon, le débat suscité par cette vague de coffee-shops va au moins permettre de reposer la question de la légalisation du cannabis sous certaines conditions, comme cela est déjà le cas dans d’autres pays. En attendant, il entend « surfer sur la vague » de ce commerce qui propose une rentabilité rapide et a déjà deux autres points de vente en vue dans le 14ème arrondissement parisien et à Vincennes, rue de Paris.

Pas de grosse foule mais un public varié

Dans la boutique, des passants de tous les âges se croisent. Baptiste, un jeune adulte habitant Saint-Maur, est venu par curiosité. «J’ai découvert le cannabis lors de voyages en Asie et voilà que j’en trouve en vente dans ma rue en rentrant en France! s’étonne-t’il. Je n’aime pas la sensation de défonce du THC mais j’apprécie le goût et les effets relaxant donc je vais tester.»  Avant de repartir avec de quoi consommer, il s’inquiète un peu tout de même… «Mais si je me fais arrêter, qu’est-ce que je risque?»  Rassurant Benjamin et Joeva, deux des associés, indiquent que la police est au courant de ce produit. « Nous allons bientôt avoir des sachets scellés avec l’indication «le magasin n’est plus responsable en cas d’ouverture» pour nous protéger en cas de réutilisation de ceux-ci», indique le patron. La trentaine, Anthony s’inquiète aussi. «Est-ce que je suis positif au test THC si je conduis après en avoir fumé? s’interroge-t-il. J’ai déjà fait tester à des amis fumeurs  qui ont cru qu’ils fumaient du cannabis normal au début. Je pense que cela peut être un substitut pour ceux qui souhaitent arrêter», estime-t-il. Pas de grosse foule mais un public varié qui vient en curieux. «Deux femmes âgées d’au moins 70 ans sont passées poser des question et sont reparties avec 1 gramme», s’amuse Thomas le troisième associé.

Le maire de Saint-Maur dénonce cette implantation

Du côté de la municipalité, l’arrivée de ce commerce n’a pas en revanche suscité l’enthousiasme, et le maire LR de la ville, Sylvain Berrios, a immédiatement dénoncé cette implantation « à proximité d’une école, d’un collège, de deux lycées et au cœur d’un quartier prioritaire », demandant au gouvernement « de prendre sans délais les mesures urgentes et nécessaires pour mettre un terme à ces installations intempestives.« L’élu a demandé aux services municipaux de vérifier la conformité du magasin en matière de sécurité, d’accessibilité et de respect des règles d’urbanisme de ce local commercial « normalement dévolu à l’exploitation d’un garage » et a saisi le département pour faire retirer les panneaux « apposés sans autorisation d’occupation du domaine public sur cette voie départementale. » L’élu demande à l’Etat « de ne pas laisser les maires seuls face à l’émergence intempestive de ces commerces ».

 

 

 

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