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Sécurité | Val de Marne | 07/11
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Un plan pour muscler la sécurité routière en Val-de-Marne

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Une vingtaine de décès et près de 3000 accidents corporels chaque année. Depuis trois ans, les statistiques de l'accidentologie routière en Val-de-Marne n'évoluent quasiment plus. Pour faire baisser ces chiffres, le préfet a réuni un parlement local d'acteurs de la sécurité routière pour définir une nouvelle stratégie de prévention.

« La cause première des accidents n’est plus la vitesse excessive, la fatigue ou la consommation d’alcool et de stupéfiant, mais le non-partage de la chaussée », explique Laurent Prévost, préfet du Val-de-Marne en s’appuyant sur les bilans statistiques de ces dernières années.  Très concrètement, il s’agit de comportements dangereux mettant en péril la vie ou l’intégrité physique des usagers de la route tels que des refus de priorité, des stops non marqués (+38%) ou des passages au feu rouge (+10%). D’ailleurs, les forces de l’ordre ont constaté une augmentation de 14% d’infractions au code de la route supplémentaire sur un an.

Depuis le début de l’année dans le département, 22 personnes sont décédées et 200 personnes ont été blessées et hospitalisée. Deux roues et surtout piétons sont surreprésentés parmi les catégories de victimes de ces accidents qui se produisent majoritairement (60%) aux heures où le trafic est le plus intense (entre 7 heures et 9 heures, puis de midi à 14 heures et de 17 heures à 19 heures).

Fort de ses constatations, le préfet du Val-de-Marne a réuni ce mardi un comité de pilotage (Copil) composé de l’ensemble des acteurs du département concernés par la sécurité routière. Le parquet de Créteil, le Conseil départemental, les chambres consulaires, les syndicats patronaux, les assurances, l’ordre des médecins, l’assurance maladie, la police et les acteurs du monde associatif ont participé à l’élaboration d’un document général d’orientation pour la période 2018-2022 définissant des thèmes d’actions prioritaires.

Elargir la prévention aux livreurs

Sur les 22 décès sur les routes du Val-de-Marne en 2018, 3 sont imputables à des conducteurs circulants dans le cadre de leur activité professionnelle. Pour le comité de pilotage élargi, les actions de prévention s’étaient jusqu’à présent focalisées sur les secteurs très structurés du transport de marchandises et du transport collectif de passager, délaissant d’autres secteurs moins visibles comme la livraison ou l’artisanat ou ayant émergé plus récemment comme la logistique du dernier kilomètre.

En se reposant sur les corps intermédiaires que sont les chambres de commerce et d’industrie, de commerce et d’artisanat, des fédérations professionnelles ou des clubs d’entreprises ou les entreprises elles-mêmes, les services de l’État souhaitent que les salariés bénéficient de formations régulières aux enjeux de sécurité routière. « Nous pourrons proposer, par le biais de conventions, d’apporter un soutien financier aux structures qui souhaiteraient mettre en place de telles actions, en fonction de leurs besoins », souligne le préfet.

Réduire la conduite sous l’emprise de substances psychoactives

La prévalence des accidents de la route à la suite d’une consommation d’alcool, de stupéfiants ou de médicaments serait moins forte dans l’agglomération parisienne que dans le reste de la France. Cependant, la consommation de plus en plus répandue de cannabis, la prise de médicaments altérant les capacités cognitives et le vieillissement tendanciel de la population inquiètent les acteurs de la sécurité routière.

Le document général d’orientation insiste ainsi sur l’implication plus importante des professionnels de santé auprès des patients suivant des traitements biocompatibles avec la conduite et prône l’auto-évaluation et l’auto-contrôle. « C’est très peu connu mais il existe une commission départementale du permis de conduire. Elle est saisie chaque année par une dizaine de conducteurs, essentiellement des personnes âgées, sur recommandation de leur famille ou sur demande de leurs assureurs pour porter des mentions de restriction sur le permis de conduire de l’usager qui en fait la demande. Il peut s’agir d’un aménagement dans le véhicule, d’une limitation du nombre de kilomètres parcourus, l’interdiction de transporter un passager », poursuit Laurent Prévost.

Protéger les usagers vulnérables de la voirie

Victimes principales des accidents de la route, la sécurité des piétons devra être davantage prise en compte par les maîtres d’ouvrage pour prévenir les accidents à proximité des chantiers, autour des sites sensibles, des établissements scolaires, des pôles multimodaux et des centre-villes. Plus généralement, les aménageurs seront encouragés à mieux intégrer les enjeux liés au partage de la rue dès la conception des opérations d’urbanisme dans le cadre des études préalables. Enfin, les actions pour transmettre les bons réflexes dès le plus jeune âge seront également amplifiées (permis piétons ou pédibus).

Cette année, le nombre d’infractions constatées pour non port du casque par les pilotes de deux roues a encore augmenté de 6%. Là encore, des actions de préventions spécifiques notamment sur les équipements de sécurité devraient se poursuivre dans les collèges et lycées pour sensibiliser les plus jeunes, mais également auprès des entreprises du secteur de la livraison.

Des radars sur les itinéraires secondaires

Depuis le début de l’année, les radars mobiles et automatiques ont flashé près de 22 000 véhicules pour vitesse excessive. Disposant d’une dizaine de radars chantiers dans le département, essentiellement placés sur les autoroutes, le préfet envisage de les disposer plus souvent sur des itinéraires secondaires où, malgré la présence de chantiers, les conducteurs ne décélèrent pas.

Chiffres de la préfecture du Val-de-Marne sur les infractions routières constatées depuis le début de l’année.

Consulter le document général d’orientation 2018-2022

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