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Entreprendre | Ivry-sur-Seine | 09/03
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A Ivry-sur-Seine, des passionnés perpétuent l’art de la sellerie

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Créations sur mesure pour des designers, commandes de grandes enseignes de luxe ou demandes de particuliers... Sous leurs mains expertes, le cuir, le skaï, ou le tissu peuvent tout habiller. A Ivry-sur-Seine, les artisans de Selaneuf sont des références et depuis un an, l'entreprise est dirigée par Nathalie Bourgouin qui, après avoir tout appris de son prédécesseur Michel Pochon pendant 25 ans, souhaite transmettre sa passion.

Un véritable cabinet de curiosité s’offre aux visiteurs de l’atelier de sellerie Selaneuf. Sous des bâches, des voitures de collection attendent le remplacement de leurs capotes. Les artisans s’activent autour des éléments qui doivent recouvrir des chaises vendues par la maison de maroquinerie de luxe Louis Vuitton. « C’est un métier de passionné. Les matières ne se travaillent pas de la même façon. Alors à chaque pièce, le sellier se lance dans un défi. Je dis souvent aux personnes que je forme qu’il y a certaines choses qu’ils ne peuvent comprendre que par la pratique. Michel Pochon estimait qu’il fallait une dizaine d’années pour devenir un bon sellier mais après 25 ans, j’ai l’impression d’apprendre tous les jours », explique Nathalie Bourgouin qui compte 3 apprentis parmi ses 7 collaborateurs. « C’est important de transmettre, sinon ce métier rare risque de disparaître. Au manque de vocation s’ajoute le peu de candidats à la reprise des ateliers. Lorsque mon patron me l’a proposé, c’était un moment compliqué de ma vie mais j’ai accepté. C’est très prenant, parfois il faut travailler 70 heures par semaines mais je prends toujours autant de plaisir et n’ai aucun regret. Si la transmission s’est passée sans encombre, c’est aussi parce qu’avant de me confier « son bébé », Michel a pris le temps de bien me former », poursuit-elle.

Quelques jeunes se prennent de passion pour ce métier mais au prix de véritables parcours du combattant. « J’ai découvert la sellerie en regardant des émissions de décoration à la télévision. J’ai fait un CAP de cuisine puis j’ai cherché un employeur pour pouvoir m’inscrire en bac pro sellerie  mais je n’ai pas trouvé. Alors, j’ai commencé une formation qui s’en rapprochait avec un bac pro tapisserie, puis un diplôme des métiers d’arts en tapisserie d’ameublement. Entre temps, j’ai découvert la sellerie Selaneuf, une petite voix m’a dit d’appeler, et j’ai finalement été prise et j’en profite à fond. Avec le recul, je suis contente de ce parcours qui m’a permis de découvrir différents horizons. J’espère dans les années à venir voyager à l’étranger pour m’enrichir des techniques de sellerie pratiquées ailleurs », détaille Waldnie, en première année d’apprentissage dans un centre de formation de Joué-lès-Tours.

« Lors de mon stage de troisième, j’ai passé une semaine chez un sellier et j’ai découvert la beauté d’un métier où l’on se sert de ses mains. Je voulais faire le CAP équivalent mais les professeurs m’en ont dissuadé et j’ai fait une seconde en arts appliqués, mais cela n’a pas marché. J’ai finalement rejoint les Compagnons du devoir et c’est maintenant ma deuxième année d’apprentissage. On ne se rend pas compte que ce métier est à la base d’un nombre illimité d’applications. Les tenues des personnes qui pratiquent le wingsuit (sport extrême consistant à sauter dans le vide et se laisser planer à l’aide d’une combinaison), les bâches qui couvrent les camions, des voiles de bateaux. Une fois que j’aurais assez d’expérience, je me vois bien créer ma propre entreprise », explique Morgane.

Téo, le troisième apprenti de l’atelier Selaneuf est également chez les Compagnons du devoir. Passionné par les intérieurs des automobiles, il a également été orienté dans l’enseignement général sans s’y plaire. « Mon rêve, c’est de travailler pour Pagani, un constructeur italien de voitures de prestige. Il faudra peut être que j’apprenne l’italien parce que leurs ateliers se situent là-bas« .

 

 

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, l’atelier Selaneuf et sa cheffe d’entreprise ont reçu la visite des députés Brigitte Bourguignon et Sylvain Maillard ainsi que de Bernard Stalter, président de l’Assemblée permanente des chambres des métiers et de l’artisanat, des présidents des chambres régionales et départementales. « Nous ne voulons plus entendre les enseignants, les conseillers d’orientation ou les familles dire à leurs enfants qu’ils peuvent « faire mieux », lorsqu’ils disent vouloir s’orienter dans les filières professionnelles. Il y a encore un travail énorme à réaliser au niveau de l’orientation pour infléchir cette tendance », juge Nicole Richard, présidente de la chambre des Métiers et de l’Artisanat du Val-de-Marne.

 

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