Grand Paris Express | Val de Marne | 22/06
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Thierry Dallard, nouveau patron du Grand Paris Express, tente de rassurer les élus

Thierry Dallard, nouveau patron du Grand Paris Express, tente de rassurer les élus © FB

« Je suis là pour réaliser le Grand Paris Express dans son ensemble, pas pour gérer sa diminution », a lancé Thierry Dallard, président du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris, nommé depuis trois semaines et invité ce jeudi à l’Assemblée générale d’Ordival, l’association d’élus de tous bords du Val-de-Marne qui ont oeuvré pour la future ligne 15 Sud, bien avant le projet du Grand Paris Express.

« Monsieur le président, nous sommes très heureux de l’avancée des travaux, mais je ne vous cache pas que les événements de ces derniers mois font que nous sommes aussi très inquiets », entame Christian Favier, président PCF du Conseil départemental du Val-de-Marne, et de l’association Orbival. Certains élus ont déjà du dire adieu à des projets d’installation de belles entreprises sur leur territoire du fait du recalage du calendrier décidé il y a quelques mois. « Microsoft projetait de s’installer à Marne Europe et de créer 600 emplois mais ils ne viendront pas à cause du report de 2022 à 2024 de la ligne 15 sud », confie ainsi Jacques-Alain Bénisti, maire LR de Villiers-sur-Marne.

Depuis sa nomination à la présidence du conseil de surveillance de la SGP, Thierry Dallard joue les pompiers de service, tentant d’éteindre l’incendie provoqué par le plan d’économie réclamé par le premier ministre Edouard Philippe. « Cette déclaration a soulevé des tas de malentendus. Si nous voulons être crédibles, il ne faut rien s’interdire. Au même titre que la gestion des aléas, nous allons monitorer les dépenses au fur et à mesure de l’avancement des travaux pour garder une souplesse opérationnelle, grâce à des outils de reporting que nous allons mettre en place en toute transparence. Mais ces mesures d’économie n’auront pas pour effet de compromettre le projet initial ».

Les membres de l’association Orbival ont interpellé le nouveau patron de la SGP sur deux points particuliers : les correspondances entre les lignes de transport nouvellement créées et le réseau existant et les mesures destinées à réduire les nuisances dues à l’entrée et l’amplification de la phase de chantier.

Interconnexion et interopérabilité

« Une minute de temps de correspondance supplémentaire suffit pour perdre beaucoup d’usagers au profit d’autres moyens de transport. Du fait de la profondeur des gares, il va falloir trouver le moyen de réduire au maximum ce laps de temps », indique Marc Pelissier, délégué de l’Association des usagers des transports en Île-de-France.

Sans l’interopérabilité entre les lignes 15 sud et est, les usagers de ce nouveau métro périphérique seraient forcés de descendre à la gare de Champigny centre. « Cela n’aurait aucun sens que cette interopérabilité qui permettra d’exploiter la ligne 15 directement entre Arcueil et Fontenay soit remise en cause. Ce serait aller contre le projet de rocade de métro continue autour de Paris, et du projet initial d’Orbival », prévient Christian Favier.

Autre sujet sensible, l’interconnexion avec la ligne de RER E en gare de Bry-Villiers-Champigny dont l’enquête publique est en cours. A l’heure actuelle, 4 milliards d’euros sont fléchés pour prolonger la ligne de RER E à l’ouest. Elus locaux et société civile craignent que le défaut d’interconnexion dans cette nouvelle gare n’entraîne le déport de ce nouveau flux de passagers vers la pôle déjà saturé de Val-de-Fontenay.

« L’interconnexion des lignes est inscrite dans la loi, il n’y a donc pas de remise en question. En revanche, rien ne nous empêche de regarder l’efficacité globale du réseau de façon à écarter toute incertitude qui ferait peser un risque sur la réalisation en temps et en heure de l’infrastructure« , a répondu Thierry Dallard.

 

 

Lutte contre les nuisances

Représentants de la société civile et élus ont également insisté auprès du président du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris pour diminuer les nuisances et éviter la perte d’adhésion des habitants des territoires où se déroulent les chantiers. Premier axe souligné, l’évacuation des déblais par voie fluviale et ferroviaire. Malgré la réalisation par la Dirif d’itinéraires spécifiques dédiés aux camions, ces véhicules viennent aggraver la saturation du réseau routier notamment en Val-de-Marne, endommageant de passage beaucoup plus rapidement la voirie. Des investissements de plusieurs millions d’euros ont été réalisés à Bry-Villiers-Champigny, au Pont de Rungis ainsi qu’aux Ardoines pour faciliter l’évacuation des déblais pour des voies de transport alternatives à la route. « Nous craignons que certains arbitrages soient réalisés au détriment de l’intérêt de nos concitoyens. Il y a eu une proposition de réalisation d’un quai ferroviaire supplémentaire sur la darse sud du port de Bonneuil pour assurer l’évacuation des déblais par la voie ferrée et la voie fluviale. Ce serait de fausses économies que d’y renoncer », a craint Jean-Daniel Amsler, maire-adjoint de Sucy-en-Brie et conseiller départemental.

« Lorsque les équipements existent comme à Villiers, nous allons les utiliser. Cela dit, la priorité est de ne pas mettre le chantier en péril. Aujourd’hui, nous avons une inquiétude sur notre capacité  avoir les équipes pour réaliser les travaux de raccordement aux sillons ferroviaires. La SNCF, elle-même, lorsqu’elle réalise des travaux préfère utiliser la route à ses propres sillons. Parfois nous pourrons passer par le rail, d’autre fois, nous ne pourrons faire autrement que d’emprunter le réseau routier. Il faudra peut être prévoir des fonds pour réparer la voirie », a répliqué le président du conseil de surveillance de la SGP.

Enfin, les participants ont demandé des compensations à la hauteur des nuisances de ce chantier hors normes. « Jusqu’à présent vos équipes ont fait un travail exemplaire pour préserver au maximum le tissu économique de notre territoire, il faut poursuivre l’indemnisation des commerces impactés mais également les accompagner dans la poursuite de leur activité économique parce qu’à Villejuif, Champigny ou Saint-Maur se vivent des situations compliquées », a exprimé Gérard Delmas, président de la CCI du Val-de-Marne. Les mêmes requêtes ont été exprimées au bénéfice des riverains des chantiers du Grand Paris Express.

« Nous allons continuer de trouver des solutions pour faire primer l’intérêt général et trouver des compensations. L’injustice vient de l’incompréhension des décisions », a terminé Thierry Dallard, reconnaissant le besoin d’être plus transparent et proche des territoires.

 

 

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