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Politique locale | Choisy-le-Roi | 17/09/2018
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Trois écologistes démissionnent du Conseil municipal de Choisy-le-Roi

Trois écologistes démissionnent du Conseil municipal de Choisy-le-Roi
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(Mise à jour suite à communiqué du maire) Anne Blouin-Valentin, Marion Catoire et Ludovic Gillery, trois des cinq élus de l’un des groupes écologistes de la majorité municipale de Choisy-le-Roi, ont annoncé ce lundi soir leur démission du Conseil municipal, en désaccord avec la majorité menée par le maire PCF, Didier Guillaume, sur plusieurs dossiers.

« Nous avons travaillé avec cette majorité et essayé de partager notre vision d’une société plus respectueuse de l’environnement et des citoyens. Force est de constater que ne nous sommes pas parvenus à influencer la majorité en ce sens », posent les élus.

Deux sujets ont cristallisé les désaccords. Le premier a concerné le transfert de la cantine d’une gestion municipale au syndicat intercommunal Siresco. Cette décision a fortement mobilisé à l’automne 2017.  Pétition, réunions, création d’un collectif Bien manger à Choisy-le-Roi, lettres ouvertes des syndicats… les débats avaient été tendus. A l’époque, les écologistes avaient souhaité profiter de la nécessité de faire évoluer la cuisine centrale pour développer beaucoup plus le bio et les circuits courts, opposés au transfert au Siresco qui couvre une vingtaine de villes et sert quelque 40 000 repas chaque jour. « Choisy aurait pu devenir un modèle en matière de restauration collective durable », regrettent les élus qui avaient proposé comme alternative d’adhérer à l’association “Un Plus Bio. « Le rapport annuel d’activité de 2016 (du Siresco) indique 14,6 % de bio. Mais en regardant le détail, on découvre que, sur 14,6 % de bio, 7%, c’est à dire la moitié, c’est le pain. En d’autre termes, sur l’ensemble des produits utilisés par le Siresco, la part de produits issue de l’agriculture biologique se réduit à 3% de fruits et légumes, 2,6% de produits laitiers et le reste à travers le pain« , rappellent les élus qui ont fini par voter contre la décision de la ville lors du conseil municipal de novembre 2017.

L’autre sujet clivant a été le renouvellement de l’adhésion de la ville au Sedif alors que le territoire Grand Orly Seine Bièvre avait négocié la possibilité pour ses membres de sortir du syndicat après une période transitoire de réflexion de deux ans. Voir article de l’époque avec la position de chaque partie sur ce dossier. Le maire proposait de sortir de la délégation de service public via le Sedif et s’inquiétait d’une hausse des tarifs en cas de séparation. « La possibilité de quitter le Sedif représentait une occasion exceptionnelle de se sortir de la dépendance à Véolia, dont les contrats courent sur une dizaine d’années. Il nous apparaissait évident, en tant qu’élus attachés aux valeurs de la gauche, de privilégier le service public. Nous aurions souhaité pouvoir en discuter avec la majorité municipale. Or Mr le Maire a fait le choix de rester au Sedif, sans soumettre préalablement la décision au vote du Conseil Municipal« , dénoncent les élus.

Si la décision a été prise en cette rentrée, l’hypothèse était déjà en germe depuis plusieurs mois et la difficulté de faire avancer le débat au sein du groupe de travail constitué autour de la cantine aurait joué dans la décision de ne pas rempiler pour une année, dans cette dernière ligne droite avant les prochaines municipales. Restent deux élus écologistes au sein du groupe Vivre mieux à Choisy, Ali Id Elouali, 3ème adjoint, et Annick Guinery, adjointe en charge de la petite enfance et du quartier nord. Deux autres colistiers d’Ali Id Elouali, Malika Benkahla et Hafid Ennaoura, avaient déjà constitué leur propre groupe écologiste, moins en confrontation avec le maire. « J’accueille cette décision avec beaucoup de tristesse mais je la respecte même si je ne partage pas cette stratégie, réagit Ali Id Elouali, tête de liste EELV au premier tour des municipales, lors desquelles il avait engrangé près de 14% des voix.  Nous faisons le même constat mais n’en tirons pas les mêmes conclusions ni la même stratégie à poursuivre. Je tiens à poursuivre le travail que nous avons amorcé, que ce soit sur l’écologie urbaine, le vélo… Il y a des enjeux écologiques très importants et il faut continuer à les défendre de l’intérieur, de manière globale y compris les dossiers relatifs à la cantine et à la gestion de l’eau. On ne peut pas faire la révolution en quatre ans. Les électeurs nous ont fait confiance pour que l’on porte leur voix et nous continuons donc à le faire, au sein du Conseil municipal mais aussi en dehors, comme citoyen. Cela ne m’empêche pas de garder ma liberté de ton et nous avons parfois de gros débats avec le maire. Mais l’important est que chacun soit aligné avec ses valeurs. » Concernant la petite enfance, Annick Guinery ajoute aussi que les élus ont obtenu l’ouverture d’une crèche « avec un cahier des charges pointu sur différents aspects notamment écologiques. »

Maire PCF de la ville, Didier Guillaume fait part de son étonnement. « Nous avons eu récemment un séminaire municipal puis un bureau municipal et rien ne transparaissait. Je suis aussi surpris par les arguments évoqués dans le communiqué des élus démissionnaires car j’ai vu Marion Catoire qui m’a remis sa lettre de démission et elle ne mentionnait pas ses sujets« , pose l’édile. « Peut-être y-t-il eu un effet Hulot ou bien cette démission témoigne-t-elle de difficultés internes aux écologistes pour mener à bien leur travail d’élu. Ils s’étaient déjà scindés en deux groupes au début du mandat », enchaîne le maire pour qui il n’y avait pas de désaccords majeurs au sein de la majorité. « Ils ont toujours voté le budget et nous étions globalement d’accord. Après, il y a toujours des débats et je les ai toujours laissé s’exprimer. » « Nous avons toujours bien travaillé avec ces élus et je regrette leur départ », réagit de son côté Patrick Hervy, adjoint PCF du quartier sud. « Des écologistes qui quittent une majorité, c’est toujours un mauvais signal », glisse l’élu.

Dans un communiqué publié ce 18 septembre, le maire ajoute que « deux des conseillers démissionnaires n’avaient plus d’activité depuis plus d’un an » et avaient demandé progressivement d’être déchargés des responsabilités. « Concernant la troisième conseillère, cela est totalement différent, elle avait une mission importante et je comptais sur elle. Nous avons eu un entretien et elle m’a expliqué qu’elle souhaitait prioriser sa vie professionnelle et personnelle. Certaines attitudes y compris au sein de son groupe auront eu raison de son engagement« , analyse le maire. « Etre élu demande du temps, de l’investissement, de la présence. Je prends donc acte de ces démissions, je remercie ces élus pour le chemin parcouru ensemble et notamment Marion Catoire pour son engagement, sa sincérité et sa loyauté. Dès le prochain Conseil municipal, les candidats placés dans la suite de la liste de la majorité seront appelés à devenir les nouveaux Conseillers municipaux. »

Pour information, les colistiers suivants sont :

33 – M. Jamil AÏT IDIR
34 – Mme Anne-Laure JULLIAN
35 – M. François GAUSSENT
36 – Mme Emilienne MOULONGO
37 – M. Xxxx ESSONE MENGUE
38 – Mme Amina NAZEF
39 – M. Antoine REMOND
40 – Mme Marie-Jeanne FUSTER
41 – M. Noumouke SIDIBE
42 – Mme Marie BLANCHET
43 – M. Marc SCOTTO D’ABUSCO

 

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