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Politique locale | Villejuif | 08/03
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Villejuif, d’une élection municipale atypique à l’autre

Villejuif, d’une élection municipale atypique à l’autre © Association VDA

Ovni politique depuis les municipales de 2014 avec l’élection d’un maire LR, Franck Le Bohellec, soutenu par l’UDI mais aussi les écologistes, dont l’ancien candidat à la présidence de la République Alain Lipietz, et des divers gauche, Villejuif fait l’objet depuis lors d’une gouvernance locale complexe, en parallèle de chamboulements importants liés aux projets du Grand Paris (Zac Campus Grand Parc, gare du Grand Paris Express, la métropole…). Dans ce big-bang local, les municipales de 2020 sont déjà en ligne de mire, comme un point de repère.  

Après avoir battu le PCF et ses alliés qui dirigeaient la ville depuis près d’un siècle, la majorité plurielle de 2014, qui a commencé à imploser dès le lendemain du second tour, avec l’éviction de Jean-François Harel (ex UDI), n’a pas réussi à conserver son arc en ciel. Les écologistes élus autour de Natalie Gandais, qui défendaient l’agir local et avaient évité de justesse leur exclusion du parti, ont les premiers quitté l’exécutif début 2016. Le groupe d’élus de Philippe Vidal, passés depuis chez LREM, a suivi un an plus tard. Depuis, la majorité municipale ne tient plus qu’à un fil mais elle tient, même si le quorum n’est pas toujours au rendez-vous et que chaque budget voté donne lieu à un gros soupir de soulagement. Au-delà des bisbilles du Conseil municipal, quelques conflits ont clivé la ville comme la tentative de débaptiser la place Georges Marchais ou la récupération du local de la Bourse du travail.  Des projets suivent aussi leur cours, qu’ils dépendent ou non de la municipalité, comme la reconstruction de la halle des Sports, de l’école des Réservoirs, le grand projet urbain de Cancer Campus, le chantier du Grand Paris Express, le développement de la police municipale, les projets de renouvellement urbain… Autant de sujets qui font débat.

Dans ce chaudron qui bouillonne, les municipales de 2020 sont déjà dans pas mal d’esprits, plus ou moins affichés. Et même si cette élection ne se tient que dans deux ans, un petit point d’étape n’est pas superflu pour situer les forces en présence. D’autant que le caractère pluriel des niveaux de représentation politique issus des derniers scrutins locaux, entre un maire LR, des conseillers départementaux PCF et une députée de circonscription LREM élue au terme d’un second tour avec un candidat LFI, achève une palette riche en couleurs.

Les 4 mousquetaires de 2014 prêts à repartir mais pas ensemble

Du côté de la majorité municipale, le maire a d’ores et déjà inauguré une permanence début décembre 2017, au nom de son association Villejuif Dynamique Avance. Objectifs: « créer une proximité avec les habitants en dehors de l’institutionnel, capter les habitants et les nouveaux habitants pour bien comprendre leurs attentes et leurs préoccupations, s’appuyer sur des relais citoyens pour être à l’écoute permanente », détaille l’élu qui indique se rendre disponible chaque semaine pour des rencontres, clarifications,  demandes… mais précise que Villejuif Dynamique Avance est une association « apolitique ». « Aujourd’hui nous avons plusieurs centaines d’adhérents (de la gauche, de la droite, du centre, d’En marche, des Verts, sans étiquette, des citoyens engagés… ). Cela correspond d’ailleurs à ma majorité municipale« , insiste l’élu LR. Et les municipales 2020 ? « C’est dans deux ans!« , pointe le maire, ajoutant avoir déjà « l’impression d’être en campagne permanente depuis avril 2014 » et convenant que  le temps viendra où il faudra se poser la question. « Les habitants jugeront sur un bilan et il reste à ce jour un tiers de mon mandat pour mener à bien ma mission », tempère le maire. En attendant, l’édile a créé une association politique Villejuif avec Franck Le Bohellec dès juin 2017, qui vise notamment à « concourir à l’expression du suffrage universel dans la commune de Villejuif »  et « participer à l’activité politique de Franck Le Bohellec et faciliter l’exercice de ses mandats électifs et soutenir ses campagnes. »  De quoi laisser peu de doute sur sa campagne de réélection. Et l’élu LR pourra d’ores et déjà compter sur l’appui de l’UDI, confirme son représentant local Edouard Obadia.

Du côté des trois alliés de second tour des municipales 2014, personne n’entend non plus raccrocher. Philippe Vidal, désormais LREM, n’a jamais caché ses ambitions de concourir à nouveau en 2020 et a même mis en ligne un pré-projet Ambitions 2020 sur son site Villejuif notre ville. « LREM a toute sa légitimité dans ce scrutin, c’est le parti du président de la République, de l’Assemblée nationale, et nous avons localement des propositions concrètes« , défend l’ancien adjoint aux finances désormais dans l’opposition. La stratégie de campagne, « Au premier tour, on se compte. Au deuxième, on se rallie », est même déjà claire. « En dehors de la municipalité sortante, incompatible tant dans sa manière de gouverner que sans sa dérive droitière qui mise tout sur la police municipale, nous pouvons discuter avec tout le monde », indique l’élu.

Chez les écologistes, Natalie Gandais indique être prête à repartir mais n’en fait pas une priorité. « On essaie déjà de terminer le mandat correctement, ce qui n’est pas facile dans les conditions actuelles », confie l’ancienne adjointe à l’urbanisme, dans l’opposition depuis début 2016. « Nous essaierons sans doute de rassembler des associatifs, des personnes de bonne volonté ayant les qualités et la générosité pour être de bons élus« , détaille l’écologiste qui ajoute avoir perdu confiance dans la structuration en parti politique. « Cela n’aide pas à faire équipe », pointe la tête de liste écologiste de 2014.

Quatrième mousquetaire du second tour des municipales 2014, Jean-François Harel, évincé de l’exécutif dès l’élection, est lui aussi décidé à repartir, sans hésitation, qui était déjà candidat aux législatives de 2017, élections toujours compliquées pour les sans-étiquettes (il avait obtenu 145 voix au premier tour). « J’ai déjà une équipe pour rebâtir Villejuif et ce-sont même eux qui m’ont demandé d’y aller. Tout est prêt, je sais ce que je veux dire aux Villejuifois pour changer le système et aller jusqu’au bout pour mettre les citoyens devant leurs responsabilités« , détaille l’élu d’opposition.

Désigné par le PCF, Pierre Garzon travaille l’alliance à gauche

Au sein du  PCF, l’ancienne maire Claudine Cordillot ne se représentera pas mais le parti a déjà désigné son chef de file dès la mi-décembre 2017 en la personne de Pierre Garzon, vice-président du Conseil départemental, pour reconquérir la ville, communiste pendant près de 100 ans. C’est lui qui sera en charge de bâtir le programme et l’équipe, et de discuter avec les autres partis de gauche. « Sur le fond, notre souci est comment offrir une perspective de construction avec les Villejuifois, reconstruire l’idée d’une crédibilité politique dans l’engagement et la parole donnée, apaiser la ville et retrouver des marqueurs de solidarité. Ce tête à tête avec les Villejuifois passe par des réunions régulières sur différents thèmes. En parallèle,  nous travaillons sur le rassemblement construire à gauche car l’ADN de la ville est à gauche. Nous avons d’ores et déjà écrit à tous les partis de gauche (LFI, NPA, PS, MRC) pour amorcer le dialogue et tous nous ont répondu. Des rencontres ont d’ores et déjà eu lieu avec le PS et le NPA « , pose le chef de file. Quid d’EELV ? « Etant donné la situation particulière à Villejuif, nous sommes en contact direct avec la fédération EELV 94 et cela passe donc par la fédération départementale du PCF », indique le vice-président du département.

Au PS, le secrétaire de section Pierre Bouget rappelle les étapes préalables que va devoir franchir le parti, à savoir le congrès et l’élection d’un secrétaire national qui aura forcément une influence sur la stratégie lors des municipales, avant de se projeter. Ce qui n’empêche pas la section locale de plancher sur les problématiques locales pour contribuer à nourrir un projet avec la gauche.

LFI, nouveau venu dans le paysage

Dans le paysage politique issu des dernières présidentielle et législatives, il faudra aussi compter avec un autre mouvement, LFI, dont le candidat aux législatives dans la circonscription, Djamel Arrouche, a seul franchi le cap du premier tour en juin 2017, battu par la députée LREM Albane Gaillot. « Le score de LFI lors des derniers scrutins nous oblige bien sûr devant les citoyens mais pour l’instant, nous travaillons sur le diagnostic en allant voir les habitants, en faisant le constat de l’urgence écologique locale, l’urgence sociale et l’urgence démocratique, loin du microcosme du Conseil municipal. Je ne vais pas annoncer d’ouverture de local de campagne ni d’appel au rassemblement de forces faites de bric et de broc. Pas question de retomber dans la tambouille politique », prévient l’ancien candidat LFI.

Du côté du FN, la recomposition est en cours, le candidat élu en 2014 ayant quitté le parti.

 

 

 

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