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Santé | Villejuif | 09/02
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A Villejuif, les secrétaires de Gustave Roussy poursuivent la grève

A Villejuif, les secrétaires de Gustave Roussy poursuivent la grève © Fb

Le téléphone sonne dans le vide à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif. Depuis le début de la semaine, les secrétaires médicales sont en grève pour demander davantage de moyens. Rassemblés devant l’entrée du centre de lutte contre le cancer ce jeudi, des représentants des 162 assistantes médicales ainsi que des préparateurs en pharmacie ont pris la parole pour témoigner de leurs difficultés au quotidien. 

« Personne ne compte ses heures. En manque d’effectif chronique certains personnels de secrétariat travaillent pendant la pause déjeuner, non rémunérée, ou restent jusqu’à 21 heures pour terminer les consultations. Certains doivent parfois venir le weekend pour terminer leur travail. Avant, nous recevions 25 patients pour une plage de consultation. Maintenant, ce chiffre est monté à 40, 50 parfois. Nous sommes indispensables au travail des médecins dont nous gérons les emplois du temps. Après la consultation, nous faisons beaucoup de relationnel avec le patient qui vient parfois de recevoir un diagnostic. C’est à nous qu’ils posent des questions parce qu’ils étaient sonnés au moment de l’entretien avec le médecin. Parallèlement aux contacts avec les patients, nous avons énormément de tâches administratives à réaliser. Et en cas d’absence, il faut se répartir le travail. C’est devenu un cercle vicieux », décrit Mélanie, assistante médicale.

« Année après année, nous voyons les conditions de travail se dégrader et cela ne fait que s’accentuer. Nous ne pouvons pas accepter que l’hôpital annonce vouloir accueillir toujours plus de patients sans créer un nombre d’emplois proportionnel », déplore Flore Munck,  secrétaire de la section CGT de l’IGR et par ailleurs conseillère départementale PCF.

Les secrétaires médicales, soutenues par les syndicats CGT et FO, demandent à la direction une prime de 300 euros brut en reconnaissance de la spécificité de l’activité et de la souplesse horaire demandée ainsi que la récupérations des heures supplémentaires majorées. Le personnel demande également le remplacement systématique des collègues absentes pour congés, maladie ou maternité, la création de postes en adéquation avec l’augmentation future des consultations ou encore, un pool de 16 assistantes médicales volantes pour les remplacements imprévus et des secrétaires médicales administratives dans chaque service.

D’autres professionnels se sont joints à la mobilisation des secrétaires comme les préparateurs en pharmacie. « Les effectifs ne suivent pas, la cadence ne cesse d’augmenter. Il y a huit ans, nous estimions qu’un préparateur devait faire 25 à 30 préparations par jour. Aujourd’hui, on dépasse parfois les 50 par jours. Nous restons 2 à 3 heures debout, les bras en l’air, à préparer les traitements. Ce-sont des postures qui provoquent des maladies professionnelles mais nous ne pouvons pas faire de pause parce qu’il y a beaucoup trop de turn-over. On nous demande d’être polyvalents alors que nous ne sommes pas formés. Le stress est permanent, nous pouvons commettre des erreurs. Deux salariés de la pharmacie vont être convoqués par la direction lundi parce qu’il y a eu une erreur, interceptée. Aujourd’hui, les préparateurs sont traumatisés, mais notre management nous fait du chantage au patient. La direction doit vraiment prendre les choses en main avant qu’un malheur n’arrive », redoute Nathalie, préparatrice en pharmacie.

Soutien des patients et de parlementaires

Des patients de l’hôpital de jour ont exprimé leur solidarité vis-à-vis du personnel de l’Institut et une pétition lancée spontanément a recueilli 250 signatures de patients. « Le personnel médical et administratif essaie de faire du mieux qu’il peut mais les conditions d’accueil ne sont pas à la hauteur faute de moyens. Nous avons rendez-vous à 9 heures ou à 14 heures, mais il arrive régulièrement que nous attendions de 2 à 8 heures avant d’être traités à cause des retards, et lorsque finalement nous sommes traités, nous devons rester dans un hall, sans un peu d’intimité. C’est difficile pour les personnes âgées ou venant de loin », résume Lysiane, l’une des patientes à l’origine de la pétition.

Les deux sénateurs communistes du Val-de-Marne, Laurence Cohen et Pascal Savoldelli ont également écrit à la direction.

La position de la direction de l’IGR sera rapportée dans ces colonnes dès qu’elle aura répondu à nos sollicitations.

 

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