Politique locale | Villejuif | 27/06
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Villejuif rabotera son budget pour honorer la contractualisation

Villejuif rabotera son budget pour honorer la contractualisation © Fb

Le budget primitif 2018 de Villejuif va être amputé de plusieurs millions d’euros. En acceptant de signer un contrat avec l’État, la municipalité s’engage à limiter la progression de ses dépenses de fonctionnement. La contractualisation de cet engagement a été votée ce mardi matin.

Les conseillers municipaux de Villejuif étaient convoqués pour terminer la séance interrompue vendredi soir faute de quorum. Rangs clairsemés dans l’assemblée dont 20 élus étaient absents (9 de la majorité et 11 de l’opposition). Même chose du côté du public. Quelques élus terminent leur petit-déjeuner pendant la séance.

Après le vote de délibérations sur la rentrée scolaire 2018 avec l’officialisation du passage à la semaine de 4 jours ou la mise en place d’une plateforme numérique pour permettre l’inscription des enfants aux accueils de loisirs et à la cantine, l’assemblée s’attaque au rapport 106 sur la contractualisation entre la ville et l’État.

Pour mémoire, le premier ministre Edouard Philippe a lancé il y a quelques mois un « pacte de Cahors » avec près de 300 collectivités locales disposant de dépenses de fonctionnement supérieures à 60 millions d’euros, dont 9 villes et le conseil départemental en Val-de-Marne. En contrepartie de la stabilisation des dotations qui avaient fortement diminué durant le quinquennat Hollande, l’État impose un plafond d’augmentation des dépenses de fonctionnement annuelle de 1,2 % (plus ou moins en fonction de différents considérants). En Val-de-Marne, le Conseil départemental a refusé et voté un voeu contre lors de sa séance de lundi. Créteil, Champigny-sur-Marne, Fontenay-sous-Bois, Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine et Choisy-le-Roi ont refusé de signer tout en essayant de rester dans les clous pour éviter l’amende (qui correspond à 100% du dépassement, pris sur la prochaine dotation de l’Etat). Vincennes, Saint-Maur-des-Fossés et Villejuif ont franchi le pas.

Un bon coup de rabot en perspective

A Villejuif, le maire Franck Bohellec a accepté de s’engager auprès de l’État mais son budget primitif, voté largement en dehors de la marge, va devoir être raboté, même si la ville a obtenu un taux dérogatoire de +1,45% pendant trois ans, au lieu de 1,2%. Selon le compte administratif 2017 de Villejuif, les dépenses réelles de fonctionnement s’élevaient l’an dernier à 81 millions €. Pas question de dépasser les un peu plus de 82 millions d’euros donc, alors que le BP se situait autour de 90 millions d’euros. Pas question pour autant de modifier le budget primitif pour le maire, qui a insisté sur le fait que c’est le compte administratif qui comptait et non le budget prévisionnel. « En effet, la contractualisation budgétaire porte bien sur un exercice budgétaire réalisé et le respect des engagements sera constaté par les services de l’État au moment de la sortie annuelle des comptes administratifs et des comptes de gestion. Il s’agit bien d’un engagement de l’exécutif sur son exécution budgétaire, il ne s’agit pas d’un engagement du conseil municipal sur son autorisation budgétaire« , a ainsi défendu l’élu.

L’opposition réclame un budget modificatif

«Nous allons passer de 90 à 82 millions d’euros soit une baisse d’environ 10 % par rapport au projet initial. C’est une somme trop importante pour que nous nous contentions de le faire évoluer par amendement, il faut voter un budget modificatif et que vous nous disiez surtout où vous comptez faire des économies », s’inquiète Alain Lipietz, élu d’opposition EELV. « Après les efforts d’assainissement, il s’agit pour la municipalité de pouvoir développer certains services publics comme la police municipale sur l’année 2018. Mais ces plafonds de dépense votés par le conseil ne constituent nullement un acte d’engagement de la dépense ! Cela serait purement ahurissant. Vous le verrez d’ailleurs au compte administratif 2017 : l’exécutif n’a pas dépensé l’ensemble des crédits votés en 2017 et cela permet de dégager une marge d’autofinancement. C’est cela la bonne gestion ! Ce que j’appelle l’amélioration continue de la dépense publique« , a répondu d’avance le maire dans sa déclaration, donnant rendez-vous en 2019 pour constater l’atteinte de ses objectifs.

Les communistes, fermement opposés à l’idée de la contractualisation, ont accusé Franck Le Bohellec de mettre à mal « l’esprit de résistance en Val-de-Marne » contre cette injonction de l’État. «Les villejuifois ne vont pas pouvoir bénéficier des services pour lesquels ils ont été imposés. Ce n’est pas de la bonne gestion », considère Franck Perillat-Bottonet.

En accord avec la signature du contrat entre l’État et Villejuif, Philippe Vidal, élu d’opposition LREM,  s’est cependant interrogé sur la nature de cette adhésion  tardive à la contractualisation. «Personne n’est dupe. Des élus LR sont contre ce pacte. Si vous avez décidé de le signer, c’est parce que vous souhaitez vous rendre macron-compatible », prophétise l’élu.

La délibération a été votée avec 24 voix pour, 18 contre et une abstention.

Le Val-de-Marne vote son compte administratif 2017 et refuse la contractualisation 2018

Les maires se révoltent contre l’encadrement des dépenses de fonctionnement

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