Commerce | Accueil Val de Marne (94) Créteil | 17/12/2019
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A Créteil Soleil, la grève plombe les commerçants

A Créteil Soleil, la grève plombe les commerçants
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Au centre commercial Créteil Soleil, dont l’extension était inaugurée dans la liesse fin novembre, la fermeture de la ligne 8 en dehors des heures de pointe plombe sérieusement l’ambiance.

D’abord parce que les clients affluent nettement moins que de coutume à l’approche de Noël. « On sent qu’il y a un peu moins de monde, même chez nous. En plus, les clients sont énervés quand ils viennent jusqu’ici puisqu’ils sont venus de loin. On les sent plus agressifs, et particulièrement aujourd’hui, peut-être parce que ça fait déjà plus d’une semaine que ça dure », témoigne une employée d’un grand magasin de sport. « Cela se voit un peu sur le chiffre. S’il n’y avait pas les grèves, on aurait beaucoup plus de monde », commente-t-on dans une boulangerie. « Là, il n’y a personne. D’habitude, le centre est plein à cette période, surtout les samedi et dimanche. Les gens continuent quand même à faire leurs cadeaux, mais ils sont moins nombreux », confirme l’employée d’une boulangerie concurrente. Dans chaque magasin, le constat est le même : moins de monde et des recettes qui s’en ressentent. « J »en ai marre d’attendre toute la journée. On a du mal à croire que c’est bientôt Noël », lâche une vendeuse.

Au-delà d’une clientèle plus aérée, les employés des commerces témoignent aussi des difficultés de certains collègues pour venir travailler. « On est quand même fatigués parce qu’il y a des employés absents. Pour me rendre ici, je prends un bus de la Strav qui part de la préfecture de Créteil et passe à la gare de Villeneuve-Saint-Georges où je descends. Il y a tellement de monde que les gens ont du mal à monter dans le bus », indique une employée. « Je suis en voiture, à 10 minutes, donc je ne suis pas à plaindre. J’ai connu les grèves de 1995, il n’y avait pas un seul transport alors que j’habitais dans l’Oise pour venir travailler sur Paris : je faisais du 6h 2h du matin », relativise la vendeuse d’une bijouterie. Chacun s’organise comme il peut. « J’habite à Argenteuil, alors je prends ma voiture mais c’est la cohue sur le parking », confie un vendeur de jeux vidéo. « Moi je marche : 45 minutes aller, 45 minutes retour », conte son collègue. « On essaye de s’organiser en mettant en place nos propres covoiturages dans l’équipe donc on ne manque pas de personnel », explique le manager d’un salon de coiffure.

Et puis, se pose aussi la question de la garde des enfants. « Il y a un jour où je n’ai pas pu me déplacer car la crèche était fermée. La mairie nous prévient le jour même ou bien il faut appeler la crèche le matin. Ce mardi par exemple, elle sera fermée alors, je vais être obligée de demander à la nounou de rester toute la journée. C’est la seule profession qui doit être avantagée ! », détaille la vendeuse d’un magasin de vêtements pour enfants.

 

 

Sur les motifs de colère des grévistes, la réforme des retraites, beaucoup des employés des commerces sont pourtant d’accord. « Je comprends évidemment la grève et je la soutiens mais certaines personnes perdent plusieurs journées, au risque même de perdre leur emploi. Ils prennent les gens en otage. Au lieu de cela, ils devraient rendre les transports gratuits. En touchant au portefeuille, cela ferait davantage réagir les dirigeants! », suggère une vendeuse. « Je soutiens le mouvement parce qu’ils se battent pour nous les jeunes, mais qu’est-ce qui nous prouve que dans trente ans il n’y aura pas encore eu de nouvelles lois pour prolonger notre départ à la retraite ? Qu’est-ce qui nous prouve qu’on va réellement toucher le montant pour lequel ils se battent ? Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui cela pénalise ceux qui bossent et qu’ils auront un trou sur leur mois de janvier », résume une employée. « Je ne suis pas très bien renseigné sur le projet de réforme mais on peut dire que les grévistes nous énervent nous -pour rester poli- au lieu de s’en prendre directement au gouvernement. Ce n’est peut-être pas leur intention mais c’est un fait », ponctue un marchand de jeux.

« Moi aussi j’ai un métier pénible. Je suis debout toute la journée derrière un guichet et moi je n’ai pas de régime spécial, je ne pourrai pas partir avant 64 ans. Ce-sont surtout les employés dans le bâtiment qui devraient avoir des droits pour partir plus tôt. Si la grève était générale, je la soutiendrais, mais là c’est surtout pour conserver leurs régimes spéciaux. Quelqu’un à la télé a dit qu’il s’en fichait parce qu’il avait son treizième mois. Mais tout le monde n’en a pas », conteste une commerçante.

« A chaque fois qu’il y a des grèves, les commerçants sont dans le pétrin. Je n’ai pas un client, se désole un chausseur. C’est vrai qu’on n’aurait pas du voter pour Macron, mais maintenant il est là. Il faut trouver une autre solution, parce que là des gens ne seront pas payés. »

Dans un magasin de jouets, une vendeuse suggère une solution pour organiser la concertation sur la réforme. « On pourrait faire des petits votes en ligne pour tous donner notre point de vue. »

« A cause de cela, les extrêmes montent, s’inquiète une cliente. Les gens en ont marre, et le gouvernement ne les écoute même pas. »

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